kézakoi ?

Pop Hits, le hit parade chanté, c'est 10 ans, 54 albums vinyl (et quelques musicassettes), 634 reprises de chansons et quelques inédites, les pochettes les plus cheesecake de la galaxie, la qualité française aux éditions Musidisc International, une quintessence musicale orchestrée, dirigée et digérée par le Ray Conniff hexagonal, Monsieur Mario Cavallero en personne : c'est Pop Hits, le hit parade chanté.
Hmmm !!!
English version below
Mode d'emploi

les pochettes !

et pis y a ça :

mais c'est où ?

english spoken

This web site is dedicated to a french series of cover compilations of "hits" during the 70's : Pop Hits, le Hit parade chanté. Songs of the moment (the best and the worst ones) were badly covered by Mario Cavallero, his orchestra and his singers. The seasonal productions were magnificaly packed into cheesecake covers. In fact, the main (only ?) interest of this site. Check out in priority our Des pochettes section to watch and enjoy this artwork, climax of the french touch.

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Dimanche 10 août 2008




Atteution : la version normale du présent billet est risquée pour les épileptiques, alcooliques, enfants de moins de 36 mois et autres grognons qui flippent leur race en zieutant des images qui bougent trop vite.

Pour la version statique de ce billet, vous pouvez aller . 



Ils ont du bien torturer les fourmis quand ils étaient tout petits, les Mengele de l’indie pop, pour arriver si jeunes au paroxysme du sadisme musico-traumatique. OK Computer fut savamment élaboré comme instrument de ravage des esprits des petits-bourgeois occidentaux, présensibilisés à jouir dans l’agonie émotionnelle de mélopées neurasthénésiantes et suicidogènes. Plus cyniques et intelligents que ce que le wakenwo avait pu offrir jusques céans, Pink Floyd, Talking Heads, Lou Reed et autres Joe Jackson réunis, Radiohead est le nom de ce gang bien rodé pour découper avec délectation sur leur planche de boucher avec leur couteau à tartare les nerfs et âmes de leurs foules fanatisées et en tirer tous les fruits qu’un authentique groupe de rock peut espérer : puissance, dévotion, gloire. Et plein de flouze.


Oui bon d’accord, cet album n’est pas mauvais, loin de là. Ce n’est pas la question d’ailleurs, si ce n’est que, par des artifices émotionnels bien calibrés, la critique et le public perdent toute distance pour replacer cette musique pour ce qu’elle vaut : une collection de ballades geignardes et de rocks un peu énervés, entrelardés de langueurs mollassonnes propices à l’évasion lacrymale ou plus, selon qu’on aura pris en excès comme il se doit les doses requises de valium, binouze ou colle à PVC, selon arrivage. Écouté à jeun et si on n’a pas de problème au boulot, avec sa mère, sa banque, sa moitié et sa bagnole (ce qui n’est pas le plus évident du monde, c’est bien là la ficelle), OK Computer révèle sa tendance à enquiller les jérémiades en un chapelet spécifiquement peu primesautier. À croire qu’ils l’ont fait exprès. D’ailleurs : ils l’ont fait exprès.


Reprenons vaguement par le début. Objectivons. Analysons, décortiquons, disséquons, autopsions. Sortons du pathos et du plan market’ qui nous a mis dedans. Les idées froides, la tête à l’ombre, les pieds au soleil. L’album a été conçu assez tardivement dans les années 1990, à une époque où papes du trip-hop et autres cadors de la production hyper-léchée avaient su reprendre et parachever le labeur inachevé de la cold-wave des 80’s : faire chialer pour rendre dépendant, rendre dépendant pour obtenir pouvoir et subsides. Bon, dit comme ça, cela fait un peu parano et caricatural, mais si on garde les grands principes et qu’on se replonge dans la construction de l’album par les 5 intellos d’Oxford, ça paraît déjà nettement plus effrayant de calcul.
Ainsi, l’attaque du cédé (Airbag) a été conçue pour "faire du DJ Shadow", si on en croit difficilement nos oreilles et plus facilement les aveux que firent nos loustics. Le premier single et deuxième morceau, c’est tout pire encore plus :  Paranoid Android est une resucée du principe de Happiness is a warm gun, où Lennon avait composé d’abord 3 morceaux, puis les avait accolés pour faire une pièce complexe en trois actes. Let Down fut conçu pour finir "à la Portishead". usw. Plus généralement, sur Paranoid Android comme sur la plupart des autres chansons, les Radiohead ont expliqué diversement mais avec le même fil rouge qu’ils souhaitaient refaire un truc à la Abbey Road, le dithyrambique dernier album enregistré par les Beatles, dans les studios londoniens d’Abbey Road, justement là où nos 5 fripouilles avaient décidé de parachever les enregistrements des bricolages pondus dans leur studio d’Oxford.

Oh, on dira aussi bien souvent qu’il y a justement dans ce très étiré Paranoid Android un quelque chose de Bohemian Rhapsody. La facilité journalistique est à cet égard assez réjouissante pour qui souhaite se réconforter en démontrant qu’un appointé officiel peut raconter des bateaux aussi gros qu’un blogueur amateur. Parce que bon, faut quand même pas pousser mémé dans les orteils, la longueur et le foutraquisme de pièces pseudo baroques ne sauraient à elles seules justifier cette assertion. Celle-ci permet surtout de glisser incidemment, nonobstant et en loucedé que c’est grâce au subtilissime gratteux de Queen, Brian May, que Thom Yorke a décidé de devenir la plus grande rock star du monde, comme ce petit prétentieux aimait déjà à le narrer à ses acolytes de cours d’écoles qui faisaient bien alors de lui foutre des roustes dans sa petite trogne d’oiseau battu. De toute façon, il avait déjà un nœnœil crevé, ça rajoutera à son image de marque de rat écorché évadé d’un labo de manipulations neuropsychiatriques. Tout bénef.



Figure B : "Quoi ma gueule ?" (variation par Jean-Claude Goldberg). Photo Vidal-Lablache
 

Thom Yorke, justement, et son triple mobile : l’apparente rancœur d’un physique faussement disgracieux (Jouvet, Simon et Gainsbourg nous avaient joué la même serinette, et ils savaient tout aussi bien emballer ; y a quand même pas que des Damon dans la vie, faut sortir les mecs (quand je dis les mecs, j’embrasse aussi les filles hein)), le cerveau d’un médaillé Fields, tout ça couplé à la sagacité créatrice d’un Wolfgang Amadeus M. Et vas y que je te construis un beau mythe propre à justifier toutes les démarches un peu hors des voies traditionnelles des groupes de rock même un peu subtils. On fera ainsi passer la pillule d’albums hyper-produits (ah : Nigel Godrich... fils illégitime de Phil Spector et Bob Ezrin, pluggé avec un peu de la moelle épinière de Brian Eno) et de ces multiples messages ésotériques propres à faire accroire du moindre paragraphe de Bernard Werber qu'il est bon pour l’Encyclopædia Universalis. Et que je te balance des références au Guide de l’auto-stoppeur galactique, à la chance de ne pas crever dans un accident de voiture grâce à des airbags potentiels, aux voyages d’infraterrestres depuis les dylannesques profondeurs de notre planète, à ces yeux brûlants qui vous regardent dormir à travers vos vitres parce que vous avez oublié de tirer les rideaux mais heureusement que vous avez un bouton d'alarme, à des robots paranoïaques, à une Sarah qu'on invite à me tuer et autres police karmique... Ron Hubbard, réveille-toi : ils sont devenus fous !

On aurait bien tort de mésestimer ces raisons fallacieuses mythifiant Yorke, son cerveau, sa vie difficile, son charisme de télévendeur d’aspirateurs de table et ses 4 poteaux boutonneux, parce qu’elles sont la clé de voûte et la pierre angulaire de l’édifice de la carrière du groupe, OK Computer posé comme la construction emblématique des plus juteuses et des plus explicites.
N’hésitons pas à jeter de côté les apparentes nouveautés de l'album, et replongeons-y pour en exhumer la discographie finissante déjà citée des Beatles, les concept albums lénifiants des grands de la progressive que furent Pink Floyd ou Genesis, les bidouillages au cœur des parcours scolaires des producteurs les plus émérites, les disques des pontes de l'electro down-tempo : c’est que du pareil ! Ils ont tout pompé, les sagouins ! De beaux copier-coller, avec même certaines phrases musicales tellement proches (merci Sexy Sadie) que c’en est chelou grave de chez groove.

Plus généralement, c’est l’esprit maléfique de rockers qui ont oublié d’être cons et qui planifient avant leurs albums tels les Patton des charts indés. Pas un poil d’impréparation. Tout ce qui n’a pas été prévu explicitement a été préconditionné par la construction laborantine des conditions optimales, chaque ingrédient posé préalablement sur la paillasse pour que l’alchimie soit au mieux contrôlée, calibrée. Pas d’énervement ni de prises de son en une seule fois : on écrit, on discute, on bavasse, on trace les plans de l’album sur Autocad, on gère le timing et les ressources sur SAP. La méthodologie de projet a trouvé ses maîtres, et les ingénieurs de chez Toyota peuvent remballer leurs 6 sigma et autres total quality managing process. Radiohead pond des albums comme on lance des "innovations" technologiques chez Procter & Gamble : on pique les meilleures molécules existantes, on fignole un super packaging flashy et on alloue un budget com’  pour le lancement digne du PIB des Hauts-de-Seine.


Pas de surprises donc de se retrouver avec des chansons taillées au cordeau sur des mélodies somme toute assez pauvrettes. Aucun étonnement que des cinéastes aussi fins, subtiles et dentelliers que Cédric Klapish priment un No surprises (voir notre vidéo clup ci-dessus, fig. B) et autres OK computeries pour émailler les instants pleurnichards de ses films pour adulescents. Point de révélation que cet album ne fut scientifiquement conçu pour produire autre chose que ce qu’il devait produire.
Le titre de l'album lui-même, semi aveu de l’importance de l’ordinateur, le finale de Let Down dont les bilibilip furent tirés du Sinclair ZX Spectrum que tout nerd bien formé chérit dans son cœur, ou encore la trop évidente liste postmoderne Fitter happier paresseusement récitée non par Stephen Hawking mais via Mackintalk, robot de synthèse vocale dont abusent depuis 15 ans tous les nouveaux possesseurs de  pendant la première semaine de leur acquisition, puis passent à autre chose, on va pas en rester là, quand même. Belle hypocrisie d’ailleurs que de se gausser de Bill Gates, les Radiohead n’étant pas beaucoup moins carriéristes et calculateurs que celui qu’ils cherchent à diaboliser (remarque, c’était légèrement plus courageux que de taper dans le même album sur des politiques déjà retirés des ouatures en 97, Thatcher et autres Major dénoncés au fil des Electioneering et autres occurrences et messages cachés au fil de l’album fourre-tout). 

 

 


On ne va pas éplucher tout l’album, ce serait lourdingue et d’autres savent le faire avec autrement plus de talent et d’à-propos. Reste donc cette tonalité générale de s’être fait avoir mais d’y prendre son pied, consentantes victimes du machiavélisme de ce hold-up émotionnel à peine moins grossier qu'un Von Trier ou un Almodovar. Une bonne chialade, une simili-dépression, un quasi nervousse bréquedone : voilà ce qu’on recherche à l’écoute d’OK Computer. Pas besoin de faire croire par dessus le marché que ce disque est génial. Il est efficace, ni pu ni moins.
 

 

Mais ça, bien évidemment, personne n’ose le dire.

 
La note :  B'en, pour vous faire plaisir...
 

La raison de cette chronique moins Pop Hits que Top of the flops ? Z'avez qu'à suivre le lien et vous informer sur d'autres révélations exclusives et brillantes sur la vérité vraie des baudruches musicales qu'on veut nous faire prendre pour des carrosses.

par Mario Cavallero Jr, artiste multimédia publié dans : Flop Hits
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Dimanche 10 août 2008


Pour la version normale de ce billet, vous pouvez aller . Atteution : la version normale est risquée pour les épileptiques, alcooliques, enfants de moins de 36 mois et autres grognons qui flippent leur race en zieutant des images qui bougent trop vite.



Ils ont du bien torturer les fourmis quand ils étaient tout petits, les Mengele de l’indie pop, pour arriver si jeunes au paroxysme du sadisme musico-traumatique. OK Computer fut savamment élaboré comme instrument de ravage des esprits des petits-bourgeois occidentaux, présensibilisés à jouir dans l’agonie émotionnelle de mélopées neurasthénésiantes et suicidogènes. Plus cyniques et intelligents que ce que le wakenwo avait pu offrir jusques céans, Pink Floyd, Talking Heads, Lou Reed et autres Joe Jackson réunis, Radiohead est le nom de ce gang bien rodé pour découper avec délectation sur leur planche de boucher avec leur couteau à tartare les nerfs et âmes de leurs foules fanatisées et en tirer tous les fruits qu’un authentique groupe de rock peut espérer : puissance, dévotion, gloire. Et plein de flouze.


Oui bon d’accord, cet album n’est pas mauvais, loin de là. Ce n’est pas la question d’ailleurs, si ce n’est que, par des artifices émotionnels bien calibrés, la critique et le public perdent toute distance pour replacer cette musique pour ce qu’elle vaut : une collection de ballades geignardes et de rocks un peu énervés, entrelardés de langueurs mollassonnes propices à l’évasion lacrymale ou plus, selon qu’on aura pris en excès comme il se doit les doses requises de valium, binouze ou colle à PVC, selon arrivage. Écouté à jeun et si on n’a pas de problème au boulot, avec sa mère, sa banque, sa moitié et sa bagnole (ce qui n’est pas le plus évident du monde, c’est bien là la ficelle), OK Computer révèle sa tendance à enquiller les jérémiades en un chapelet spécifiquement peu primesautier. À croire qu’ils l’ont fait exprès. D’ailleurs : ils l’ont fait exprès.


Reprenons vaguement par le début. Objectivons. Analysons, décortiquons, disséquons, autopsions. Sortons du pathos et du plan market’ qui nous a mis dedans. Les idées froides, la tête à l’ombre, les pieds au soleil. L’album a été conçu assez tardivement dans les années 1990, à une époque où papes du trip-hop et autres cadors de la production hyper-léchée avaient su reprendre et parachever le labeur inachevé de la cold-wave des 80’s : faire chialer pour rendre dépendant, rendre dépendant pour obtenir pouvoir et subsides. Bon, dit comme ça, cela fait un peu parano et caricatural, mais si on garde les grands principes et qu’on se replonge dans la construction de l’album par les 5 intellos d’Oxford, ça paraît déjà nettement plus effrayant de calcul.
Ainsi, l’attaque du cédé (Airbag) a été conçue pour "faire du DJ Shadow", si on en croit difficilement nos oreilles et plus facilement les aveux que firent nos loustics. Le premier single et deuxième morceau, c’est tout pire encore plus :  Paranoid Android est une resucée du principe de Happiness is a warm gun, où Lennon avait composé d’abord 3 morceaux, puis les avait accolés pour faire une pièce complexe en trois actes. Let Down fut conçu pour finir "à la Portishead". usw. Plus généralement, sur Paranoid Android comme sur la plupart des autres chansons, les Radiohead ont expliqué diversement mais avec le même fil rouge qu’ils souhaitaient refaire un truc à la Abbey Road, le dithyrambique dernier album enregistré par les Beatles, dans les studios londoniens d’Abbey Road, justement là où nos 5 fripouilles avaient décidé de parachever les enregistrements des bricolages pondus dans leur studio d’Oxford.

Oh, on dira aussi bien souvent qu’il y a justement dans ce très étiré Paranoid Android un quelque chose de Bohemian Rhapsody. La facilité journalistique est à cet égard assez réjouissante pour qui souhaite se réconforter en démontrant qu’un appointé officiel peut raconter des bateaux aussi gros qu’un blogueur amateur. Parce que bon, faut quand même pas pousser mémé dans les orteils, la longueur et le foutraquisme de pièces pseudo baroques ne sauraient à elles seules justifier cette assertion. Celle-ci permet surtout de glisser incidemment, nonobstant et en loucedé que c’est grâce au subtilissime gratteux de Queen, Brian May, que Thom Yorke a décidé de devenir la plus grande rock star du monde, comme ce petit prétentieux aimait déjà à le narrer à ses acolytes de cours d’écoles qui faisaient bien alors de lui foutre des roustes dans sa petite trogne d’oiseau battu. De toute façon, il avait déjà un nœnœil crevé, ça rajoutera à son image de marque de rat écorché évadé d’un labo de manipulations neuropsychiatriques. Tout bénef.



Figure B : "Quoi ma gueule ?" (variation par Jean-Claude Goldberg). Photo Vidal-Lablache
 

Thom Yorke, justement, et son triple mobile : l’apparente rancœur d’un physique faussement disgracieux (Jouvet, Simon et Gainsbourg nous avaient joué la même serinette, et ils savaient tout aussi bien emballer ; y a quand même pas que des Damon dans la vie, faut sortir les mecs (quand je dis les mecs, j’embrasse aussi les filles hein)), le cerveau d’un médaillé Fields, tout ça couplé à la sagacité créatrice d’un Wolfgang Amadeus M. Et vas y que je te construis un beau mythe propre à justifier toutes les démarches un peu hors des voies traditionnelles des groupes de rock même un peu subtils. On fera ainsi passer la pillule d’albums hyper-produits (ah : Nigel Godrich... fils illégitime de Phil Spector et Bob Ezrin, pluggé avec un peu de la moelle épinière de Brian Eno) et de ces multiples messages ésotériques propres à faire accroire du moindre paragraphe de Bernard Werber qu'il est bon pour l’Encyclopædia Universalis. Et que je te balance des références au Guide de l’auto-stoppeur galactique, à la chance de ne pas crever dans un accident de voiture grâce à des airbags potentiels, aux voyages d’infraterrestres depuis les dylannesques profondeurs de notre planète, à ces yeux brûlants qui vous regardent dormir à travers vos vitres parce que vous avez oublié de tirer les rideaux mais heureusement que vous avez un bouton d'alarme, à des robots paranoïaques, à une Sarah qu'on invite à me tuer et autres police karmique... Ron Hubbard, réveille-toi : ils sont devenus fous !

On aurait bien tort de mésestimer ces raisons fallacieuses mythifiant Yorke, son cerveau, sa vie difficile, son charisme de télévendeur d’aspirateurs de table et ses 4 poteaux boutonneux, parce qu’elles sont la clé de voûte et la pierre angulaire de l’édifice de la carrière du groupe, OK Computer posé comme la construction emblématique des plus juteuses et des plus explicites.
N’hésitons pas à jeter de côté les apparentes nouveautés de l'album, et replongeons-y pour en exhumer la discographie finissante déjà citée des Beatles, les concept albums lénifiants des grands de la progressive que furent Pink Floyd ou Genesis, les bidouillages au cœur des parcours scolaires des producteurs les plus émérites, les disques des pontes de l'electro down-tempo : c’est que du pareil ! Ils ont tout pompé, les sagouins ! De beaux copier-coller, avec même certaines phrases musicales tellement proches (merci Sexy Sadie) que c’en est chelou grave de chez groove.

Plus généralement, c’est l’esprit maléfique de rockers qui ont oublié d’être cons et qui planifient avant leurs albums tels les Patton des charts indés. Pas un poil d’impréparation. Tout ce qui n’a pas été prévu explicitement a été préconditionné par la construction laborantine des conditions optimales, chaque ingrédient posé préalablement sur la paillasse pour que l’alchimie soit au mieux contrôlée, calibrée. Pas d’énervement ni de prises de son en une seule fois : on écrit, on discute, on bavasse, on trace les plans de l’album sur Autocad, on gère le timing et les ressources sur SAP. La méthodologie de projet a trouvé ses maîtres, et les ingénieurs de chez Toyota peuvent remballer leurs 6 sigma et autres total quality managing process. Radiohead pond des albums comme on lance des "innovations" technologiques chez Procter & Gamble : on pique les meilleures molécules existantes, on fignole un super packaging flashy et on alloue un budget com’  pour le lancement digne du PIB des Hauts-de-Seine.


Pas de surprises donc de se retrouver avec des chansons taillées au cordeau sur des mélodies somme toute assez pauvrettes. Aucun étonnement que des cinéastes aussi fins, subtiles et dentelliers que Cédric Klapish priment un No surprises (voir notre vidéo clup ci-dessus, fig. B) et autres OK computeries pour émailler les instants pleurnichards de ses films pour adulescents. Point de révélation que cet album ne fut scientifiquement conçu pour produire autre chose que ce qu’il devait produire.
Le titre de l'album lui-même, semi aveu de l’importance de l’ordinateur, le finale de Let Down dont les bilibilip furent tirés du Sinclair ZX Spectrum que tout nerd bien formé chérit dans son cœur, ou encore la trop évidente liste postmoderne Fitter happier paresseusement récitée non par Stephen Hawking mais via Mackintalk, robot de synthèse vocale dont abusent depuis 15 ans tous les nouveaux possesseurs de  pendant la première semaine de leur acquisition, puis passent à autre chose, on va pas en rester là, quand même. Belle hypocrisie d’ailleurs que de se gausser de Bill Gates, les Radiohead n’étant pas beaucoup moins carriéristes et calculateurs que celui qu’ils cherchent à diaboliser (remarque, c’était légèrement plus courageux que de taper dans le même album sur des politiques déjà retirés des ouatures en 97, Thatcher et autres Major dénoncés au fil des Electioneering et autres occurrences et messages cachés au fil de l’album fourre-tout). 

 

 


On ne va pas éplucher tout l’album, ce serait lourdingue et d’autres savent le faire avec autrement plus de talent et d’à-propos. Reste donc cette tonalité générale de s’être fait avoir mais d’y prendre son pied, consentantes victimes du machiavélisme de ce hold-up émotionnel à peine moins grossier qu'un Von Trier ou un Almodovar. Une bonne chialade, une simili-dépression, un quasi nervousse bréquedone : voilà ce qu’on recherche à l’écoute d’OK Computer. Pas besoin de faire croire par dessus le marché que ce disque est génial. Il est efficace, ni pu ni moins.
 

 

Mais ça, bien évidemment, personne n’ose le dire.

 
La note :  B'en, pour vous faire plaisir...
 

La raison de cette chronique moins Pop Hits que Top of the flops ? Z'avez qu'à suivre le lien et vous informer sur d'autres révélations exclusives et brillantes sur la vérité vraie des baudruches musicales qu'on veut nous faire prendre pour des carrosses.

Pour commenter, merci d'utiliser la version normale de ce billet, vous pouvez aller 

par Mario Cavallero Jr, artiste multimédia publié dans : Flop Hits
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Vendredi 11 juillet 2008
Lire aussi ici.

Une guitare folk, un auditoire béat de Fnac de province, un cardigan jacquard col V : la Duteil attitude offre aux rock stars les plus bruyantes comme aux moins rebelles les outils idoines pour faire chialer sa mère même le premier nazi venu. Alors faire chouiner des plèbes grungeasses post-pubères occidentales, pensez donc ! C'est le Super banco, la prime de Noël et le cul de la crémière en bonus, les couilles en or serties d'une couronne de Youkounkouns 24 carats de quoi se les dorer thermostat 32° pour le restant de ses jours à Bora-Bora ou Pontaut-Combault. Sauf si on choisit l'option .22 long riffle dans le citron, ce qui gâche un tantinet le plan épargne retraite avant terme.

Brefle : Nirvana, qui avait su ripoliner avec talent Guns & Roses à la glycéro Pixies coupée My Bloody Valentine, a suspendu son chantier de forage in-shore à la super-drill 24 tonnes dans les esgourdes de la planète préadulte en se la jouant Vincent Delerm avant l'heure. Euh, Delerm, mais avec des guitares quand même. Débranchées, certes, mais des guitares (d'ailleurs, du piano unplugged, c'est moyennement trippant : on dirait du Clayderman ou du Glenn Gould).

Pourtant, ce sont de bons bougres les Nirvana : de la sueur, des cris, des riffs bien gras, une rythmique faisant passer des schnarpels serbes pour un paquet de shamallows, et des putains de bons albums d'un rock électrique et tripppier dont la furie des concerts donnait davantage dans l'éclosion des pop corns au cœur du Vésuve qu'à une surboum de collégiennes taïwannaises, fusse-t-elle animée par Tokio Hotel et David Guetta réunis. Pas toujours original, certes, mais le plus souvent sincère et sans graves compromissions, le métal de Nirvana, autrement dénommé "grunge" par les marketteux de Geffen - Sub Pop et les abonnés à Best, était une soudaine fontaine de Jouvence (je te raconte pas le nectar qu'ils ont balancé tout d'un coup sur les ondes FM : ils ont du arrêter la production, ça rendait sourd) après une décennie de saxophone, de DX7 et de solos de guitare supersoniques. A trois, les zozos du Pacifique septentrional états-unien (de Seattle quoi) foutaient un barouf suffisamment urticant pour que les artys nouillorquais de Sonic Youth découvrent subitement qu'ils étaient déjà devenus de vieux croûtons du wakenwo.

Alors, avec un tel pédigrée à faire pâlir Blue Oyster Cult et Bernie Bonvoisin, que sont-ils allés se faire enregistrer sur un dictaphone de mauvaises démos dans le cadre d'une émission transgénérationnelle d'une chaîne thématique du câble planétaire, abandonnant à leur cave humide leurs Marshall 200 W, distors', noise gate et autres trash master en rack pour de pathétiques gratouillis carlabrunesques incapables de dépasser le 15 dB.

Et si ce n'était que le volume : mais le rythme aussi ! Quelle mollesse, mais quelle mollesse (passe moi Boudoni, passe-moi Boudoni) ! Comment ces pyromanes patentés ont-ils pu sombrer dans une telle neurasthénie sonore ? (pour la neurasthénie mentale, on a la réponse, pas besoin d'envoyer des SMS svp merci). C'est si flasque que même un épileptique n'arriverait pas à headbanguer sur le moindre morceau, fût-il parkinsonnien.
Ce qu'on y gagne en évitant les incontournables slows-de-la-mort-qui-tue avec guitare plaintive et voix childintimesque obligatoire pour tout album de hard-rock des années 80, on le perd dans la durée de tout un album de bluettes fadasses à peine bonnes à faire dodeliner de l'occiput un troupeau de majorettes démobilisées. Y a de quoi regretter les 3'40 de Still loving you.

Parce qu'enfin : tout ça pour quoi, alors ? B'en pour emballer les gonzesses, et partant pour se la jouer ensuite beau comme Crésus. Eh bé ui, faut pas croire : dégainer comme ça la guitare-à-pécho© et en tartiner une pleine galette sous la forme d'un didacticiel pédagogique audiovisuel pour rouler des galoches à sa voisine en 7 minutes chrono, avec prétexte culturel façon La guitare à Dadi et bonus multimédia (parce que ce n'est pas qu'un disque, mais aussi une vidéo), ça le fait pas rebelle, mais golden boy, alors là, escusez du pneu ! De quoi se tirer une balle dans la tête (oups, désolé).
Le business plan du Unplugged in NY est à cet égard bien troussé, avec la première larme qui soulève les foules et le deuxième effet kiss cool qui ramasse la monnaie (en avant la zizique, et par ici les gros sous comme disait l'autre). 

Phase 1, tu cibles les gamines (approximativement les lycéennes mais des étudiantes en fac ou des jeunes capessiennes feront aussi très bien l'affaire). Tu te loques avec un vieux gilet pourrave mais quand même en mohair, tu te laves les cheveux pour une fois (pas trop fort tout de même), tu les coiffes avec le fer à repasser de ta mômon, tu demandes à tes potes de la mettre un peu en veilleuse côté rythmique sinon on ne s'entend plus se ronger les ongles, tu allumes quelques bougies parfumées chopées à Nature & Découvertes et tu convies quelques auditeurs d'une station FM de province, le tout dans un vieux hangar retapé qu'on appellera loft. On appuie sur Rec, et vas-y comme je te lève de la poulette en susurrant avec plein de fausses notes des tueries du rock passées au Tranxène et au rouleau compresseur, rectifiées à la Cajoline, en n'omettant pas de temps à autres de te remettre tes mèches propres de l'autre côté du crâne par un gracieux jeté arrière de la nuque, dévoilant dans le même mouvement tes yeux de jade et ton sourire enjoleur bordé du fin duvet d'une barbichette entretenue à la Remington sabot 7mm, celui qui donne un effet "rasage de 3 jours" garanti. Et là, les meufs, elles baaaaaaavent.

Et elles achètent ton disque.

Pour les mecs, ce n'est pas plus difficile : tu gardes la phase 1 (allumage de midinette) et tu fais croire aux grands nigauds qu'ils sont capables d'en faire autant. D'où l'intérêt de rendre ta musique et son interprétation les plus abordables possibles, afin qu'elles puissent être imitées avec pas beaucoup plus de talent qu'un ado pour faire vrombir sa 103 SP (ça marche aussi avec un scotaire, une Ibiza TDi ou un tourniquet de métro, selon le profil socio-économique dudit ado). Tu simplifies à l'extrême les riffs déjà basiques de tes chansons, jusqu'à faire de Come as you are le Jeux interdits de la fin de siècle. Tu te permets même de chanter mal (Oh mon dieu, le massacre de Cobain sur Pennyroyal Tea ou sur Lake of fire, j'ai l'impression d'un candidat à la Nouvelle star) et de foirer au moins 4 accords par chanson :
1° tu paraîtras plus humain ;
2° tu décomplexeras ta cible masculine, qui se rêvera alors tout éveillé comme le rival d'une des plus grandes rock stars, et qui te vouera alors reconnaissance éternelle (d'où nouvelles pépettes in your pocket : puisqu'on te dit que c'est Las Vegas !).

Démonstration :


Et voilà, c'est tout.

Bon, comme ça leur a quand même un peu foutu la honte aux Nirvana de jouer comme des lavettes, ils ont fait gober qu'ils allaient rendre de super hommages à de super artistes (la plupart super pas connus d'ailleurs), ce qui leur a évité de ringardiser une part trop significative de leur répertoire alors encore étique (3 vrais albums au compteur, plus les fonds de tiroir à venir dignes des soldes chez Kiabi).
Ce ne sont pas les Meat Puppets et autres Vaselines (sans déc', c'est leur nom) qui allaient cracher sur les royalties (quelques penny...). En revanche, le pépère Bowie a été salement contrit, pour ainsi dire vexé comme
un pou, par la reprise de The man who sold the world, humilié par la transmutation de ce morceau de fond d'album (même s'il en donna le titre) en un tube imparable (en même temps qu'en une compote mollement sucrée ingurgitable dans n'importe quel menu Best of par tout ce que la galaxie compte de suicidiaires, d'adulescents mal déniaisés et de centristes du Modem).

Pour égayer la prestation télévisuelle de ce vague trio semi-acoustique, nos graisseux sortis tout propres du pressing ont convié ici un violoncelle pour faire roots et solennel, là un harmonium bandonéique pour sonner bohème et cocasse (Novoselic a ramassé cet accordéon d'études désaccordé dans un vide-grenier roumain ou quoi ?), nous épargnant de justesse l'intégrale des instrus de Rémi Bricka en tranches pas trop fines. Le moment le plus gênant demeure l'incursion country-folk de Plateau : n'est pas Neil Young qui veut (surtout quand on singe les tics vocaux de Dolly Parton).

Bon, ceci dit, on se demande si nos hardos (b'en ui, ils sont quand même de la même veine que les Led Zep, QOTSA et autres Europe, non ?) n'ont pas plombé (re-oups, re-désolé) leur production impeccable (bien que dénigrée par quelque béotien en manque de goût musical criant) avec cette incartade emmetivienne un peu neuneu (Remarque : même les Beatles se sont fait eu par le petit écran, leur Magical mystery tour étant au moins aussi pathétique, bien que plus rigolo toutefois).

La réponse est sans hésitation affirmative : le métal, c'est du bruit, du bruit, du bruit. Éventuellement avec un orchestre symphonique. Mais d'abord et toujours plein de bruit, de la sueur, des jeans élastiques à grosses rayures noires et blanches, des solos TGV, des pieds de micro qui tombent et sont redressés par les roadies, des lance-flammes et des fumigènes. Du rock, quoi. Mais pas un ocarina et deux folks d'occas' gratouillées avec une chouette bande de copains en cardigan lors d'une veillée de Pâques au patronnage de Sainte-Courtney-les-Bisounours.

Non, là : ça craint.

Mais ça, bien évidemment, personne n'ose le dire.



La note :  Ah ouais, d'accord...
 

La raison de cette chronique moins Pop Hits que Top of the flops ? Z'avez qu'à suivre le lien et vous informer sur d'autres révélations exclusives et brillantes sur la vérité vraie des baudruches musicales qu'on veut nous faire prendre pour des carrosses.



 
par Mario Cavallero Jr, artiste multimédia publié dans : Flop Hits
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