Partager l'article ! Astuce beauté n°27 : la truelle à maquillage: La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a. C’est bien le pr ...
Pop Hits, le hit
parade chanté, c'est 10 ans, 54 albums vinyl (et quelques musicassettes), 634 reprises de chansons et quelques inédites, les pochettes les plus cheesecake de la galaxie, la qualité
française aux éditions Musidisc International, une quintessence musicale orchestrée, dirigée et digérée par le Ray Coniff hexagonal, Monsieur Mario Cavallero en personne : c'est Pop Hits, le hit parade chanté.
Hmmm !!!
English version below
Mode d'emploi
La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a. C’est bien le
problème des disques de reprises des années 70, constitués par des assemblages hétéroclites et homovages de chansonnettes souvent déjà tubesques emballés de criardes pochettes où l’on fait
s’alanguir ou gigoter de blondes naïades à peine pubères en des poses supposées séductrices et généralement vaguement dérangeantes de mièvrerie parfois, de salacité souvent, de vulgarité
toujours. Le résultat est généralement assez pitoyable, tant musicalement que picturalement.
On en viendrait donc à s’interroger sur ce qui différencie fondamentalement en cette année 1973 Mario Cavallero, son orchestre et ses
chanteurs et David Bowie, ses araignées martiennes et ses platform boots . Pas grand chose en fait, y a pas à tortiller
du sphincter. De premier visu, la laideur bleutée de la pochette de Pin Ups annonce la couleur sur le fond. Même pour l’époque, le lettrage n’est même pas digne d’une apprenti composeur offset en descente d’acide
maquettant un tract de pare-brise pour l’ouverture d’une nouvelle djeanerie concurrente au Pantashop de la rue de la Gare (face au Palais de Justice). Les bustes hagards de Twiggie en phase de
décrépitude post LSD et de Bowie en hallucinants errements précocaïnovores finissent de décourager à étiqueter dans le catalogue des plus belles pochettes d’album cette devanture vinylique (existe également en musicassette et cartouche 8-pistes). À la rigueur, on collerait bien ce Pin Ups dans les junkyards de pochettes pourraves qui fleurissent sur le net, dans les
powerpoints obstruant nos boîtes mail et dans les rayons spécialisés des librairies musicales d'un caractère douteux.
Pouloulou c’que c’est laid !
Pourtant, les camarades savaient emballer un chouia plus subtilement cette même année, qui en de soyeuses ambiances érotoglam, qui
par des artifices de séduction plus... comment dire... chaleureux.
Au moins, ça c'est de la Pin Up !
Comment en est-on arrivé à une telle convergence vers la médiocrité alors que tout tendait vers une dissociation hyperbolique entre là les suceurs de succès de baloche de province et leurs livraisons saisonnières de reprises minables et ici l’étoile montante de la pop glamour en un projet alors encore inédit de revisitation intime d’inspirations juvéniles ? Parce que quand même, on ne mélange pas les tâcherons et les serviettes, a fortiori cuir pleine peau. Dans les quelques années précédant cet infâme et passable Pin Ups, Bowie avait produit une belle tripotée de bijoux, et était barré pour en éjaculer quelques autres bien de leur facture dans les ans suivants.
S’il
suffisait de déterrer les pièces les plus rutilantes ou les plus chatoyantes du British boom et du Swinging London et de les réempaqueter façon Ziggy pour faire du Bowie authentique, on serait en
heur de s’interroger sur le si peu de succès que connut Mungo Jerry. Nan nan nan, est une imposture prétentieuse, principalement gerbable pour son caractère d’imposture puisque
cette édition n’est pas à la hauteur de ses prétentions.
Bon, afin de ne pas faire exactement comme les originaux, on reconnaîtra quelques innovations dans l’interprétation, dans le recalibrage, dans le rythme voire dans
la répartition retravaillée des refrains, chorus et
divers breaks dont il est fait ici un usage intempestif. Pourtant, l’ensemble ressemble à tant d’albums de glamrock où l’on a l’impression que chaque passage est génial mais dont
la durée sur des minutes de chansons et sur des dizaines de minutes d’un album font passer le moindre des concerts de reggae pour une plongée dans le meilleur de Sonic Youth et de Pavement
réunis. Sévèrement maquillés pire que des bagnoles en refourgue, le grimage des morceaux de Pin Ups rappelle sa pochette : on voit bien qui c’est, mais le résultat est ridiculement
laid. Les artifices les plus vulgaires et attendus de l’époque sont usés et abusés : des roulements de batterie en retenue ou en accélération omniprésents, des clapotis de piano par-ci
par-là qu’on dirait que le mec il veut à tout prix faire comme Mike Garson (le problème étant que c’est Mike Garson), des bouts de chœurs balancés comme des cuivres du pauvre à tout bout de champ pour faire monter la sauce quand la voix s’étiole, un
saxophone immonde en beta-testing des 80’z, la rythmique grattée comme dans un groupe de skiffle de la banlieue de Sheffield par un mec qui ferait mieux de s’inspirer de Mick Ronson (le problème
étant que c’est Mick Ronson), une production volontairement
hachée pour faire rock’n’roll, et des morceaux heureusement assez courts mais malheureusement trop courts pour y développer une ambiance Zigguienne, enfin bon, la totale qui ne rend utile ce
disque que pour celui qui recherche un condensé des tics les plus grotesques du glam. Pasque bon, si Ziggy s’était officiellement retiré des voitures depuis quelques mois, l’année 1973 le voyait
omniprésent dans la production de Bowie, pour le meilleur (Alladin sane,
où tout n’est que Stardust, de la pochette aux chansons jusqu’au flux tourneboulant de deux faces qui laissent sans souffle) comme le pire (toute la belle équipe est là pour ce piteux
Pin Ups, c’est à n’y rien
comprendre).
« Et les morceaux ? » me direz-vous (si si, je vous entends). Eh bé, ce n’était pas la peine pour les ayant droits d’en autoriser la reprise si c’est pour contempler de
tels choix trop disharmonieux pour faire un ensemble cohérent, et trop semblables pour en magnifier les précieux caractères originels.
Même cette grande fofolle de Daltrey, dont les années 70 ont été un grand toboggan
de descente en caraco à franges décolleté jusqu’au gland vers les tréfonds de la vulgarité massacrant les plus beaux joyaux commis par les
qui-vous-savez au mitan des années 60, même le papa à Freddy, donc, a du avaler de traviole son bol d’amphéts en découvrant la double baston infligée à I
can’t explain puis Anyway, anyhow,
anywhere, petits brûlots d’époque ici traités par la bande à Bowie façon américain-pâté-sauce cocktail, le rototo
final obligé même pas sur option. Pire : les compos des gloires du Garage sont jouées baroques, comme si les Kinks ou les Pretty Things étaient plus sexy en collant lamé argent. Them et les
Yardbirds ont perdu toute once de blues dans un vague rock twisté (mon dieu, Shapes of things !). Il n’y a guère que le Pink Floyd de Syd Barrett pour bénéficier d’un traitement légèrement différencié, un peu plus inspiré et allongé façon
4 premiers albums, mais malheureusement façonné comme une caricature de psychédélisme pour maison de retraite (Jean Nohain devait être en cabine ce jour-là). Quand je vois Émily jouée ainsi, j’en
viens à regretter qu’elle ne mourut pas dans l’anonymat en 67.
Brefle, on ne va pas se faire frire le slip au court bouillon plus que ça en dévidant chaque chanson en un chapelet de désespérance pour se recentrer sur l’objet principal de ce disque que nous
éviterons de qualifier d’album et s'interroger légitimement : pourquoi ?
Mais pour le flouze voyons ! comme Mario Cavallero et ses éditeurs, comme toutes les maisons de disque de seconde zone qui
depuis 20 ans déjà et pour encore de nombreux lustres avaient déjà apprécié vivement ce qui nous désole tant ces dernières années : mieux vaut pomper les créations des autres et les rejouer
le plus vulgairement possible que de se casser l’oignon à cuisiner d'originaux Space Oddity et autres Hunky Dory : on en vendra autant.
Parfois plus, même.
Mais ça, évidemment, personne n’ose le dire.
je vais pas détailler tous les endroits ou mes zigo et mon sphincter se sont tiré la bourre de rire, mais y'en a pas mal ^^
tu t'es surpassé. " des roulements de batterie en retenue... des clapotis de piano par ci par là...les cuivres du pauvre..." tout ça en écoutant la plylist, grandiose :o))
très bon ce bowie blog tour :-)
Je venais de passer - heureusement, je suis abonné à la news.
Là, c'est tout du vrai ? avec l'invention du Fake par Arbobo, on ne sait jamais et puis la réalité dépasse toujours la fiction, en paillettes.
Super (33) retour(s).
"c'est fou, non?"
Bon tu as été bien plus dur que moi avec Pin Ups, au moins je sais ce qu'il vaut dans l'absolu, maintenant!!
parce que moi j'aime bien...
mais un peu moins tout de même que cet excellent papier !
Sinon, en vrac :
- merci pour les compliments, il faut avouer que le hasard a donné à chroniquer l'album et la pochette les plus adaptés au concept de Pop Hits le hit parade chanté ! Ensuite, je suis parti en roue libre (j'ai rédigé le billet, hors illustrations en 90' vendredi soir après une semaine de folie : besoin de me défouler).
- les pochettes présentées ici sont toutes véritables. Le pire étant que j'ai les disques avec... :o/ (sauf pour le ep Odéon japonais des Clausters avec twiggie, bien entendu)
- bowie sait effectivement faire de magnifique reprises, mais là, il a vraiment travaillé comme un sagouin, faut avouer.
- et comme je n'arrive seulement maintenant du boulot, je lirai les autres billets demain, sauf la chronique de Xavier sur Pin ups que je m'en vais lire dérechef.
bonne nuit !
Toi aussi tu aimes de faire du mal lentement ? ^^
Sinon j'aurais vraisemblablement fini comme les deux protagonistes de cette pochette. C'est vrai qu'elle a l'air sacrément fracassé la TWIG...
Et c'est marrant, j'avais jamais remarqué comme la pochette (ces masques de chair) faisait penser aux Yeux sans visage de Franju (que tu as vu récemment, je crois).
Pour les Hot hits, j'en ai déjà une petite demi-douzaine (2, 4, 6, 9, 11), et je crois que je ferai un de ces 4 une spéciale sur cette série. En attendant, voici un lien également disponible pour les retrouver avec d'autres pochettes cheesecake
Des Who!
(tout ça m'évoque Green Suede Boots, bon vieux rock'n'roll des familles, circa 59, par Dr Frottis & The Fureteurs)