Samedi 21 juin 2008
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Le Jean Roucas du
wakenwo hexagonal a décroché le Vermot d'or il y a bientôt deux lustres en jouant faussement au fantaisiste de garnisons.
Fantaisie militaire donc, dont la presse a unanimé ses dithyrambes à l'agonie jusqu'à faire taire les rares gens de
goût qu'on ne saurait tromper avec ce ramassis gélatineux d'ambiances mortifères emballant un baratinnage qu'icelui croit poétique alors qu'il est seulement le dégueulis d'un générateur
automatique de traductions serbo-coréennes. Car enfin : on nous tartine du génie sensible où il n'y a qu'approximations du message, de la prose extatique là où les paroliers ont joué à qui
mieux-mieux à un Pictionary verbal dont furent nuitamment glanées les fulgurances de réponses d'une vraisemblable troupe d'agrégés vaguement avinée au gigondas. Si ce n'est ça, c'est tout
comme.
Parce que franchement, quoi de jouissif de soigner les hommes à poigne, de soulager des patissières, èrent, èrent ? non mais je vous jure : plus pédant tu meurs. Certains morceaux sont de virtuoses et
scolaires pérégrinations en de ribambellesques allitérations et autres exercices phonétiques de deuxième année de Lettres classiques. "Dresseur de loulous, dynamiteur d'aqueducs".
M'ouais... "Beuh-a Bah Beuh-i Bih Beuh-o Boh" ânonne aussi fièrement le neveu de ma concierge découvrant
la gaieté de la langue française dans son palais rebondissant.
Pas une de la douzaine de chansons ne nous épargne de ces gavants calembours, téléphonés parfois, inattendus pour la plupart, ce qui ne les rend pas pour autant impérissables. "Ses congénères l'ont refroidie, ses congénères crient au génie" Les Villepin qui se croient Ponge ou Rimabud s'ébaubissent sur ce "crient au génie" qu'on apparentera vaguement pour faire un bon mot à "cryogénient" (pour cryogénisent), le jeu de mot étant tellement laborieux que seule une faute de français lui donne un peu de sens. Je sais, dit comme ça, c'est réducteur mais tout est à l'encan, et c'en est parfois un peu trop, n'est pas Bobby Lapointe qui veut.
Allez, juste un autre pour la route : "La nuit je mens, je m'en lave les
mains." De profundis...
Absence de sens caractérisée, mais quand même pas
absence d'histoires. Enfin pas toujours. Saluons quelques efforts de créer une narration cohérente sur davantage qu'une phrase. Une belle se réveillera-t-elle avant 2043 ? Une feignasse patentée
saura-t-elle se bouger le derche pour nourrir avec autres denrées que des haricots en boîte + chips sa femme (la future princesse endormie ? on ne le sait, tellement les arcanes obscures de
Bashung mènent à toutes interprétations).
Quelques autres strophes deci-delà cet album ampoulé
donnent à suivre dans la médiocrité l'esprit de l'alsacien binaire qui va jusque douter de sa propre mâle sexualité : sont-il (oui, sont-il parce qu'Alain se
noussoie en des "sommes-nous" interrogatifs lancés à la cantonade pour quérir réponse à ses désespérances
quinquagénaires) sont-il donc une gonzesse ? Je le confirme : c'est non. Il ne faudrait pas faire accroire que la seule raison de ses difficultés identitaires serait un sursaut progestegénique.
Typique des machos du rock ça. Pathétique.
Autre étonnement que nous ne saurions cacher devant le concert de louanges autour de cet album quand même bien calculé : l'avalanche de mélopées synthétiques et de violonnades torrentielles qui écrasent le rock à la base souvent bien torché par Bashung.
On ne saurait blâmer l'alors chanteur bientôt finissant d'avoir su lire l'extraordinaire potentiel financier (et partant une occasion de relancer sa petite entreprise) de ce type de productions calibrées pour les dépressives foules
post-adolescentes au pouvoir d'achat hypertrophié dès lors qu'il s'agit de leur fournir leur dose d'anti-prozac que sont ces musiques à
l'émotion exacerbée en vue de générer un malaise permanent, soupes oppressantes entraînant dans un colimaçon irrésistible vers les outretombes où la jeunesse bobo se la joue Chateaubriant et
Crowley réunis, oubliant ainsi la frivolité de leur camifienne vie de cadres moyens.
Pourquoi lui jeter la pierre ? Il a des impôts à payer, et Radiohead avait bien réussi son coup peu de temps avant avec son filou OK Computer, désormais maître étalon de la déficience de dopamine et du suicide musicalement assisté, sur base de mélodies subtilement construites pour emprisonner l'auditeur dans une camisole de mélancolie, et lui priver tout sens du jugement qui lui permettrait de constater la banalité de ces chansonnettes, finalement.
Pourquoi lui jeter la pierre ? Il a des impôts à payer, et Radiohead avait bien réussi son coup peu de temps avant avec son filou OK Computer, désormais maître étalon de la déficience de dopamine et du suicide musicalement assisté, sur base de mélodies subtilement construites pour emprisonner l'auditeur dans une camisole de mélancolie, et lui priver tout sens du jugement qui lui permettrait de constater la banalité de ces chansonnettes, finalement.
Avec graves renforts du bassiste de Portishead ou du chichiteux gratteux nouillorquais Marc Ribot, spécialiste des accompagnements des stars les plus péteuses de la planète, Fantaisie militaire offre ainsi la version béret-baguette de l'album international de musique sérieuse et poétique (ffff et multi-têtes de gondoles Fnuck comme de bien entendu). Ce que nous autres dans notre jargon de p'tits gars normaux appelons "de la musique chiante" (oui, je sais, c'est un peu technique. Les fans de Bashung se reporteront à leur dictionnaire favori).
Paroles débiles, musique déprimante : c'est à se demander comment tant de journalistes ont réussi à vendre et faire avaler à des centaines de milliers une telle diarrhée aux sonorités pénitencières.
Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.
La note : Bof...
La raison de cette chronique moins Pop Hits que Top of the flops ? Z'avez qu'à suivre le lien.
L'épilogue ? Espérons que non ! Je souhaite qu'il sache avec autant de savantes contorsions que la suivante photo terrasser la saleté de crabe qui lui grignote le dedans d'où est sorti le plus grand album de tous les temps : Fantaisie militaire
Par Mario Cavallero Jr, artiste multimédia
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Publié dans : Flop Hits
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Au chapitre du concept fort, marque déposée et
procédé caractéristique de base permettant l'indexation facile pour analyses érudites de JT de chaînes hertziennes et autres conversations de BDE d'écoles de commerce, Massive (comme on dit dans
notre jargon de technico-commerciaux de chez Canon) invite des beugleuses à la voix éthérée pour punaiser dans la stratosphère des mélodies sirupeuses que des infrabasses numériques tendent à
riveter à la croûte terrestre dans un mouvement diamétralement inverse. Tiraillement auditif, dissociation phonique, brouillage des perceptions auriculaires (sans contrepèterie), ce décalage
sensoriel génère un malaise interne, comme un mauvais jetlag, ou pire : comme un roulis persistant après le passage en bac de Douvres à Calais.
ôté règles,
rien de bien nouveau pour ceux qui ont du pognon pour se faire produire par une major, mais une nouvelle exigence pour tout un chacun (les fameux
Une guitare folk, un auditoire béat de Fnac de province, un cardigan
jacquard col V :
était une soudaine fontaine de Jouvence (je te raconte pas le nectar qu'ils ont balancé tout d'un coup sur les ondes FM : ils
ont du arrêter la production, ça rendait sourd) après une décennie de saxophone, de DX7 et de solos de guitare supersoniques. A trois, les zozos du Pacifique septentrional états-unien (de Seattle
quoi) foutaient un barouf suffisamment urticant pour que les artys nouillorquais de Sonic Youth découvrent subitement qu'ils étaient déjà devenus de vieux croûtons du wakenwo.
Tu te loques avec un vieux gilet pourrave mais quand même en mohair, tu te laves les cheveux pour une fois (pas trop fort
tout de même), tu les coiffes avec le fer à repasser de ta mômon, tu demandes à tes potes de la mettre un peu en veilleuse côté rythmique sinon on ne s'entend plus se ronger les ongles, tu
allumes quelques bougies parfumées chopées à Nature & Découvertes et tu convies quelques auditeurs d'une station FM de province, le tout dans un vieux hangar retapé qu'on appellera loft. On
appuie sur Rec, et
Bon, ceci dit, on se demande si nos hardos (b'en ui, ils sont quand même de la même
veine que les Led Zep, QOTSA et autres Europe, non ?) n'ont pas plombé (re-oups, re-désolé) leur production impeccable (bien que dénigrée par quelque
et ça papote...