Internet est autant un ravissement de rencontres impromptues et revigorantes que la 11e plaie d'Égypte,
celle qui vous amène des nuées ardentes de débilos qui se croient marioles à vous coller la honte de votre vie en vous faisant croire qu'il vous apprécient par la seule preuve qu'ils vous
collent un gage taré autrement nommé tag auquel on doit répondre alors qu'on n'a perdu ni à colin-maillard, ni au loto (vu qu'on joue pas). En l'espèce, ce tag est à base de livres et de 5
questions sur le sujet.
Ne pas y répondre vous fait passer pour un goujat.
Y répondre vous brise les castagnettes et fait tâche dans la magnificence de la ligne éditoriale de votre site.
Gasp, argh et toute cette sorte de choses.
Mais l'équipe de Pop Hits, le Hit parade chanté n'est pas du genre à se faire empapaouter par le premier geek
venu se comportant comme un huissier 2.0 délivrant par comms interposés des injonctions d'écrire, alors même que ce présent site est un havre d'incertitude et de liberté,
l'oasis ultime de l'individualité hors les modes, le Pic Lenine du j'écrirai-un-billet-quand-j'voudrai-et-si-vous-êtes-pas-contents-b'en-c'est-tant-pis-vukjépaksaafout'.
Brefle, c'est pas demain l'avant-veille qu'on me collera un tag qui me fera réagir. Ah b'en ça, z'êtes pas couchés les gonzes, c'est pas à un vieux singe
qu'on append à traire des limaces. Ha ha ha ! qu'on se le dise !
Nan mais.
Y s'croient où ?
ha ha les nuls...
...
1. Le dernier livre que vous ayez acheté et terminé.
(C'est la question du tag, vous excitez pas, en fait c'est à moi que ça s'adresse, mais faut y répondre en remettant la
question comme si qu'on était interviouvé par le gonze avant Soir 3 là).
Faudrait pas croire, mais c'est par un extraordinaire hasard que ce tag va recevoir une réponse favorable en ce lieu, puisque le dernier livre que j'ai acheté
(et Dieu sait (ainsi que mon comptable) que j'achète des tonnes de bouquins et qu'il y avait peu de chances que ça tombe pile poil) est
de ceusses que j'aimerais bien lire plus souvent, même si j'aurais des tas de choses à en dire en moyen, mais on va dire quand même qu'il m'a plu vachement (ça aidera à l'exercice que je ne
soye pas trop exigeant non plus).
Eros vinyls est ainsi le dernier opuscule (dans le sens œuvre mineure) dont j'ai fait
l'aquisition. Le tout dernier, juré, craché (je peux même montrer la facture que j'ai là, sur mon bureau). Aussitôt eu, aussitôt lu, et ça tombe bien (vu qu'il s'agit là de l'inquisition du
jour : acheter et lire intégralement). Donc Eros vinyls est prêt à la présentation, que le tag nous invite avec force synopsis à destination des crétins qui manqueraient de
pédagogie pour la faire ressembler en 5 points à l'une de ces chroniques de lecteurs que nous chérissons tous de blogs en blogs, de cette parole si vraie et sincère de vrais lecteurs
partageant leurs passions de lecture par-delà les biais du marketing nous forçant à nous taper Ana Gavalda, alors que franchement, hein, ça vaut pas Muriel Barbery.
Mais, comment dire, ça va être un chouia difficile à résumer efficacement (le pitch bon sang : le pitch !), et comme les images de la couverture illustrent
assez justement le contenu de l'ouvrage, je vous en laisse juges :
Aaah, c'est clair, non ? vous avez enfin la preuve que Pop Hits n'est pas un work in progress d'artistes border line mais bel et bien est un site de
cochons.
Et comme vous aimez ça, malheureux, je ne vais pas esquiver votre désir d'en savoir plus. Ainsi,
lorsqu'on me demande ensuite dans le tag, dont on prend note ensemble de la seconde injonction :
2. Quel est le livre que vous êtes en train de lire ? Qu'en pensez-vous pour l'instant ? Quelle est la phrase qui se trouve à la ligne TREIZE de la
page QUARANTE-DEUX (parce que c'est important, 42) ?
Eh bien, je me permettrai de ne pas citer la page 42 du Cahier de Sciences et Vie sur L'invention de l'écriture, qui occupe mes
soirées, mais je nous enfouraille dérechef dans ce Eros Vinyls, vu que j'ai peur que vous croyiez que c'est du flan, et que je n'ai pas acquis cet ouvrage et que je serai bien en
peine de vous en citer la page 42.
Or, donc, la voici, difficilement scannée (le bouquin est grand et fragile, donc je fais gaffe et préfère fournir ça) :
Tadam !!!
Bon, d'accord, pas facile facile d'en extraire une quelconque ligne hors les titres de chansons, et encore moins une 13e. Aucune ligne, et pourtant c'est
une femme de plume, convenons-en.
Bien, c'est fini ? Comment ça non ? Encore une question ? Bon, ok, mais comme on ne change pas une équipe qui perd, à la triple interrogation :
3. Choisissez l'un de vos livres favoris, quel est-il ? Pourquoi fait-il partie de vos favoris ? Quelle est la dernière
phrase qui se trouve à la page 65 ?,
je me garderai bien de m'échapper du suscité recueil de couvertures affriolantes d'œuvres phonographiques pressées dans un amalgame plastique, et je vous
verserai comme pièce à conviction que la page 65 ancre délibérément le genre dans le domaine de la musique moderne pour jeunes, eu égard au caractère fort juvénile et bruyant des-dits
Cramps.
D'abord on regarde la réduction du scan tout naze que j'ai fait de la page :
On notera par surcroît que cette même reproduction d'illustration pour l'album Smell of female (pas particulièrement le meilleur) révèle que le duo
musical savait aussi s'investir graphiquement, Poison Ivy posant ici sous l'œil de son coquinou de Lux Interior de conjoint et
collègue, également concepteur graphiste du résultat.
On nous demandait au passage pourquoi cet ouvrage fait partie de nos favoris, mais nous préférons garder secrètes tant nos motivations culturelles que nos
mycoses rectales.
C'est garanti par le 5e amendement, alors hein, bon.
4. Quel est le dernier livre que vous avez lu et pas vraiment aimé ? Pourquoi ?
Oh la ! C'est pas fini ?
Bon, d'accord, alors j'élargis le champ, vu que peu de jours avant l'achat précédent, je faisais l'aquisition d'un autre livre tout aussi tourmenté (quant au
surmoi de l'auteur, parce que le contenu, ne nous affolons pas tout de même).
Laissez moi faire d'abord les présentations :
"Chouette", me direz-vous, un autre recueil de merdes.
Je vous signalerai au préalable que je n'ai pas particulièrement besoin de ce genre de bouquins (même si je vous en propose d'autres infra dessous là en bas
si vous scrollez down un peu cette page) pour découvrir des pochettes de disques craignos, kitchs ou simplement illustrées avec un sens artistique un
tantinet sous-dimensionné, puisque j'en achète suffisamment chaque mois pour m'en rassasier la libido par dessus le scrotum, et aussi que j'en découvre des milliers
d'autres par la magie de crétins dont le pervers plaisir est d'exposer leurs propres collections aux yeux les moins avertis (rha les gros nuls). Si vous ne me croyez pas, c'est que vous ne
visitez pas suffisamment les liens dans la colonne de gauche commençant par CC (non, ça ne signifie pas Casse-Couille, mais je vous remercie d'y avoir songé).
Revenons à ce britannique Album covers from the vinyl junkyard (qu'on traduira approximativement par l'album des pochettes de disques de
merde). Dans cet ouvrage que j'ai acheté d'occasion (vu que je l'avais feuilleté, je savais que le prix du neuf serait forcément exhorbitant), on retrouve grosso-merdo la plupart des
styles pourravos présents dans les pages de Pop Hits, mais plutôt versant anglo-américain, avec quelques extraits venus du vieux continent. Au finale, pas que du grivois, donc, mais aussi
des choucroutes hideuses, des freaks, des poses ridicules, des graphismes ignobles et plus globalement des injures au bon goût des plus délectables.
Alors, pourquoi se plaindre ? Eh bien, outre que je fus assez déçu de connaître la plupart des pochettes, la qualité des reproductions est pitoyable : les
scans ont été faits trop verts et ternes (je peux comparer avec des originaux), la mise en page privilégie de petites vignettes sur de grandes pages blanches, ce qui est frustrant pour des
repros de pochettes originellement de 30 cm sur un bouquin pourtant assez grand (24x24 cm), quelques rares commentaires très subjectifs et pas très marrants, enfin bon, pas de quoi crever de joie les yeux d'un enfant de 4 ans.
Et pis, en poussant un peu ma déception, cela me permet de répondre à une 4e question de ce tag franchement pénible (croyez-vous que je n'ai pas d'autres
choses plus passionnantes à faire ? Hm ?).
5. Quelles sont les 5 bloggeurs à qui vous passez le relais et pourquoi ?
Oh, je ne suis pas du genre à punir les gens, mais je ne sais pas pourquoi, le système pénal états-unien m'intéresse foutrement
dès lors qu'il cumule les condamnations, ce qui nous amène des voleurs condamnés à 240 000 ans de prison, voir des traders à 20 mois de privation de carte bleue.
Eh donc, je punis du tag suivant (car ui, j'ai décidé de le transformer, vu que j'ai grillé ma fin de dimanche après-midi) le blogueur suivant :
le tag :
Écrire un article réellement élogieux (pas dithyrambique, non, juste qui met essentiellement en avant de nombreuses qualités) de U2 ou d'un album
d'iceux-ci.
la victime du tag :
Mais tout ça, bien évidemment, personne n'ose le lire.
et me permets de préciser respectueusement que "junkyard" se traduirait plutôt par "décharge", ce qui est nettement moins élogieux ;-)
Mais ça bien sûr, personne n'ose le dire.
"Revenons à ce britannique Album covers from the vinyl junkyard (qu'on traduira approximativement par l'album des pochettes de disques de vide-greniers, les anglo-saxons ayant la manie de vider leurs merdes directement devant leur maison sur leur pelouse (junkyard, donc) en espérant les vendre (ui, comme dans Toy Story 2, c'est bien devant, je vois que certains suivent), les continentaux préférant se réunir à jours réguliers pour partager en de dominicaux usages du domaine public les bouses qu'ils n'osent plus garder, de peur d'avoir à les jeter ou pire, à les donner). "
Bon, la nouvelle version, plus concise est néanmoins plus juste. Merci chers lecteurs.
Sur la photo, je tiens à dire qu'aucun animal n'a subi de sévices ou toute proposition malhonnête durant la rédaction de ce billet.
Y compris moi.
Enfin je crois.
A la première lecture, shame on me ! tellement l'histoire de Christophe est excellente !
A la deuxième lecture, fier d'avoir inscrit Christophe dans mes "blinks" dès l'ouverture de Libellus.
A la troisième lecture, je regarde le lien menant à la victime :/
Unprintable, you unprintable son of your unprintable mother !
[d'après une édition "Penguin" de For whom the bell tolls - authentique ! je me suis même demandé, j'avais dans les seize ans, ce qu'Hemingway voulait dire, un sens caché de "unprintable" ?]
U2, c'est un des derniers artifices du grand reich ?
Ah non ! c'est le latin, je confonds les U et les V.
Et il faut que ce soit réellement élogieux ?
Bon ! le 50-50, ça ne donnera rien, l'avis du public sera partagé, je n'ai pas droit au joker qui fait passer à une autre question, j'appellerai un ami, de la famille.
_ Allo, P.E. ? Lou est en difficulté, il vous pose la question
_ P.E., qu'est-ce que je peux dire de réellement élogieux, pas dithyrambique, non, juste qui met essentiellement en avant de nombreuses qualités de Hue Deux ?
_ Tu as [loudspeaker on mute]...
_ Génial !
Alors, voici ! et c'est mon dernier mot, Christophe !
Le pire est toujours certain.
J'ai craqué.
J'ai commandé le machin.
J'ai eu une enfance difficile, de mauvaises fréquentations et ma vieillesse, elle, est incertaine.
Et puis, Bernard Marcadé, lui, n'est pas un farceur.
Sur la page "panier" (ça ne s'invente pas !), on me conseille :
Les clients ayant cherché Eros vinyls : Histoire de l'érotisme à travers 60 ans de vinyles ont également cherché : ... Bienvenue chez les Ch'tis - Edition preCH'TIge 2 DVD
Retenez-moi, je vais casser --- du ch'ti !!!
Chère Hildegarde, seriez vous des Glauk par Countess ou des Glott par Ulrika ?
J'ai reçu Eros Vinyls. Pas déçu !
Mentions, entre autres.
A Roger Waters, p. 184 : elle est nue au bord d'une route et elle n'a même pas enfilé le Borloo... le triangle, on ne le voit pas, elle est vue de dos.
A Jo Jo Gunne, pp. 190-191 : on dirait presque un Wim Delvoye, encore un Belge, mais chez l'artiste, ce sont les porcs qui sont tatoués - j'en ai vu deux, dans les années '90, au FRAC des Pays de la Loire, ils étaient tatoués de cartes géographiques imaginaires, à la manière de Wim Delvoye et protégés d'un sort charcutier avant l'heure de leur mort naturelle (pour collectionneurs patients).
D'ailleurs, des pochettes des 60's-70's, avec des minettes moins girondes sont présentées sur quelques une des pochettes cheese cake les plus fameuses autour de 1970.
Pour le waters, en tant que fan de PF, je m'étais jeté dessus dès que je sus, un peu gêné quand même de ramener ça à la maison, de peur que ma mômon ne trouve que son fils n'était qu'un sale pervers (culpabilité chrétienne bien classique, alors que ma vie d'adulte a prouvé qu'il n'y avait aucune crainte à avoir en la matière).
en tout cas, content de t'avoir donné envie de commander et de lire ce livre. Celui consacré aux vinyls rocks est plus classique (mais classieux), et celui consacré aux yéyés est magnifique.
très belles repros en tout cas, grande diversité des thèmes, intros courtes mais pertinentes pour le rubriquage, que du bon.
Je me suis bien marré à la lecture... Et surtout ces premières lignes sur les tags, véritable fléau des blogs en effet (pas de second degré ici)...
Bravo, en tout cas, d'avoir relevé le défi...
mais est-ce si loin des marroniers de la presse magazine?
Bravo mon Christophe et merci pour mes abdominaux. Après 3 mois de bombances kurdes, mon ventre t'es reconnaissant de briser mon laisser-aller.