Dimanche 26 novembre 2006
Love to love you babyI love to love you baby...
When you're laying so close to me
there's no place I'd rather you be
than with me here
I love to love you baby...
Do it to me again and again
you put me in such an awful spin
in a spin
I love to love you baby...
Lay your head down real close to me
soothe my mind and set me free
set me free
I love to love you baby...
When you're laying so close to me
there's no place I'd rather you be
than with me here
I love to love you baby...Do it to me again and again
you put me in such an awful spin
in a spin
I love to love you baby...
I love to love you baby...
I love to love you baby...
Love to love you baby baby...
I love to love you baby...
When you're laying so close to me
there's no place I'd rather you be
than with me here
I love to love you baby...
Do it to me again and againyou put me in such an awful spin
in a spin
I love to love you baby
Lay your head down so close to
soothe my mind and set me free
set me free
I love to love you baby
When you're laying so close to me
there's no place I'd rather you be
than with me here
I love to love you baby
Bon, comme ça, à lire, c'est beaucoup moins chaud que la version originale par Donna Summer en 75. Et encore ! Vous n'avez probablement pas entendu la version cavalleresque hahannée par Lili Montès, fidèle d'entre les fidèles du grand orchestre de Mario C.
On dit de ce morceau (celui d'origine) que c'est un classique des classiques. Or, si c'était un classique, on parlerait donc de musique classique. Comment conter alors l'histoire de ce tube disco dans un univers classique ? Ce serait ridicule. Bon, si on essaye quand même, ça donne à peu près ça (avec l'aimable autorisation de notre collaborateur DJ Cyberdog qui hébergea cette navrante storiette naguère) :
Giorgio Moroder était KapelMeister dans les faubourgs de Munich, près d'un fort de mousquetaires venus du nouveau monde. L'une des donzelles d'un spadassin, venue le rejoindre dans les contrées germaines, le quitta pour un repriseur de hallebardes teuton (en fait autrichien mais il avait quand même un sale accent boche), du nom de Helmut Sommer, ça ne s'invente pas.Herr KapelMeister remarqua la jeune épouse dans une vèpre un peu chaude consacrée à la capilarité ébouriffante et très en vogue à l'époque où LaDonna (car tel était son nom de baptême) officiait dans la langue de l'inspecteur Derrick au sein d'un choeur des vierges supportant avec force démonstrations aérienne du sacrum un castrat pathétique qui louait die Caaaaliiiifoooorniiiiieeee. Giorgio, flanqué de son bedaud Pete Belotte (ça ne s'invente pas), proposa à la jeune pécheresse (elle venait de quitter Helmut, va savoir pourquoi) d'intégrer sa maîtrise personnelle, en tout bien tout honneur bien entendu (bien entendu). Après lui avoir composé quelques partita, Giorgio lui écrivit un motet rien que pour elle, en hommage à la dévotion pour Dieu (Love to love you baby), et en fit une version réarrangée pour les longues messes d'hiver sous le nom de club-mix* pour une durée de 17 minutes, peu communes à l'époque et maintenant aussi.
Toutes les salons d'Europe s'arrachèrent cet ensemble musical.
* On ne confondra pas avec le club-pâté-mayo, inventé après et plutôt entre les Ardennes et Marquette-lez-Lille.
En fait, ce n'est pas ridicule, c'est franchement débile (pas l'histoire, authentique, mais cette transposition moyenâgeuse (nous avons fait ça uniquement parce que nous avons un co-financement du ministère de la Culture)). De toute façon, là n'est pas l'objet de la chronique de ce jour, consacrée certes à la lascivité, ce dont LaDonna était fort bien pourvue, mais aussi à la crème. Or, de crème, il n'y a que pouic chez Donna et à peine un chouia sur la pochette de ce n°24 de Pop Hits, le hit parade chanté. Et de lascivité, si Summer en abusa, que nenni pour notre affaire pophiette, tant dans l'interprétation de serveuse de fromage à la coupe au Mammouth de Vierzon-sud de Lili Montès, égérie de chez
Damart avant d'être débauchée par Mario pour michèletorriser, que dans la photo commise par PAF International (non, il ne s'agit nullement d'une variation comico-graveleuse sur le nom du studio photographique, mais l'authentique référence de la prise de vue pour cette pochette du Pop Hits 24. Et d'une dizaine d'autres d'ailleurs. On croit rêver...). Pis, aucune pochette de la série Pop Hits ne fut aussi non sexy que ce 24e épisode. Pourtant, il y en eu des mimis des couvertures, voire des particulièrement chaudasses. Z'avez qu'à regarder ci-contre ou consulter les précédents articles ou notre rubrique les pochettes !!! là-haut à gauche,
allez-y tout seul, j'ai peur de vous saouler par trop de balades hypertextuelles.Mais là non. Habillée comme un automne de chez Pantashop, le mannequin qui s'appelait sûrement Jacqueline ou Sylvie suçotte vaguement un peu de crème fouettée derrière ses belles dents blanches croquinant à peine son speculoos prête à le recracher de peur qu'il ne fut parfumé au glaire de chameau. C'est pas Michel Laguens qui se serait permis une telle assexurie picturale, lui qui nous propose plutôt par exemple ça, pour une compile de 74 :

Rhalala, on en connait pourtant des manières de fouetter la crème sur des pochettes de disque sexys. Bon OK, c'est un peu tiré par les cheveux, mais nous y voici ! (quel détour spécieux pour en arriver là, pathétique...), par la
grâce d' Albert-derrière-qui-l'herbe-ne-repousse-pas et son soutif tyrannique (Herb Alpert and his Tijuana Brass en VO non sous-titrée), méga vendeur devant l'Éternel (pas plus fort que les Beatles quand même mais il a été le seul à coller 5 albums en même temps dans le top 20) et pourtant conchié par les snobs pour la facilité avec laquelle il bossanove et rumbise. Certes, il a été davantage gaussé pour sa musique, que certains croient produite par Otis (pas Redding, les ascenseurs), que pour la très appréciée et léonardienne pochette de son album le plus vendu à travers le monde, Whipped cream & other delights, dont d'autres ont déjà causé suffisamment bien pour qu'on en rajoute pas. Aïe aïe aïe la vie de ma mère ! comme aurait dit futur bébé Erickson s'il avait pu parler à l'époque au travers la couche de crème qui le recouvrait, sans parler du placenta de sa mômon Dolorès qui posait pour Herb sous la pudique et blanchâtre lacture battue masquant son 3e mois de gestation.
Qu.. Qu.. Quoi ?! éructent en choeur 15 millions d'internautes découvrant la véritable raison de cet épandage de semence bovine sur derme humanoïde à tendance
brunette à forte poitrine et charme fou, car du charme, Dolorès Erickson en possèdait plus qu'il n'en faut, faisant de ses formes son fond de commerce devant les objectifs de photographes pour disques de musique chaude et les Steadycam de réalisateurs de soap indigestes. La copine de Marlon Brando et des Everly Brothers qu'elle cotoyait dans les cours de comédie qu'elle fréquentait pour essayer d'améliorer ses performances dans les séries télé de seconde zone où elle minaudait était aussi une proche d'Ole Blue Eye qui lui présenta l'un de ses cousins avec qui elle sortit et Nat King Cole avec qui elle ne sortit pas ou alors on ne me l'a pas dit mais pour qui elle posa avec quelques unes de ses copines modèles de l'époque pour un portoflio dans l'album Wild is love, à ne pas confondre avec le 45 du même nom.17 couvertures suivantes (dont Piano Witchcraft de Cy Coleman ou The touch of lips là) ne laissèrent plus douter : Dolorès est l'homme de la situation (et quand je dis l'homme, j'embrasse aussi les femmes).

Jerry Moss, le cofondateur d'A&M, maison de disque d'Herb Alpert, et Herb Alpert, trompettiste de charme et de dynamite et cofondateur d'A&M, la maison de disques d'Herb Alpert, étaient aussi des potes de Dolorès depuis un enregistrement en 1962 dans le garage d'Herb (aucun jeu de mot). Dolorès qui décidément connaissait du beau monde, comme le photographe Jerry Whorf, déjà responsable du cliché du touché de lèvres ci-dessus. Alpert & Moss décidèrent de la faire poser en Joconde à la normande pour la nouvelle galette d'Herb (aucun jeu de mot non plus) sous l'oeil de Jerry donc, qui leur avait proposé l'idée depuis 3 ans mais qui avait eu du mal à les convaincre.
Pour $ 1,500 (en fait 1 500 dollars, mais ça s'écrit comme ça en américain), Dolorès quitta provisoirement les podiums et magazines de New York pour un studio losangelessois, où, après l'avoir délicatement couverte d'un drap, Jerry, qui était aussi connu pour avoir de la réserve, l'aspergea de 75 livres d'Elle & Vire épaisse légèrement battue (en fait de la mousse à raser, sauf pour la touche frontale) pour faire genre "Belle des champs sur guacamole" à la Manet tex-mex, fond que le ouèbe a du mal à rendre autrement que glauque fluo. Les 90 jours de pré-maternité méritaient d'être masqués (quoique), mais pas la beauté de celle qu'on comparait alors à Audrey Hepburn (pour la candeur) ou Sophia Loren (pour... enfin bon pour tout le reste). L'effet fut dythirambique et difficilement imitable lors du 40e anniversaire de l'album pour lequel fut éditée une compile de remixes moyennenment convaincante, de la fade pochette aussi sexy qu'une glace au boudin (Bloody Sundae en anglais) si peu respectueuse de l'effet Whorfo-Ericksonnien de 1965 jusqu'aux musiques, pas mal mais sans plus. En bref : pas mauvais, mais pas le délire.Alors donc : la pochette ! Elle rapporta un tas de blé à Herb (toujours pas de jeu de mot), déjà que ça marchait bien pour lui, merci. Dolorès, quant à elle, n'en profita pas outre mesure et ne se fit rien en or bien que vivant très bien, les lustres suivants de son mannequinnat à NYC furent bien remplis au service de la mode sur pratiquables ou en quadrichromie. Au mitan des 70's, à peu près à la période où Pop Hits 24 sortait, Dolorès quitta le métier, se maria vaguement avec un connard et se mit à peindre des croûtes. Elle est quand même très sympa et répond gentiment et positivement aux sollicitations des journalistes et photographes, particulièrement depuis 2002. Quant à Herb, il a continué de truster les premières places des hits parades dans les années 60 mais la suite fut davantage consacrée à des galas à Las Vegas et à la cogestion de son label A&M avec Jerry, dont on aurait tort de voir son homme de paille en Herb (là ça y est, vous pouvez rire).
L'album Whipped cream... fut pourtant un choc culturel que Warhol aurait pu théoriser dans sa théorie de la répétition comme transcendante d'une nouvelle beauté subjectivée par la multiplication presque identique. Ce ne sont pas seulement les 6 millions de couvertures de l'album écoulées qui transfigurent et mythifient la pochette, mais les pastiches qui en furent faits. Les artistes et les publicitaires les plus bidons purent se faire un peu de gras en réutilisant pertinemment le succès d'Alpert et de sa Mona Lisa crèmeuse, comme par exemple le discoïde Sweet Cream qui sortit en 1978 un album éponyme comme on écrit (parce que ça ne se dit pas, meuuuuh non) :

Certes, le photographe a essayé de faire dans le sexy (le modèle est joli) et dans la provoc (le modèle est noir) mais la pose un tantinet scolaire est gâchée par l'aspect plâtreux de la crème. On dirait du Gaviscon® vomi par mon chien (par Urluberlu, Itou, le vieux) et assemblé frénétiquement à coups de fourchette par Richard Dreyfus. Dès 1966, les mamies de Frivolous Five avaient revisité avec beaucoup d'humour la mythique pochette de l'album latino jazz pour beugler des scies du patrimoine de la variété étatsunienne :

La médiocrité des chansons est heureusement oubliée par l'audace du pastiche et la qualité artistique de la réalisation, couleurs, pose, lettrage, onctuosité de la crème, la totale. D'autres artistes avaient moins de moyens pour s'acheter assez de crème, et se rattrappèrent sur l'humour gastronomique :

Ha ha ha sacré Steve !
Bon, ne nous égarons pas, et revenons aux vrais pastiches de Whipped cream... Troublante est la proposition du groupe indé Soul Asylum en 1988 qui venait de signer ça chez A&M :
Outre la composition graphique de grande qualité, l'effet décalé de la pose masculine est démultiplié par l'aspect peu ragoûtant de la sauce qui, comme le rappelle le titre, est une mayonnaise pour fruits de mer dont les odeurs firent flancher le coeur du bassiste de Soul Asylum Karl Mueller pendant la séance.Mais finalement, c'est le pastiche de 1967 qui est plus trash. Le rigolo Pat Cooper (son comique communautaire italo-américain politiquement très incorrect étant une sorte de mélange entre Michaël Youn, Guy Bedos et Dieudonné, le terme rigolo est plus une qualificatif professionnel qu'un épithète zygomatyque qui ne souffrirait aucun conteste, nonobstant la difficulté à réellement juger sur pièces de l'équipe de Pop Hits qui se fonde sur une étude exhaustive des 1 660 000 occurences googlesques sur l'asticot et qui nous font compisser nos braies pour reprendre un vocabulaire batracien lorsqu'on l'entend beugler "I'M NOT YELLING ! I'M ITALIAN !" ou "I thought the Sopranos was an opera") a dégainé le subtilement dégueulasse et sublimement pissogène Spaghetti sauce & other delights :

Il y a fort à parier que Cooper fit doublement référence à l'album d'Alpert et au Who Sell out des Who (des qui ?) où (qui ?) Townsend pateaugeait dans une baignoire de spaghetti Heinz.
Le fantasme du sexe culinaire a donc été bizarrement oublié du registre des pochettes de Pop Hits, et ce bien que largement admis sur les pochettes d'autres disques depuis les années 1960 et pour longtemps encore (les lecteurs noteront qu'on ne parle ici que de pochettes et non de musique crèmeuse, ce qui rallongerait encore cette page un peu lourde et qui fait bondir les services techniques d'over-blog qui ne vont pas tarder à nous coller un blog-rank négatif à force de tirer sur la bande passante sans payer et sans dépasser les 7 visiteurs par mois, y compris mon chien (pas le vieux, l'autre)). Le directeur artistique de chez Musidisc s'est donc privé d'un filon érotogène, pour rester dans un registre assez chaste, bien que vulgaire de temps à autres ainsi que nous nous plaisons à le décrier à longueur de pages de ce site finalement pas si pudibond que ça au vu du nombre de nénés que nous aimons à suggérer sous des motifs faussement historico-culturels.
Quand on pense que ma mère ne me sait pas webmestre de Pop Hits mais me croit cuistot à la cafet' du musée du 33 tours de La Chapelle d'Armentières...
Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.


et ça papote...