Vendredi 18 août 2006
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19:43
Il a neigé sur Yesterday
Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils se sont quittés
Le brouillard sur la mer s'est endormi
Et Yellow Submarine fût englouti
Et Jude habite seule, un cottage à Chelsea
John et Paul je crois sont les seuls
A qui elle ait écrit
Le vieux sergent Pepper a perdu ses médailles
Au dernier refrain d'Hello Good Bye
Hello Good Bye
Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils nous ont quitté
Penny Lane aujourd'hui a deux enfants
Mais il pleut sur l'île de Wight au printemps.
Eleonor Rigby aux quatre musiciens
Viennent séparement vous voir
Quand ils passent à Dublin
Vous parler de Michèle
La belle des années tendres
De ces mots qui vont si bien ensemble
Si bien ensemble
Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils se sont quittés
Penny Lane c'est déjà loin maintenant
Mais jamais elle n'aura de cheveux blancs.
Il a neigé sur Yesterday
Cette année là même en été
En cueillant ces fleurs
Lady Madonna a tremblé
Mais ce n'était pas de froid
Sept ans après la séparation des Fab Four, la fille aux yeux d'argent pleurait de froides et douces larmes sur le
passé de Manchester et surtout de Liverpool. Signe qu'elle était plus nostalgique des 4 chevelus que de leur œuvre, avouons le éternelle (alors que les chevelus étaient coupés en 4 à l'époque et risquaient d'être rapidement moins éternels pour certains d'entre eux). Pas de quoi chialer donc, même des flocons.
Mais il faut dire qu'au mitan des 70's, Maïtena la périgourdine commençait à tourner le dos à son passé, sans pouvoir s'en détacher, le cœur gros du temps présent.
Cette alors encore fan des sixties pleurait peut-être son propre passé. Folk singer de luxe, Marie Laforêt dénotait franchement de Françoise Hardy, la seule à pouvoir rivaliser dans sa catégorie de shamallow glacé (option chanson française post-yéyé). Mais plus catho qu'intello, plus emballée que blasée, plus sociale que snob, plus accessible que sophistiquée, plus sexy intemporelle qu'éternelle jouvancelle, torride plus que mignone, Laforêt, elle, a la classe mais pas la grosse tête. "Je suis la fille naturelle de Sheila et Barbara" dit-elle. Cela ne l'a pas empêchée de déconner à plein les manettes, pétant régulièrement les plombs publiquement mais si sympathiquement au grand plaisir des tenanciers de talks shows des 2000's.
Ses chansons étaient souvent des reprises up to date des folk songs de l'internationale pacifiste de l'époque, avec un fort tropisme américain (nord et sud), même si elle ne rechignait pas à la pousser de temps à autre dans la langue d'Aldo Maccione. Le son soigné enveloppait des paroles souvent trop mièvres qui vendengeaient l'amour sur des airs doux amers.
Le tout était superbement emballé dans des disques au packaging dit gatefold (qui s'ouvrait en deux parties comme un livre), pour les albums 30 cm comme pour les super 45T 4 titres jusque 1970 (18+1 merveilles avec des photos recto et verso d'anthologie). On les feuillette, on les épluche, on se tord le poignet pour saisir le disque qui s'ouvre vers la charnière intérieure pour laisser glisser une pochette cristal. Les albums des 70's sont pas mal non plus, mais les 45 commencent alors à craindre question visuel. Mais dans l'ensemble, un disque de Laforêt est quand même plus sexy qu'un Pop Hits, le hit parade chanté.
Alors quelle navrance (bon, disons quelle amertume) que fut le hit pop Il a neigé sur Yesterday, même si la rengaine de Jean-Claude Petit et consors est imparable (bien que niaise). Heureusement que l'air est plus mélancolique que les paroles de cette petite visite guidée au travers l'œuvre des Beatles.
Paroles qui sont comme une petite compilation ultime, bien que les titres sélectionnés le sont moins.
Mario Cavallero ne se fatiguait pas trop, pour sa part, dans le choix des morceaux qu'il posait dans chaque livraison saisonnière de Pop Hits, le hit parade chanté. Il prend ce qui vient, vient : les succès du moment, pour la plupart francophones (moins à la fin où l'anglais pointait son nez de temps à autres, mais rarement plus que la moitié de la douzaine de morceaux réglementaires).
Pour ce numéro 35 (1977), magnifiquement illustré par Michael Sharman, encore hamiltonien mais préfigurant déjà les 80's au néon et à l'ultra-gloss, on découvre pour une fois une tentative intéressante de Mario C : se mesurer en un seul album à de nombreuses chansons difficiles à interprèter si on n'a aucun talent (cette fois là les falsattos pour I feeel love ou pour Où sont les femmes ?, le solo de guitare pour Hotel California...). Et comme d'habitude, ça ne coupe pas : ça craint à max.
Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.
Par Mario Cavallero Jr
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Publié dans : Pop Hits, le hit parade chanté
7
et ça papote...