kézakoi ?

Pop Hits, le hit parade chanté, c'est 10 ans, 54 albums vinyl (et quelques musicassettes), 634 reprises de chansons et quelques inédites, les pochettes les plus cheesecake de la galaxie, la qualité française aux éditions Musidisc International, une quintessence musicale orchestrée, dirigée et digérée par le Ray Conniff hexagonal, Monsieur Mario Cavallero en personne : c'est Pop Hits, le hit parade chanté.
Hmmm !!!
English version below
Mode d'emploi

les pochettes !

et pis y a ça :

mais c'est où ?

english spoken

This web site is dedicated to a french series of cover compilations of "hits" during the 70's : Pop Hits, le Hit parade chanté. Songs of the moment (the best and the worst ones) were badly covered by Mario Cavallero, his orchestra and his singers. The seasonal productions were magnificaly packed into cheesecake covers. In fact, the main (only ?) interest of this site. Check out in priority our Des pochettes section to watch and enjoy this artwork, climax of the french touch.

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Lundi 25 décembre 2006
Equinoxe 5

Tutoututoutou Touutouuu
Tuutuutou toutoutou
Toutututututu

Toutututututu 
Toutututututu

Toututoututoututoutu Toutu
Toututoututoututoutu Toutu

Tou tutututututu
Toutututututu
Toutututututu 
Toutututututu

Toututoututoututoutu Toutu

Toututoututoututoutu Toutu


Tou tutututututu
Toutututututu
Toutututututu 
Toutututututu

Toututoututoututoutu Toutu
Toututoututoututoutu Toutu


Tou tutututututu
Toutututututu
Toutututututu 
Toutututututu

Toututoututoututoutu Toutu

Toututoututoututoutu Toutu

Tou tutututututu
Toutututututu
Toutututututu 

Toutututututu


Toututoututoututoutu Toutu

Toututoututoututoutu Toutu


Tou tutututututu
Toutututututu

Toutututututu 
Toutututututu

Toututoututoututoutu Toutu

Toututoututoututoutu Toutu

Les plus grandes chaînes HiFi de France des cadres commerciaux d'IBM et de CII Honeywell Bull ont tourné à fond de ballon dans le living de leurs pavillons des zones résidentielles des Yvelines et autres Alpes-Maritimes pour tester leurs toutes nouvelles enceintes Cabasse dont le rendu des tweeters tintait comme du Baccara sur les bass-reflex vrombissant derrière le Ligne-Roset en cuir de chameau pleine peau sur cette musique des années 2000 produite par le jeune prodige de l'avant-garde musicale française, rejeton du grand compositeur des musiques de Samouraï et autres Oiseaux se cachent pour mourir où cabotinait le sémillant Richard Chamberlain en vieux premier, Maurice Jarre, père de  l'énervogène Jean-Michel.

La grande époque du Sicob, salon de l'informatique sis au moderne CNIT de la futuriste Défense (ou le contraire, je ne sais déjà plus, la tête me tourne devant ce grand bond dans l'excellence tri-millénarienne), privilégiait l'électronique comme forme suprême de l'avenir artistique, qu'il soit graphique, cinématographique, télévisuel et bien entendu musical. L'archange Jean-Michel Jarre fut  le messie de ce genre  qui, via  les systèmes 4 voies Blaukpunkt equaliseur graphique radio 4 bandes musicassette, remplit l'espace intérieur des break Volvo v70 et autres R30 V6 injection bordeaux.

La magie instrumentale passait par
ces drôles d'orchestres sur circuits imprimés dont on ne pouvait douter de la fiabilité eu égard les millions de potards qui en couvraient les consoles de commande, comme cet ARP-2600 dont usèrent et abusèrent Jarre, Tangerine dream et autres Vangelis, à la fois le Philharmonique de Berlin et HAL réunis dans 26 kilos de carbonite, métallure et moleskine pour faire top-moumoutte dans le studio du château d'Hermenonville, inséré dans un très pratique flight-case malheureusement livré sans les 8 roadies moustachus nécessaires pour le placer à côté de ses 27 congénères transistorisés sur scène.

La scène en effet car c'est là que l'horripilant JMJ a conquis les foules qu'ils n'a eu de cesse de convoquer toujours plus nombreuses aux frais de tous les contribuables de la planète dans des shows aussi mégalomanes que ses clips à coups d'harpe-laser, projections laser, couscous laser et autres tulututu beuglés par des sonos à faire passer Hiroshima un 6 août pour un caisson acoustique zen. Juché sur scène, invisible par les millions de spectateurs en dépit des projections de sa tronche de benêt réjoui sur les gratte-ciel de Houston ou les pyramides de Gizeh, le golden boy de la symphonie électronique pour VRP de chez Manufrance a construit son mythique portrait en pied en triturant trois mi et un sol sur sa guitare synthé avec laquelle il s'affranchissait de la pesanteur des instruments diplodociens dont il programmait l'enveloppe adsr et le vcs sur les mystérieuses courbes de l'analogie électronique.


Aussi agaçants mais non moins passionnants furent les autres figures du futur, fumures métaphysiques sous la forme d'une troublante paire mal gémellisée au patronyme aussi russophone que cosmique qu'étaient Igor et Grichka Bogdanof. Bien avant leurs controversées et fumeuses thèses des années 1999 (Fluctuations quantiques de la signature de la métrique à l'échelle de Planck pour Grichka) et 2002 (État topologique de l'espace-remps à l'échelle 0 pour Igor) décomplexifiées dans l'approximatif et super bouquin Avant le big bang, alors qu'ils arrivaient encore à maîtriser leurs excroissances maxilaires aujourd'hui hypertrophiées avant l'expulsion imminente de je ne sais quelque Alien monozygote, le binôme présentait l'émission Temps X, alpha et oméga de la vulgarisation de pacotille de la science et de la fiction. Devant le télévisuel spectacle sabbatique, pré-pubères et post-pubères de cariotype XY achevèrent de bâtir leur imaginaire d'un monde plus neuf et plus vrai, un pied dans le futur et l'autre jambe dans des babygros argentées post-Battlestar Galactica que même l'URSS ne voulait pas comme pyjamas pour ses cosmonautes dans leurs froides nuits miresques. François de Closets était le prophète du modernisme, les Bogdanov en furent les messies sur une bande-son de Jean-Michel Jarre.

Mais foin de combinaisons et brushings stellaires, la réduction de Jarre à l'électronique serait un juste procès s'il n'était nonobstant la partie émergée d'un iceberg riche de qualités musicales dont nous ne saurions développer les différentes branches tant de plus compétents que nous se sont décarcassés tels les Pères Ducros du Bontempi. Oh, pas que nous ayions la flemme de nourrir nos insatiables lecteurs de charmantes storiettes sur ces gonzes qui se sont crus malins depuis 80 ans à faire croire qu'une boîte maronnasse qui bilibilip valait bien une viole en aulne qui trille.
D'ailleurs, sérieusement, pouvons-nous répudier en toute sincérité ces pionniers sans qui on ne pourrait aujourd'hui télécharger des sonneries Crazy frog à 1,54 euro hors tarif SMS ? Comment ferions-nous pour patienter aux standards des plus grands services téléphoniques du monde (je dis bien : du monde !) sans la subtile reprise numérique du printemps vivaldien au Casio PT-20 ? Serions-nous aussi fiers de notre société occidentale sans le ballet de ces petits singes roses à roulettes vrillant les couloirs de correspondance des métros européens de l'air de la lambada en clignottant et virevoltant en des 8 chaotiques aux pieds d'un vendeur de gadgets en provenance du sous-continent indien (le vendeur, pas les gadgets qui sont eux singawaïnais du sud) ?

Alors Jarre vaut bien un hommage du grand Mario dans ce volume 44 de Pop Hits, le Hit parade chanté. Aucun des chanteurs du-dit Mario ne s'est pourtant risqué au jeu du grand ridicule sur la reprise de ce morceau sans paroles dont nous avons toutefois humblement tenté de rendre par l'écrit littéral l'effet cosmique de l'Oeuvre jarrienne. De facto, l'interprétation mariole, bien que courageuse et aux sonorités bien trouvées, est largement plus lamentable que la moyenne des différentiels original-reprise pophitisenne, eu égard sûrement moins à la carence en matos de pointe de pépé Cavallero qu'à sa technique au clavier, plus doué aux arpèges sur Hammond qu'à la prog sur Oberheim, les nerds comprendront et les autres feront semblant.

Était-ce alors inéluctable que Mario ne susse honorer Jean-Michel autrement que par ces pathétiques bup-tututubup qu'on croirait exécutés au cornet à piston électrique ? Eh ben non ! Ca vous en bouche un coin, hein ? Car oui, Jarre n'est pas seulement un immense compositeur doublé d'un interprète hors-pair : il est aussi un parolier de génie. Certains liront quelque sarcasme dans la précédente sentence alors qu'il n'en est point dans son second membre traitant de la qualité de librettiste indéniable chez JMJ, tout au moins une fois dans sa vie, au service du grand
Christophe et de la musique que le moustachu jetta sous ses Mots bleus. Que Dieu me bio-ionise les neurones si je m'en serais douté que Jean-Michel écrivit aussi bellement ! Jugez-en sur pièce plutôt que de glousser comme des pucelles demandant un autographe à Patrick Juvet :

Il est six heures au clocher
de l'église
Dans le square les fleurs poétisent
Une fille va sortir de la mairie
Comme chaque soir je l'attends
Elle me sourit
Il faudrait que je lui parle
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Parler me semble ridicule
Je m'élance et puis je recule
Devant une phrase inutile
Qui briserait l'instant fragile
D'une rencontre
D'une rencontre

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je l'appellerai sans la nommer
Je suis peut-être démodé
Le vent d'hiver souffle en avril
J'aime le silence immobile
D'une rencontre
D'une rencontre

Il n'y a plus d'horloge, plus de clocher
Dans le square les arbres sont couchés
Je reviens par le train de nuit
Sur le quai je la vois
Qui me sourit
Il faudra bien qu'elle comprenne
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus

Les mots qu'on dit avec les yeux
Toutes les excuses que l'on donne
Sont comme les baisers que l'on vole
Il reste une rancoeur subtile
Qui gâcherait l'instant fragile
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Une histoire d'amour sans paroles
N'a pas besoin du protocole
Et tous les longs discours futiles
Terniraient quelque peu le style
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je lui dirai tous les mots bleus
Tous ceux qui rendent les gens heureux
Tous les mots bleus

Tragique musicalement (il s'agit d'ambiance, pas de l'effet, ne me faites pas dire ce que je ne saurais penser), cette chanson l'est aussi par la subtilité des mots, pas si roses que le succès populaire pourraient faire croire, et dont on saurait difficilement saisir au premier abord les paradoxes cachés comme autant de palimpsestes du mitan d'une décennie ambiguë. Certes, l'interprétation  teintée d'amertume
de Christophe joue pour une part de morfal dans la beauté de la chanson, transcendée dans sa désespérance par l'appropriation qu'en fit 4 lustres après Bashung pour une face B qu'on retrouva avec bonheur dans une compilation de qualité, comme quoi on n'est pas obligé de pondre du Pop Hits à la chaîne pour savoir reprendre les airs des autres.

Alors quoi : Jarre Jr ne serait-il doué qu'exceptionnellement ? On ne peut en douter à l'écoute des nombreuses autres chansons où il a
collaboré, souvent à la plume mais pas que, notamment pour le vibrant Patrick Juvet avec qui notre vibrionnant claviériste a coécrit un bon paquet de daubes et quelques bijoux dont il ne serait pas exclu qu'on en traite donc quelque réinterprétation pophiette un de ces quatre ou le lendemain.

C'est quand même pour sa musique électronique, inaccessible pour Mario Cavallero, que Jarre fit sa réputation et la gloire du synthétiseur dans le monde entier, on croit rêver. La muséologie la plus chic comme la plus geek
garde d'ailleurs des traces des contributions de ces synthétiseurs analogiques sur lesquels Jarre picota ses trululu de ses longs doigts de fifils à Maurice parmi une collection dithyrambique à faire palir d'envie le dernier des nerds et votre serviteur de conserve, ah le sagoin de gosse de rupin.

Car non content de se ravir de musique électronique du meilleur comme du pire accabit, le maître breugueur de céans qui vous cause ici dans le poste tomba sous le charme des bidouilleries sonores très tôt au point de se la pêter tout gamin en acquérant avec les économies de 3 ans d'anniversaires, Noëls et autres petites souris le premier synthétiseur analogique compact du monde (oui, vous avez bien lu : du monde !), une proto-merde monophonique de 14 kilos connue sous le doux nom de SH 1000 dans la prestigieuse famille électroniponne Roland et dont mon exemplaire ne dépassa que rarement des harmoniques plus évoluées que la ligne de dialogue musical de Rencontre du troisième type, au grand dam de mon entourage plus horripilé par le zinzin qu'attristé par mon incapacité à m'élever au rang d'artiste comme mon maître Jean-Michel Jarre, au risque que, du haut de ma petite taille et frustré de cet échec créatif, je ne devienne une crapule politique complètement excitée, facho et qui veux à tout prix prendre le pouvoir, comme... b'en comme Hitler tiens.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.


par Mario Cavallero Jr publié dans : pophits
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Vendredi 8 décembre 2006
J'ai encore rêvé d'elle

J'ai encore rêvé d'elle
C'est bête, elle n'a rien fait pour ça.
Elle n'est pas vraiment belle,
C'est mieux, elle est faite pour moi.
Toute en douceur,
Juste pour mon coeur.

Je l'ai rêvée si fort
Que les draps s'en souviennent.
Je dormais dans son corps,
Bercé par ses "Je t'aime".

Si je pouvais me réveiller à ses côtés
Si je savais où la trouver
Donnez-moi l'espoir
Prêtez-moi un soir
Une nuit, juste, pour elle et moi
Et demain matin, elle s'en ira

J'ai encore rêvé d'elle
Je rêve aussi
Je n'ai rien fait pour ça
J'ai mal dormi
Elle n'est pas vraiment belle
J'ai un peu froid
Elle est faite pour moi
Réveille-toi.

Toute en douceur
Juste pour mon coeur
Si je pouvais me réveiller à ses côtés
Ouvre tes yeux, tu ne dors pas
Si je savais où la trouver
Regarde-moi
Donnez-moi l'espoir
Je suis à toi
Prêtez-moi un soir
Je t'aime
Une nuit, juste pour elle et moi
Et demain

Enfin je vais me réveiller
Je t'attendais, regarde-moi
À ses côtés, c'est sûr je vais la retrouver
Ouvre tes bras
Donnez-moi un soir
Je suis à toi
Laissez-moi y croire

Une vie juste pour toi et moi
Et demain matin, tu seras là.


Haa, Joëlle... Si Sheila était la fille des Français, Joëlle Mogensen, suave beugleuse du groupe proto-pompidolien Il était une fois, en était la fiancée.

Lead singer charmeuse d'un des rares groupes pop à l'anglaise de la France des 70's, Joëlle ensorcelait les imaginaires de toutes les générations et de tous les sexes, ce qui n'est pas peu dire si on a l'esprit un tantinet agile.

Icône populaire, blonde filasse mignonne et imparfaite où il faut comme il faut pour être suffisamment accessible pour les jeunes femmes qui s'y croyaient et les hommes itou mais plus quand même, Joëlle aurait pu poser pour les pochettes de Pop Hits, le hit parade chanté, et certaines de ses tenues d'époque 100% bennyhilliennes sieyaient autant que ses poses à l'esprit de la grande collection. Pull au ras du moteur, bottes glitter, corsage bouffant translucide lavé avec Coral qui garde tous les textiles modernes plus frais plus propres, short tellement moulant qu'elle pouvait le garder chez le gynéco sans qu'il n'en rate une miette au cas où la Jojo aurait fait des choses croquignolettes avec son parisien-cornichon, j'arrête là sinon ça va syncoper dans le public. La panoplie complète quoi.

Michel Laguens a du être jaloux de ne pas l'avoir fait poser. On retrouve d'ailleurs chez un des mannequins fétiches du grand illustrateur de galettes cheese-cake une troublante ressemblance, sosie dont le nom nous échappe et ce n'est pas faute d'avoir fouiller tous les bacs poussiereux des Trocs de l'île et cartons de disques à 1 € de France et de Bavière et racheter les stocks de compilations à la tonne dans un but historiographique dont personne ne doute mais alors là personne dans le but unique de voir apparaître enfin acollé au crédit du photographe le nom de la blonde, au cas où.

Mais trève de glose sur la plastique mogensennique et de ses clones, c'est une autre histoire, nous y reviendrons incessamment. D'ici-là, il serait temps de s'attaquer au plat de resistance, à la musique et aux paroles de J'ai encore rêvé d'elle, parce que tout le monde attend impatiemment qu'on rende hommage à ce monument que Mario Cavallero a lui-même honoré dans son tome XXI (ça jette quand même plus qu'opus 21) de Pop Hits, le hit parade chanté par Mister Mario Cavallero himself, enfin pas que parce qu'il se trimballe toujours son orchestre et ses chanteurs, dont Lili Montès avec qui Mario l'a poussée. La chansonnette. Vous suivez ? Bon d'accord, on y va :

Ayayay la vie de ma mère ces paroles ! Torrides et pourtant cérébrales, le lacanisme en bandoulière et la lessive dans le sac à dos, elles portent la sexualité au paroxysme de la normalité, du banalissime, du quotidien puissance 7, comme une plongée dans l'hyperréalisme de la vie sentimentale au pays des pattes d'eph et des chemises en lycra. Cyniques ou sincères,
elles accrochent et dérangent parce qu'elles sont crédibles dans leur médiocrité et leur possibilité. Notre héros qui conte ses émois à la première personne a "encore rêvé d'elle / C'est bête, elle n'a rien fait pour ça". Bel aveu de la simplicité de l'amour naissant qui se passe d'éclairs tonitruants et de regards pénétrants au travers les foules de halls d'aérogares pour se concentrer sur l'imparable, le basique, les fondamentaux aurait dit Charles Bietry : l'étrange et pénétrant, quasi proustien, l'onirique moite et incontrôlable, le transgressif des barrières raisonnables par-delà le sommeil paradoxal et ses déroutements de la conscience maîtrisée vers les chemins tortueux de l'activité corticale délivrée des schèmes sociaux et enfin pilotée par une paire venue du fond des braies : bref, le fantasme refoulé.

Les coucougnettes ont pris le pouvoir, et on n'aurait pu croire qu'elle fut si désirable, presque comme si elle faisait même tout le contraire pour qu'il ne songe jamais à elle. Mais paf ! c'est rapé. En plus, la nature ne l'a pas gâtée,  "
Elle n'est pas vraiment belle" quoique ça arrange le mec puisque "C'est mieux, elle est faite pour [lui]". On semble nager en plein romantisme, elle est "Toute en douceur / Juste pour [son] coeur" mais on baigne dans le rousseauisme le plus pur, que même Lévi-Strauss il n'en a pas trouvé des comme ça chez ses Papous et autres Zoulous alors que c'était là, sous notre nez, Brel le savait bien lui. C'est puissant comme la force des sociétés paysannes où femelles et mâles s'acceptaient comme ils étaient, simplement, sans chichis. On se mariait puis on s'aimait. C'était simple, c'était comme ça. Et vas-y que je te repeuple la France.

Mais le giscardisme faisait à peine oublier le pompidolisme que la modernité de cette société des R 16 et des chaînes hi-fi bouleversait le mol ordonnancement du pré-coïtus. Sont-ce les trépidations du premier choc pétrolier ou bien l'effondrement des Lip, les dos nus de Mireille Darc ou les crânes
d'oeuf de notre duo de l'exécutif, toujours est-il que Serge Koolen, fugace musicien d'accompagnement de Polnareff avant de se faire lourder par le blondinet lunetté entré en dépression après une tournée délirante mais musicalement exécrable en 1970 puis de Dick Rivers après la fermeture de sa boîte à tubes, pathétique parolier et chanteur de J'ai encore rêvé d'elle, compagnon à la ville comme à la scène de Joëlle pendant 9 ans, et qui chaussait du 41 mais un peu large, Serge truc donc pose le semi-quatrain qui bouleversa une génération de post-pubères en cols pelle-à-tarte : " Je l'ai rêvée si fort / Que les draps s'en souviennent" vite suivi d'un "Je dormais dans son corps". Doux Jésus, Sainte Branlette, que se passe-t-il donc ? Le service en 140x220 offert par tantine Huguette, celui avec les rhododendrons oranges et violets, celui-là même qu'elle lui commanda aux Aubaines pour son emménagement à Limoges où il allait passer sa capacité de droit reclus dans un garni du quartier Saint-Guy-Lux, zouip splash ! en un coup de cuillère à pot, le voici de sa semence maculé par l'influence d'une réminiscence nocturne.

La France a peur. Elle se réveille engluée du bassin dans une toile imprimée 73% polyamide, 27% polyester. RTL crache l'horreur évadée des turpitudes noctambules. Quand le grand Rochefort rêvait de la fille en rouge à travers les translucides cloisons d'un open-space du 17e étage, Il était une fois la médiocrité faisait éjaculer en mi, sol et ré. Pourtant, nulle censure mais l'encensoir pour la bluette beuglée par la belette et ses blaireaux. Des ondes jaillirent le canon qui scisaille les tympans à coups de
"Siii-je-pou-vaiiis-me-ré-ve-illeeer" exécutés au falsetto mécanique masculin et autres répons "Ou-vre-tes-yeux, -tu-ne-dors-paaaa-ahahaas" exterminés à la chignole électrique féminine. L'air est inexpulsable une fois qu'il s'est frayé un passage au travers les pavillons auriculaires jusqu'au cerveau le plus reptilien qui la fait ensuite virevolter tel un Derviche collant par la force centrifuge aux parois de nos crânes d'homo sapiens sagrince.

Ce que cela a pu emballer sur cette ballade un million de fois vendue ! Combien furent humectés d'yeux, de lèvres et tutti frutti ! Les idoles glamour de la France de ce printemps 75 vont gonfler autant les esthètes germanopratins que les statistiques de la natalité de 76. Bien des années après,
cet antagonisme amoureux porté en chansonnette déchirante interroge les tréfonds de notre société. Les Frères Taloche ont tenté médiocrement d'expliquer la gestuelle cachée derrière. Aujourd'hui, après les reprises merveilleuses de Peter & Sloane, de la Star Ac' ou de Pierpoljak, des milliers de karaokés et playbacks font compisser la jeunesse française du XXIe siècle, preuve étant du caractère intemporel de la création musicale hexagonale du mitan des 70's, et des textes surtout, nondudjuu, des textes !, n'en déplaise à certains esprits chaffouins et autres modernistes à tout crin.

Du couple si commun mais si bandant, Joëlle donc tira la couverture à elle, quand elle ne la rejeta pas devant quelques lentilles nikoniennes.
Quelques années avant sa mort tragique par  un oedème pulmonaire dont on se gardera bien d'expliquer la cause par une quelconque over-dose d'héroïne nullement démontrée et sans fondement éthique, Joëlle fit dans une revue de droit médical un cours de violoncelle peu baweuresque mais peut-être plus efficace en fin de compte. Je ne sais pas, je préfère le triangle.

Difficile pourtant de ne pas douter des compétences musicales de la Jojo dont il fallut recalibrer la vitesse de défilement de l'enregistrement de sa voix sur J'ai encore rêvé d'elle pour qu'elle nous éreinte l'ouïe le plus justement possible à moins d'un demi-ton pour que ça ne s'entende pas trop. Alors de là à recevoir des leçons de corde par une fille sans string, laissez-moi m'étrangler, non en fait ne me laissez pas.

Décidément, difficile d'éviter toute souillure séminale du linge de maison en contant Il était une fois.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.




 .
par Mario Cavallero Jr publié dans : pophits
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