le ouèbe résolument 7.0

Pop Hits, le hit parade chanté, c'est 10 ans, 54 albums vinyl (et quelques musicassettes), 634 reprises de chansons et quelques inédites, les pochettes les plus cheesecake de la galaxie, la qualité française aux éditions Musidisc International, une quintessence musicale orchestrée, dirigée et digérée par le Ray Coniff hexagonal, Monsieur Mario Cavallero en personne : c'est Pop Hits, le hit parade chanté.
Hmmm !!!

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This web site is dedicated to a french series of cover compilations of "hits" during the 70's : Pop Hits, le Hit parade chanté. Songs of the moment (the best and the worst ones) were badly covered by Mario Cavallero, his orchestra and his singers. The seasonal productions were magnificaly packed into cheesecake covers. In fact, the main (only ?) interest of this site. Check out in priority our Des pochettes section to watch and enjoy this artwork, climax of the french touch.

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écoutez, c'est le son Pop Hits

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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 20:00


C'est dur d'être aimé par des cons. En rupture définitive avec les rare red necks qui supportaient encore le countryman le moins bluegrass de tous les temps, l'homme à la voix d'or a revisité le rêve américain en une tetralogie dépouillée bien qu'ambitieuse, un peu pédante, beaucoup poseuse, sous la houlette du rusé Rick Rubin, l'homme au nez d'or pour débusquer les filons juteux et aux doigts de plomb pour mixer les albums.
Moins bravache que sa tournée des zonzons, sa tournée des bobos pour ce nouveau millénaire paye Cash de sa conversion aux bluettes de la pop musique et du rock indé des 4 dernières décennies. Échaudé par les récents coups de boutoir du nouveau rauque 'n' drogues man de la place, ci-devant dénommé Mark Lanegan, après la semonce difficilement surmontée que fut Tom Waits depuis la fin des années 70 et finalement mis à contribution en 1994, Gorge Profonde repris en main les rênes de l'attelage pour donner une bonne leçon de rock credibility à tout ce petit monde, nonobstant qu'il joue de la musique de merde pour bouseux du midwest. Mais bon, personne n'est parfait.

Du million dollar quartet, peu restèrent debout, mais seul lui eut le toupet de ramasser les oripeaux d'une civilisation en mal d'identité pour se bombarder l'Américain ultime. Johnny ne s'est, il est vrai, jamais embarassé de l'humilité comme conduite sociale et commerciale, grand bien lui en a toujours fait. Papy frippé aux cordes vocales toujours fraîches, le renégat de la country, qui avait pactisé avec le Faust du wakenwo depuis le mitan des années 1950 en partageant scènes et studios avec des joueurs de musique de nègres, ce vendu aux libéraux, communistes, pacifistes et autres râclures de fonds de pénitencier a semé les nonantes et les 2ks de son chapelet d'albums de reprises intimistes, construisant de son vivant son testament musical, anticipant le jouli coffret qui trônerait si bien sur les cheminées une fois sa binette 6 pieds sous terre.

Bien que sérieusement encensés, les deux premiers jets des American Recordings édités au milieu des années 1990 n'avaient pas créé le coup de tonnerre que furent les opus III et IV en 2000 et 2002, portés aux adorations planétaires par la conjonction d'une malheureusement hasardeuse bien vilaine maladie et d'une malheureusement prévisible bien vilaine programmation de reprises pompées à l'indie rock et à quelques stade rockers de la plus vile veine. Car ce sont les hits One puis Hurt et Personal Jesus qui réveillèrent les jeunes générations, toutes émoustillées par un vieil homme en noir qui posait deux-trois pickings aériens et son miel vocal sur des pop songs déjà fameuses mais jamais aussi putassièrement magnifiées.
 

American Idol

L'opportunisme est salué par les consultants sportifs comme une valeur suprême, signe, s'il en fallait encore de nouveau, que le sport est le ferment de la guerre économique et humaine. Marcher sur la tronche et les créations des autres est estimable aux yeux de certains si on le fait avec classe. De la sportive doctrine on observera de musicaux succédanés. C'est ici une agreste arrogance, traditionnelle à JR, qui fait passer à la moulinette sirupeuse discrète et réservée des hits pops et hargneux originellement (si ce n'est dans la forme en tout cas au fond).

Le coup proposé par Rubin fut de tirer un parti annexe de la pénible ballade One des subtils U2, succès planétaire et convenu mais dont l'apparente simplicité (relativement à l'habituel rococo du world combo) recèle un tiroir secret assez facilement accessible : derrière la chanson d'amour point la complainte amère et désabusée sur la nécessité d'un couple (ici un père et son fils séropositif) d'avoir à s'aimer et à s'unir pour survivre. On n'est pas ensemble pour s'aimer, on s'aime pour rester ensemble. Bigre, peste, holy gosh et toute cette sorte d'abattements devant la dureté de la vie. L'amour et la culture du manque de l'autre comme viatique à la solitude des hommes, voilà une bien triste vision de la société, réalité pour un groupe qui se rabibocha à l'époque autour de cette chanson par la force des choses, pour ne pas casser la poule aux œufs d'or. 
Aussi est-ce un peu facile de transformer le sens de cette chanson en l'union de l'homme et de son Dieu pour dépasser la maladie, ainsi que le fit Johnny et que son service de presse argumenta à longueur de communiqués et panégyriques, manière de recycler à son propre compte le sens d'une chanson certes ouverte mais plus cynique et bassement matérialiste qu'optimiste et niaisement mystique.
 

 


Encore insatisfait par le potentiel de ces compiles de reprises, Rubin monta les nouvelles sessions des American Recordings comme la parfaite machine à Cash, sélectionnant des titres dans l'indie rock, castant des musiciens prestigieux, et ce en dépit d'une orchestration toujours aussi austère et ne sacrifiant aux vulgaires duos qui s'imposent depuis peu dans le rock (même si Cash pousse la chansonnette avec quelques belles glottes). American IV : The man comes around casse la baraque parce qu'il se fait toujours accepté par les masses fidèles mais surtout parce qu'il réussit à conquérir avec ses sobres reprises indés de jeunes publics exigeants, terrassant toutes les presses, de la people à la roots, par-delà les styles musicaux et les chapelles.

Maquillé comme une bagnole volée, gai comme le Petit bonhomme en mousse et censuré de ses couronnes de merde en couronnes d'épines, le morceau caché le plus célèbre de Nine Inch Nails est devenu par la roucoulade de JR une racoleuse chanson à pécho les meufs, dont les images de la vidéo emphatiquement léchées par l'ex-photographe et nouveau cinéaste aux bottes de sept tonnes Mark Romanek (mon Dieu le sursignifiant Photo obsession !) permirent à Johnny de cachetonner dans toutes catégories imaginables des récompenses distribuées par les professionnels de la profession au travers le monde (oui, vous avec bien lu : au monde !).

  
Mais alors, si tout cela est beau et bien beau (car cela l'est, l'on lit bien mon propos), quel perfide procès est-il intenté à ces deux belles pièces musicales punaisées ici sur le tableau de la honte des supposés surestimés albums de la décennie 2000 ? Ne saurait-on laisser sur leur piédestal d'airain ces pépites d'or ici déposées avec amour, délicatesse et subtilité par le déclinant corps d'un encore rayonnant talent ? Ne pourrait-on faire cesser le sarcasme du jaloux qui s'arrache les ongles sur sa pauvre folk pour produire d'infâmes gargouillis et se venge en jouissant de tremper la plume de son clavier dans le fiel acide de la bouse de ses perverses pensées et de sa suffisance d'écrivaillon masqué derrière un pseudonyme arrogant ?

Hein ?

Franchement ? 

B'en nan. 
 

American Idiot

Et pour s'en démontrer encore une bonne tranche, si tant est que les deux précédents extraits ne suffisaient pour dévoiler l'esbrouffe du procédé casho-rubinesque, écoutons l'erreur suprême, la reprise de Personal Jesus, via un bricolage vidéo à la con monté pour faire passer ça sur les réseaux vidéos et s'égailler autant les pupilles que les esgourdes pendant 3 minutes et quèques.


Ayé ?

Bon, on y va. Formellement d'abord, la facilité de l'interprétation et de l'orchestration frise les exécutions semi-roots offertent de par le monde par les déclinaisons criardes d'un célèbre télécrochet. La posture essentialiste du chanteur de province qui veut faire accroire qu'il a percé le code fondamental de la chanson en la réinterprétant dénuée des
scories dont l'artiste original couvrit son chef d'œuvre pour des raisons incompréhensibles. "Mais bon, chuis là, écoutez-moi ça les cocos, c'est du trop pur grave de chez groove."
 


Mais le pompon dans cette version de Cash, c'est
la reprise d'une chanson ouvertement mécréante, naguère vilipendée par des extrémistes chrétiens de toutes sectes comme attentatoire à la christique clé de voûte du mysticisme papiste comme parpaillot. Le premier single du génial Violator à venir valut à Gahan et ses Depeche Mode une volée d'anathèmes pour son égotisme matérialiste et postmoderne, valorisant l'autosubsistance spirituelle de chacun et dévoilant l'individualisme comme vision cynique du genre humain. 
Ici, et Johnny ne s'en cacha pas, certains desperados ont su habilement détourner cette chanson en faisant accroire de l'intériorité de Jesus au sein de chacun, ce cher Jéjé qui transcendrait nos actes quotidiens comme notre vie entière, elle-même comme un hommage de tous les instants au célèbre rejeton de l'Autre resté tout là-haut pasqu'il faut tenir la caisse et qu'il n'a pas le temps de se fader le SAV individuel 7/7 24/24. Tout le contraire que ce que Gahan exprima à partir des paroles de Martin Gore, qui aime tant taquiner les religions comme pathétiques béquilles de l'âme humaine (Gore avait été impressionné par la fragile dépendance Priscilla Presley qui révérait et nommait son Elvis de mari de "Jesus personnel").
Et Cash transmuta tout ça en une ode à la foi. Whalaut' le vol à la tire !

Et c'est comme ça pour beaucoup des reprises que Johnny Cash fit dans ces sessions d'enregistrement de fin de vie. Évadé des flammes du cercle infernal de la drogue par la grâce de Dieu et de June Carter, Johnny n'eut de cesse lors de sa seconde carrière de racheter les fruits du Malin par ses angéliques revisitations, avalant le Saint-Esprit tout cru avec les plumes.

La troisième mi-temps de ce passage terrestre fut celle de l'épure. Par la grâce du malin Rick Rubin. Damned, Belzébuth vire également sa cuti en se mettant au service de l'archange Johnny.


American success

Les Ricains savent si bien reconstruire d'édifiantes histoires rédemptrices, où, des cendres pas encore consumées, le Phœnix déjà porte en majesté la saga des hommes même les plus ordinaires, avec quelques effets spéciaux d'ILM ou de CNNBC. Il fallait donc affiner le son, le moderniser et le réduire à l'expression la plus pure pour ce passage millénariste. Même si cela révèle l'abandon du courage dans l'orchestration country si brillante d'autrefois : il suffit d'écouter Tear stained letter (in American IV) et de la comparer aux quelques extraits rageurs mis en lien supra là au-dessus par en haut en dedans de ce billet pour se rendre compte de la médiocrité à peine passable dès que Johnny crache désormais son velours vocal accompagné par davantage qu'une guitare ou qu'un piano.
 
L'arnaque intellectuelle additionnée à ce dénuement forcené pour faire genre produisent des albums agréables et émotifs mais trompeurs et peu inventifs. Ils tirent la dévotion qu'ils génèrent de la mise en scène morbide de cet homme finissant dressant de son vivant son Panthéon personnel et s'y hissant au sommet comme un ange noir et magnifique terrassant pour quelques temps encore les dragons, celui intime de la maladie qui le ronge, et celui du clinquant showbizesque qui sclérose ses ex-collègues faibles et corrompus, incapables de peaufiner leur sortie et sombrant dans des débordements de crème chantilly en des shows vegasiens, de duos bonesques et de confidences sur canapés des grands networks hertziens à l'heure où Oprah arrache nos larmes à la petite cuillère. Cette brave posture empreint la perception qu'ont les auditeurs des American recordings d'une aura de courage et de force d'un vieillard qui a su, jusqu'aux confins de sa vie, cultiver la délicatesse d'une voix d'or et la simplicité de l'homme de la campagne, ramassant ses dernières affaires sur la prairie avant de bientôt s'y enfoncer à tout jamais, six pieds sous terre et la gloire aux cieux.

De biens beaux albums, touchants et lacrymaux, mais dont le briquage en statuettes géniales des productions phonographiques du nouveau millénaire est aussi ridicule que l'astiquage d'une boîte de confit de canard façon Grand-Mère, succulent et roboratif, mais loin de constituer un sommet de l'art.

Sauf pour les jeunes bourgeois dominants et les rockeurs boutonneux en quête d'authenticité à l'ancienne.


Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.



Pour savoir le pourquoi de cette chronique moins pophiette que flophiette, on suivra son inspiration ou cette redirection palimpseste.

 

 
 
Par Mario Cavallero Jr, artiste multimédia - Publié dans : Flop Hits
Si ça vous dit d'en causer, ne vous gênez pas - Ouh pinaise ! y a 7 commentaires
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