Pop Hits, le Hit-parade chanté

Le chasseur

Il était cinq heures du matin
On avançait dans les marais
Couverts de brume
J'avais mon fusil dans les mains
Un passereau prenait au loin
De l'altitude
Les chiens pressées marchaient devant
Dans les roseaux
   
    [REFRAIN]
    Par dessus l'étang
    Soudain j'ai vu
    Passer les oies sauvages
    Elles s'en allaient
    Vers le midi
    La Méditerranée
   
    Un vol de perdreaux
    Par dessus les champs
    Montait dans les nuages
    La foret chantait
    Le soleil brillait
    Au bout des marécages
    Avec mon fusil dans les mains
    Au fond de moi je me sentais
    Un peu coupable
    Alors je suis parti tout seul
    J'ai emmené mon épagneul
    En promenade
    Je regardais
    Le bleu du ciel
    Et j'étais bien
   
    [REFRAIN]
   
    Et tous ces oiseaux
    Qui étaient si bien
    Là-haut dans les nuages
    J'aurais bien aimer les accompagner
    Au bout de leur voyage
    Oui tous ces oiseaux
    Qui étaient si bien
    Là-haut dans les nuages
    J'aurais bien aimer les accompagner
    Au bout de leur voyage

Passons rapidement sur Le sud, résurrection de Ferrer en 75 aussitôt enterrée par Mario Cavallero qui la massacre sur ce Pop Hits n°19, pour nous intéresser à la non moins nullissime reprise du Chasseur de Delpech (Delpech qui, à la différence de Ferrer commença à déprimer assez tardivement et rata assez tôt son suicide, lui). Le chasseur, hymne à la culpabilité bobo, prolégomène  au terrible aveu de la rupture avec la nature, la tradition, la pêche et la chasse que fut l'année d'après Le loir-et-cher. Les Verts et Ségolène vont se battre pour utiliser Michel dans leurs meetings de campagne, tellement il fut précurseur d'un militantisme du dégout de la sauvagerie des us de la France profonde. On entendra des chœurs de vierges hululer l'amour aux oies sauvages. Haaaa.....

Mais je m'égare.

L'hommage actuel des parisiens de Delpech Mode devrait inciter la Star academy, propriété d'Universal également tenancière du catalogue de Delpech, à remettre l'ami Michel au goût du jour. De bien belles reprises à venir !

Pourtant, la musique n'est pas tout, sinon comment expliquer le succès de la collection Pop Hits. L'érotisme prisuniquien des pochettes attirait le chaland, déjà en mal d'économies et souhaitant tous les tubes du moment pour 29,95 F (selon les époques). Une belle photo et hop, le tour est joué, la concurrence est sauvagement écartée. On dissertera un autre jour sur le concept, l'esthétique et l'impact. Retenons aujourd'hui que c'est à nouveau le grand photographe Michel Laguens (un autre grand Michel) qui illustre notre pochette numéro 19, tout comme celle de la précédente chronique d'ailleurs (Du vent dans les voiles).

Michel Laguens donc, au style hamiltonien mais presque, roi des floutés et des shorts en lamé ou en strass, maître des semi-dénudements suggestifs à l'érotisme homéopathique, pygmalion des blondes fliasses mais parfois mignones. Quand célébrerons-nous dignement Laguens par une rétrospective à la Maison de la photo ? un beau catalogue Taschen ? ou un dvd pédagogique en supplément de Réponse à tout photo ? Hein, quand ?

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.
Mar 15 aoû 2006 4 commentaires
taschen toi-même !

nanmého
arbobo - le 15/08/2006 à 12h04

arbobo rend un vibrant hommage à Mario Cavallero


ici : http://arbobo.over-blog.com/article-3545667.html


ha la la...

arbobo - le 16/08/2006 à 14h55
Arbobo ne manque pas d'air : il est coresponsable de ce blog du bon goût, comme inspirateur en chef (et propriétaire du fonds documentaire, bon archiviste qu'il est).
Christophe - le 16/08/2006 à 17h38
Suis fan de cette photo. Delpech Mode? Hé bé...
Magda - le 08/09/2008 à 18h14