Mardi 17 octobre 2006
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Femme, Femme, FemmeEh l'ami mets ton habit de fête Ton coeur de paillettes Et ton regard heureux Ce soir je t'emmène On va faire la fête Tous les deux La fête charnelle Avec les plus belles J'ai gagné le gros lot Ce soir c'est la vie de château Femme, femme, femme, fais-nous voir le ciel Femme, femme, femme, fais-nous du soleil Femme, femme, femme, rends-nous les ballons Les ballons rouges et ronds de notre enfance Femme, femme, femme, fais-nous voir l'amour Femme, femme, femme, sous son meilleur jour Femme, femme, femme, fais-nous in the room Du Prosper youpla, youpla, boum
Eh l'ami ce soir c'est la bourrasque Je t'achète un masque Et une chemise en soie Ce soir je t'emmène Sors tes grands je t'aime De galas Paris s'illumine Comme une vitrine De Trenet, de Chevalier Ce soir on est les héritiers Femme, femme, femme, n'aie pas peur de nous Femme, femme, femme, on n'est pas voyous Femme, femme, femme, choisis ton endroit Nous, on s'y connaît pas, on t'fait confiance Femme, femme, femme, on n'est qu'deux amis Femme, femme, femme, qui s'payent un sam'di Femme, femme, femme, fais-nous in the room Du Prosper youpla, youpla, boum Femme, femme, femme, fais-nous robe du soir Femme, femme, femme, champagne et caviar Femme, femme, femme, ce soir c'est férié On n'va pas regarder à la dépense Femme, femme, femme, fais-nous confetti Alcazar et tutti quanti Femme, femme, femme, fais-nous in the room Du Prosper youpla, youpla, boum Femme, femme, femme, fais-nous Marengo Luna-parc et Monte-Carlo Femme, femme, femme, fais-nous genre Zizi Au casino de Paris quand elle danse
Femme, femme, femme, fais-nous langoureux Du spécial et du larmes aux yeux Femme, femme, femme, fais-nous in the room Du Prosper youpla, youpla, youpla, youpla, youpla, youpla, boum
Ah, Serge... coécrit avec Alice Dona, inamovible secrétaire de la Sacem, Femme Femme Femme est le climax de l'hommage masculin au sexe capiteux sous VGE. Toute une finesse que même Bigard ne retrouvera jamais, car il n'a pas le côté d'après-guerre qui nimbe la sexualité fantasmatique de l'autre nabot Corse.
Mais trève de prétexte phallacieux pour éviter d'introduire notre émoi du jour, émoi agoni à la face du ouèbe à défaut d'emmerder Jean-Claude le patron du Khédive, avenue Sadi Carnot face aux Dames de France et Régine Coiffure (c'est du bol qu'elle s'appelle Coiffure la Régine vu que c'est ce qu'elle fait : coiffeuse. Pas le meuble, le métier).
Jean-Claude (c'est du bol qu'il s'appelle Jean-Claude, finalement) me disait pas plus tard que la dernière fois que, quand même, Koh Lantah c'est pas mal mais l'Ile de la tentation a des plages plus sympas, "si vous voyez c'que j'veux dire".
Tu parles que je sais c'que tu veux dire gros naze : tu aimes les filles sur les plages, toute cette écume sur la peau, que tu reluques sous la visière de ta casquette Buffalo Grill en faisant semblant de faire des Sudoku alors que tu ne comprends même pas le japonnais, et compter en nipon, n'en parlons pas. Mais compter les nichons, ça, tu aimes*. Heureusement que ta Huguette n'a pas voulu divorcer et qu'elle te traîne toujours te fourrer du sable dans le short à la Grande Motte, ça te fait un alibi culturel moins cher que les cabines à 5 euros bld de Clichy. En plus, tu peux tater discretos la marchandise au rayon des fruits et légumes du Leclerc route de Béziers, scusez moi mademoiselle, je voulais attrapper les poires.
Tu parles d'une poire. Alors, comme mon psy m'a dit de ne pas discuter politique avec ma mère et cul avec mon limonadier (ou le contraire, je ne sais plus), j'expose à la cantonade mes interrogations insondables sur les turpitudes du français moyen qui doit bien trouver quelque avantage à claquer 42 balles de l'époque pour acquérir des compiles pourraves de reprises de demi-tubes du moment, comme ce n°40 de Pop Hits, le hit parade chanté, dont Mario Cavallero, maître des musiques, trouva l'immense voix de François Miet pour remplacer au pied bot levé Lama qui toujours faire ainsi quand il est fâché.
Vous rendez-vous compte ? 4 heures de SMIC pour des gallettes plastoque emballées piteusement qui ont fait les beaux jours des éditeurs des diverses collections de compilations aussi humides que Pop Hits le hit parade chanté, dont pas moins de 9 pochettes sur les 53 de cette série alignèrent des jeunes femmes assez dévétues, le tee-shirt ou la tunique généralement détrempé pour laisser poindre des tétons turgestifs, des échancrures des hanches qui montent aux aisselles, des regards semi-coquins qui semblent dire "toi mon pépère je t'ai repéré, ça te dirait qu'on aille s'écouter toi et moi Mario Cavallero, son orchestre et ses chanteurs sur ton combiné ITT platine avec chargeur 15 disques - tuner PO GO FM stéréo - magnétocassette options Ferromagnétique et Chrome dans ta chambre au premier étage de chez ta mère où tu habites toujours alors que tu as 37 ans et que tu est commercial à la concession Renault du centre-ville ?". Qu'elle semble dire. La dame. Légèrement vétue. Et mouillée.
Mais si ce n'était que ça ? Le décorum joue aussi avec les accessoires majeurs de la naïade de pochette d'album de supermarché : le sable, le ciel bleu et l'eau. L'eau qui gicle, l'eau qui coule, l'eau qui écume.
"Vas-y Fiona, laisse toi aller dans les embruns" lui conseillait généralement le Michel Laguens du moment. Alors qu'elle ne s'appelle nullement Fiona mais Isabelle, ce qui est quand même moins vulgos, et qu'elle croit que les embruns c'est une station de ski. Alors que c'est même pas ça, mais c'est pas grave parce que le photographe ne sait pas non plus et confond la houle et les embruns, sans contrepéterie. Ce qui ne l'empêche généralement pas de bien cadrer ce qui fera languir en 30 cm quadri cartonné le chaland à Euromarché, une nouvelle race de magasins.
Des fois, cet effet aqueux et jaculant est joyeux, presque festif et dénué d'arrières pensées sexuelles. Comme ce Succès d'été de 1972 chez MFP. Mais souvent, c'est plus glauque, pathétique même, comme cette production angoumoise (parce que
angoulêmoise ça faisait trop lourdingue à dire et que vous n'avez qu'à relire votre petit baleinié avant de poser des questions déplacées sur un blogue culturel que même Louis Bozon aurait souhaité en être alors hein bon) du label Aline, qui a commis en 1982 Hit Radio TV vol. 5, excusez du peu pour le titre, offrant une salivante brochette de reprises des grands succès du moment par les infâmes The Biggest, groupe sûrement tout aussi picto-charentais que le label vu la qualité de sa prestation musicale. Self control, Toute première fois et Break dance party ne s'en sont toujours pas remis. Dommage.
Alors pourquoi donc tant de mauvais goût maritime récurrent dans ces photographies ? Interrogeons un chanteur dinch' Nord qui commit en 81 ce petit bijou qui a donné le titre à l'article du jour, et sûrement de la semaine car les responsables de ce blog ne sont pas que VJ, DJ et artistes multimédia mais ils ont aussi une vie de famille à côté et un métier fort honorable avec un ordinateur et des tickets restau.
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Sur leur peau le soleil caresse bien trop sage
Le vent qui les décoiffe
Un goût de sel sur mes lèvres
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Les hanches qui balancent et les sourires fugaces
Je regarde les vagues qui jouent avec leurs corps
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Leurs poitrines gonflées par le désir de vivre
Leurs yeux qui se détournent quand tu les regardes
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Le soleil sur leur peau qui joue à cache-cache
Et des ambres solaires le parfum volage
J'aime
Regarder les filles
J'aime regarder les filles
Regarder les filles
Regarder les filles
J'aime regarder les filles
Les filles
J'aime regarder les filles
Le soleil sur leur peau
Leurs hanches qui balancent
Leurs poitrines gonflées
J'aime regarder les filles
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Quand elles se déshabillent et font semblant d'être sage
Leurs yeux qui se demandent mais quel est ce garçon
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Leurs ventres qui se collent sur le sable chaud
Le vent qui les décoiffe et les sourires fugaces
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
J'aime
Regarder les filles
Regarder les filles
Regarder les filles
Merci Patrick, on t'adore, on t'écoute, on te mixe, on te lit. Patrick Coutin. Avec un nom comme ça, il aurait pu écrire des textes de pervers, genre Fais-moi jouir, Sexy Suzy ou Stone de ton corps. Et encore, vous n'avez pas vu sa gueule, sauf si vous vous souvenez de la pochette du 45. Il est tellement salace qu'on ne saurait gâcher l'étalage de cette page par son oeil torve et sa pilosité maxilaire. Brrr, on en tremble rien qu'à y penser. De toutes façons, ce qui nous intéresse, c'est la prose de notre homme, et la signification de ce que nous livre une bluette apparemment très innocente, mais méfions nous de l'eau qui bout et du loup à terre car tel un ogre il mange parfois le petit Chaperon rouge le soir au fond des bois. Le salaud.
Finalement, le genre sablonneux, qui avait connu sa première heure de gloire avec
Vadim et Bardot au mitan des 50's du attendre 1982 pour que le mythe revienne prendre corps en pochettes et film publicitaire. D'abord le craignossissime et succulent 28° à l'ombre de Jean-François Maurice (en fait c'était Jean Albertini, producteur de C Jérôme et Michele Torr. La première version de 28 degrés était sortie en 1978 mais avait moins bien marché, faute de pochette affriolante), avec son "Monaco, 28° à l'ombre. Il fait chaud" susurré de la suave voix d'Émile Louis (enfin on dirait).
Le second revival musico-plagesque reste dans les mémoires de la France post-giscardienne sous les traits d'un cadre moyen enfoncé dans son canapé et rêvassant devant le rendu exceptionnel de l'image et du son de son poste de télévision couleur Telefunken tellement pile poil qu'il s'y croirait en train de gambader par les flots vers une coquette aux cheveux courts et mouillés tout comme sa nuisette Petit bateau et sa culotte mini coupeur. Telle Vénus sortant des eaux, ou plutôt Ursula Andress, la madame chatain et fort peu blonde pour une fois faisait vibrer 20 millions de scrotums à travers la France télévisuelle ébahie, mais regrettant quand même de ne pas avoir un Telefunken couleur grand écran pour profiter de toute la fraîcheur du message. Le second épisode de la saga publicitaire (qui n'en compta que deux) est moins rigolo. La musique langoureuse et les paroles d'Eden is a magic world susurrées par un "mâle" un peu douteux (le lien renvoit vers notre confrère Arbobo qui a aussi parlé de cette pochette, aucun lien avec ce qui précède, bien entendu) sont étonnament réussies et fidèles au reste du concept pubesque (?? mais ne dit-on pas pubien ?), par la grâce des deux compositeurs de Richard Clayderman et fondateurs du label Delphine, Olivier Toussaint et Paul de Senneville, sous le délicat étandard de Pop Concerto Orchestra. Mario Cavallero n'a plus qu'à aller se planquer, ce qu'il avait d'ailleurs fait l'année précédente.
Heureusement que le chercheur Jean-Claude Kaufman nous a expliqué très doctement dans sa Sociologie des seins nus que tout ça est bien naturel et pas beaucoup plus salace que de sucer des Kim Cônes.
Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.
* Quoi ? Vous cherchez quelque chose ?
Par Mario Cavallero Jr
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Publié dans : Pop Hits, le hit parade chanté
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et ça papote...