Vendredi 25 décembre 2009
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14:00
On peut être
fan de Queens of the stone age et rester coi à l'écoute de The queen is dead, sautiller à l'envi comme
une pucelle sur Dancing Queen et snober le God save the Queen des Pistols, dauber les pommes de reinette et se goinfrer de bouchées à la reine, adorer
Prince, apprécier le King et ricaner devant Princesse Erika, se souvenir avec joie de l'ablation capitale de la mère Capet et du crash test de Lady Di, conchier les nullards, les pompiers et
les bidons et célébrer les génies, les subtiles et les roots, être cohérent et être éclectique.
On peut tout ça et son contraire.
Mais jamais, non jamais, on peut avoir honte d'aimer prendre son
pied à l'écoute d'une des musiques les plus baroques et rococos du monde (oui, vous avez bien lu : rococo !), prétexte à la fierté et
à la morgue face aux peignent-culs de l'intelligentia musicologique, dernière proéminence où les soirs de beuveries englué dans des débats débiles debout dans la bière on aime gueuler notre
amour pour cette musique tirant sa force des tripes les plus intimes de notre moi intérieur.
Les rois, c'est Queen.
En ce Noël bien triste, bien triste parce qu'à nouveau nous le célébrons sans la reine de Queen, et qu'on ne saurait être plus jamais heureux un jour de Noël sans
Freddie Mercury (pour la peine, je ne reprendrai pas de bûche pour la 3e fois), rendons hommage à ce parcours musical qui accompagna nos éveils au wakenwo, parmi les plus vieilles références
ancrées dans notre vécu, de l'émergence post-foetale jusqu'aux grandes heures de l'adolescence
acnéïque, forges de nos goûts à venir de toute une vie où furent alors frappées les pièces metalliques encore rougies du fourneau
bouillonnant qui auraient pu construire un adepte des musiques de merde et qui, grâce à Queen, firent de moi un mélomane averti.
Ah, les belles années...
L'âge de raison
Tout commence à l'âge de raison, communément décrété à 7 ans, probablement
pour des raisons mystico-sociales que les religions ont su codifier pour faire acroire que les gosses sont désormais en âge d'aider aux tâches ménagères, à se crever aux champs, à se niquer les
doigts sur les chaînes de couture de Nike ou à pouvoir regarder sans permission le journal TV de Laurence Ferrari (pas Lolo, l'autre).
À 7 ans donc je connus mon premier émoi musical
d'envergure. C'était en 1977, l'année du grand bouleversement musical. Je découvris en effet cette
année là la 9e de
Beethoven par le Philharmonique de Berlin dirigé par Karajan via l'autoradiocassettes de la Volvo familiale, conduisant les trilles et les chœurs en moult gesticulations agaçant mes frères et
sœurs entassés avec moi à l'arrière de la berline, vocalisant autant que je ne venais de le faire sur Oxygene, chef d'œuvre visionnaire édité quelques mois auparavant. Je renaquis également,
musicalement parlant, cette année là (1977, donc) par la force des stridences des cris du public de l'Hollywood Bowl du mitan des 60's quand furent enregistrées des sessions de concerts
mémorables par leur imbécilité (on n'entendait rien) et leur furie qui font croire pour l'éternité que le rock 'n roll n'a qu'un nom : les Beatles.
C'était donc en 1977 que, par une soirée fraîche dans la chambre d'un mien cousin où j'avais suivi ma grande sœur et mon grand frère pour espionner des affaires de grands, je fus estomaqué
par News of the world, l'album sorti cette année là par Queen. La pochette fut la première entrée en matière, dessin terrifiant d'un immense
robot métallique dont coulaient de ses paluches ensanglantées les corps sans vie presque endormis du quatuor bruyant. La pochette dyptique (que nous appelons également dans notre jargon de fans
de musique en pertes de lien avec la langue française une pochette "gatefold") s'ouvrait et donnait au dessin toute son ampleur par sa dimension incroyable, 60 cm sur 30 à l'extérieur pour le
dessin, et un second tout aussi fou sur la même surface à l'intérieur. Moi qui n'y connaissait en disques pas plus que les ep de Dario Moreno et du Père Duval que ma
mère faisait tourner sur son teppaz, ça me dépucela grave de chez groove.
La musique passée sur la chaîne hifi intégrée Brandt de mon frangin, qui
avait réussi à embarquer quelques jours la galette pour un enregistrement maison assassin, constitua dès lors l'une de mes premières bandes usées et archi-usées (avec en face 2 de l'Agfa 90'
orange la bande son de la Messe pour le temps présent de Béjart par Pierre Henry), dont je me replais encore à tirer les dernières gouttes sonores stridentes sur le magnéto qui gueule dans mon
potager lorsque je décide de passer quelques heures à récurer la
merde de mon poulailler.
Et putain, ça n'a pas perdu une ride. Chaque morceau de cet album pourrait entrer dans un top five, et si j'avais trouvé des vidéos potables d'accompagnement
pour Sheer heart attack (le morceau, pas l'album), Get down make love ou Fight fom the inside, elles vous seraient ici brillamment exposées. Pour des raisons marketing et aimant la gaudriole, ce sera un scopitone hideux
de We will rock you,
chanson usée et élimée mais toujours aussi efficace malgré la routine des écoutes qui illustrera notre premier choix, avec force bottes en caoutchouc frappant le rythme de l'hymne des stades dans la neige mollassone.
Dans les années qui suivirent, peut-être même seulement au début des années 1980 lorsque les émissions puis les chaînes spécialisées en clips vidéos tapissèrent nos petits écrans
de merde à la tonne, j'ai du enfin rencontrer la rhapsodie bohémienne, titre sorti peu de temps avant ma propre découverte couinesque
mais dont je narrerai mon appréciation plus tard dans ce billet, le rattachant à l'épisode Wayne's world pour des raisons purement commerciales afin de tenir en haleine mon
lectorat qui prendra également soin au fil de sa lecture d'appuyer sur les petites flèches sous les images embarquées sur cette page afin de se faire accompagner les esgourdes de la musique de
Queen (évitez de cliquer toutes les flèches ensemble, ce n'est ni Kid A ni les Flaming Lips). C'est très 2.0 ce bousin, dingue !
L'âge du disco
"Ô temps suspends ton vol", comme
dirait Frédéric Lefebvre (ou Nadine Morano, chéputrobin). "N'est-ce point toi, sale petite raclure de merdeux qui vomissait la
disco, répétant sans les comprendre les antiennes de tes babas cools de prédécesseurs en fratrie, trop occupés à tripper sur Mama Béa, Ange, Whitesnake et autres drogués de Jimi Hendrix pour
savoir savourer les Sister Sledge et Giorgio Moroder ? Alors pourquoi soudain, sans jamais renier tes harangues sur la musique bondissante, tu t'entichais du 45-tours d'Another one bites the
dust que tu avais découvert puis gaulé chez ton tonton Marc ? Ce 45 qui avait suivi le même chemin qu'Emotional rescue (rhaaaa la double
basse...) te faisait déjà et te fait encore sautiller et te trémousser comme une pupute un vendredi soir au Pink paradise, signe que le hard rock est peut-être né des ténèbres mais
qu'il sombrera sûrement dans les strobos et boules à facettes." (ici on arrêtera les imprécations de la voix off, le style étant par trop grandiloquent et ne saurait réhausser un billet sur
les délicats Queen qui n'en peuvent mais de tant de chantilly stylistique).
Reconnaissons qu'il est difficile de résister à ce hit pop de première bourre. Deacon a probablement emprunté la basse monstrueuse de ce single à Chic, et les guitares de May ne semblent pas
venir de beaucoup plus loin que la rythmique de Nile Rodgers. De ce morceau magnifique en vulgarité, on datera peut-être le début des 80'z et la fin de
Queen. La vidéo floue, bien qu'officielle, ne restera dans les annales que parce que j'ai décidé de lui donner sa chance sur Pop Hits, afin d'illustrer mon deuxième coup de cœur.
Allez hop, en voiture Liliane, Simone fais les valises, on va gigoter du croupion chez les graisseux de façon autrement plus booty que Kiss.
L'âge de l'espace
Comment un garçon dont la croissance corticale n'était pas inquiétante outre
mesure, au vu de sa propension à commander au papa Noyel des livres et autres encyclopédies, voire quelques jeux de société Milton Bradley mais aucunement des engins de loisirs extérieurs propres
à révéler une masculinité brutale en devenir, comment un petit d'être humain qui n'avait connu de fautes de goûts que quelques rares tocades pour des funkries de métalleux (voir précédemment
l'épisode intitulé L'âge du disco) pouvait-il à nouveau se vautrer dans un plaisir coupable envers des musiques à la vulgarité aussi grande que... que... allez tiens, j'arrête ça m'énerve !
La déchéance trouva son nouveau palier dans une chanson désormais découverte en même temps que la vidéo, signe des temps (là, normalement, l'auteur devrait délivrer un message profond et
sarcastique sur la modernité et tout qui fout le camp ma bonne dame mais bon, jépaksaafout', j'ai un canard gras qui attend que je lui fasse frire le
foie pour ce déjeuner de fête).
Découvert par sa vidéo, mais malheureusement pas par le film que je n'ai jamais
pu voir, étant à l'époque trop jeune pour aller seul au cinoche et aujourd'hui trop sobre pour me vautrer devant RTL 9, Flash Gordon, le single queenesque me conquit pour tant de
raisons que toutes les ressources d'over-blog ne sauraient suffire à m'en offrir les justes moyens pour les exprimer, même juste avec des tirets et en langage SMS. Mais disons au moins qu'outre
la qualité musicale intrinsèque de cette tuerie (ah les "Ha-aaah !" orgasmiques post "Flash ! poum poum poum poum poum poum
poum poum"), la vidéo me faisait découvrir les arcanes de la création musicale en marge d'une production cinématographique. Et ça, ça me trouait le cul. Un bon dessin vaut mieux qu'un long
discours, et un piètre clip plus qu'une logorrhée béate, donc à vous les studios :
L'âge de
la concupiscence
C'est désormais la vidéo qui s'impose comme le vecteur de découverte de ma nouvelle chouchoute des queequeen : I want to break
free, vidéoclip hilarant dont on se demande si les potes de Freddie n'ont pas été finalement les plus courageux du monde à soutenir les inclinaisons
sexuelles de leur glotte céleste, n'hésitant pas à sortir du
placard le menton haut et l'humour en étendard, manière peut-être de renvoyer aux orties les homophobes qui reprenaient du poil de la bête immonde en ces débuts d'épidémie HIV. Le morceau n'est
pas des plus transcendants, mais il m'est pour toujours indissociable de ce petit film dont la partie centrale est d'un kitch que je révère aux plus haut des cieux alleluïa in excelsis deo!
L'âge aid
Consécration suprême alors que j'éclusais un été d'adolescence finissante en banlieue bristolienne, scotché un uiquène durant sur le fenestron pour un Live Aid dont je retins instantanément et
pour l'éternité l'un des plus grands lives de tous les temps, la performance scénique suprême, qui allait mettre le monde à genoux.
Et pis patatra, en préparant cette émission spéciale Le Père Noyel est un drag Queen, v'la-t-y pas que je me rends compte que bof, quand
même, c'est pas si terrib'.
Mais cela reste un chouette souvenir :
L'âge bête
Comme beaucoup de fans de Queen, je n'ai pas attendu Wayne's world pour m'ébaubir sur la symphonie hard rococo et opiner de l'occiput
comme une poule sur mon tas de fumier. Reste que le nanard jouissif d'il y a bientôt 20 ans a redonné une nouvelle jeunesse à la planète nerd que c'en est un plaisir de convier en
un enchaînement respectueux l'original ridicule et la reprise coxinette (ui, je sais, c'est une Civic).
Alors bon, quand on nous casse les gloupinettes avec Paul Rodgers, permettez, mais je me gausse.
Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.
On ne s'étonnera pas d'un tel billet Top à Queen si l'on s'enquérit s'enquête s'enquirert s'informe du pourquoi sur un site approprié.
(Faut dire que je snobais naturellement le hit-parade d'Europe numéro 1 qui nous gavait de nullités disco)
Ah ah, les gars... La belle affaire, sauvons les ambulances des flammes du snobisme ! ^^
En fait, la façon la plus appropriée de défendre Queen, c'est bien la vôtre : avec humour, bon sang ! Sans occulter un seul instant la "tartufferie" de ce groupe, qui a su porter le grotesque wakenwo et le grand-guignol pop à un niveau quelque peu indécent (euphémisme, quand tu nous tiens).
On m'aurait posé la question il y a quelques années, j'aurais sans doute été prêt à les envoyer au bûcher sans autre forme de procès... Or, j'ai appris à relativiser, en grande partie grâce à un ami qui a pas mal biberonné à Queen (sa môman en avait pas mal en stock, faut dire) et qui m'a fait découvrir quelques morceaux épars, pas les tubes, hein...
Justement, tiens, le grand problème de Queen, celui qui justifie qu'on les conchie sur 3 millénaires, c'est cette capacité à pondre des tubes infects, avec ce son de gratte giga-trafiqué à libérer de la constipation des nations entières, ces refrains d'une insondable débilité (et plus ils se prennent au sérieux, plus ils en pondent, leur carrière est assez éloquente, à ce titre) : We are the champions, Radio Gaga, Kind of magic, Show must go on... rien que de taper les titres j'ai le transit qui défaille ^^
Et ne détaillons pas leur discographie à partir de News of the world...
Et puis vous êtes chous tout plein, avec Guic, le clip est certes hilarant, mais... I want to break free, QUELLE PURGE LES MECS ! c'est in-dé-fen-dable, sans déconner o_0
Sinon, le "scopitone" de We will rock you est à hurler de rire (dommage, le solo de gratte complètement cramé du bulbe est un peu tranché...), je te suis totalement sur Flash (génial, énorme, débile, formidable^^) (et c'est tout à fait dans mes cordes de comater devant RTL9) (ça marche aussi avec W9, même pas peur).
Et bien sûr, la midinette qui gît en moi adore Bohemian rhapsody, ce gros machin tout plein de meringue, chantilly, bonbons, caramel et chocolat (même pas besoin de Wayne's world pour justifier mes goûts de chiotte, chuis pas snob comme vous^^).
Bref bref bref, vous allez limite me convaincre de jeter enfin une oreille à A night at the opera avec vos conneries :o)
Et pis, de toute façon, moi aussi j'ai mes casseroles indéfendables (certains Kiss jusqu'à Love gun (si si), ELO, 10cc, certains Fleetwood Mac...)
(ouais, je sors du placard, enfin)
Bon, toujours pas fait mon top 5 à Queen, mais il est forcément, pour moi aussi, lié à des souvenirs de découverte du wakenwo avec le pourtant piètre We Will Rock You en insubmersible balise... Poum-Poum-Tchak !
Il faut que tu voies Flash Gordon. Ce film est d'autant plus jouissif que son kitsch était totalement assumé dès sa conception. "Oh ! non ! Pas les verres perforants" (j'me comprends...)
http://7and7is.over-blog.com/article-coming-out-top-5-queen--42216549.html
Je découvre très étonnamment depuis quelques semaines que Queen est un groupe conchié. Oui, mais par qui ? Je ne lis que rarement des attaques contre Queen. Certes, GT ou Thom ont du ici ou là en balancer une sur le groupe pour son manque de finesse.
En fait, serait-ce par snobisme qu'on tape sur Queen alors qu'au plus profond du dedans, on aime à se vautrer dans cette fange musico-baroque ?
Ou au contraire, le snobisme serait d'apprécier cette vulgarité rococo comme une touche de mauvais goût nécessaire au milieu d'une playlist hi-quality ?
je ne saurais dire, j'ai trop tardivement découvert ce "débat" (en est-ce un d'ailleur ? je ne sais pas) autour de Queen le groupe le plus détesté de la toile.
Remarquez, il y a 2 ans, je découvrai qu'on allumait U2 à tour de pages, et, sans me chagriner, ça me laissais (et me laisse encore) dubitatif. Franchement, tous les gens de ma génération on dansé sur Sunday bloody sunday et on gueuler sur We will rock you. Alors bon, je veux bien que les goûts évoluent, mais qu'on ne jette pas des anathèmes définits, du genre Fontaine je n'ai jamais bu de ton eau, je n'y crois pas.
Non, c'est surtout sur ces quelques blogs que nous fréquentons (plus quelques autres que nous ne connaissons pas bien sûr) que c'est le cas (comme pour U2). Des blogs plutôt tenus par des gens qui n'apprécient pas forcément la vulgarité de Queen (car Queen c'est vulgaire, oui, souvent). Ceci dit, quand on compare l'étron terminal de Muse à la discographie de Queen, ça m'agace, car, comme le disait John Waters, il y a un monde entre le mauvais goût et le "bon mauvais gout"...
A défaut de fellation électronique (ta soeur) (je retire), un pitit lien :
http://www.youtube.com/watch?v=0wM58YXp2x0
(même si tu la connais probablement eudjà)
(le MONDE ENTIER doit savoir)
(oui, tu as bien lu : le monde entier !)
Ah ouais, terrib' ! on dirait un truc genre Spinal Tap plus récent. Il faut que je regarde les autres choses qu'ils ont faites.
Et merci de m'avoir redonné l'occasion de lire ce billet pas si vieux mais que j'avais déjà oublié et qui m'a fait pisser de rire (je suis très bon public de moi même ^^)