Vendredi 1 septembre 2006
I was made for lovin youDo, do, do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do
Tonight I wanna give it all to you
In the darkness
There's so much I wanna do
And tonight I wanna lay it at your feet
'Cause boy, I was made for you
And boy, you were made for me
I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can't get enough of you baby
Can you get enough of me
Tonight I wanna see it in your eyes
Feel the magic
There's something that drives me wild
And tonight we're gonna make it all come true 'Cause boy, you were made for me
And boy I was made for you
I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can't get enough of you baby
Can you get enough of me
I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can give it all to you baby
Can you give it all to me
Oh, can't get enough, oh, oh
I can't get enough, oh, oh
I can't get enough
Yeah, ha
Do, do, do, do, do, do, do, do, do Do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do
I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can't get enough of you baby
Can you get enough of me
Oh, I was made, you were made
I can't get enough
No, I can't get enough
I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can't get enough of you baby
Can you get enough of me
I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can give it all to you baby
Disco rock. Dis-co-rock ! La pochette française de la méga-daube de Kiss était on ne peut plus explicte. 594 000 galettes fourguées rien qu'en France. A titre de comparaison, c'est 5 000 de plus que Señor Météo, soit environ une demi-douzaine de terrains de foot. Un design chatoyant, avec des projos de discothèque et 4 rockers surgissant des vapeurs de l'enfer. Mais surtout l'accroche fatale, le teasing marketing absolu, ce fameux concept deleuzien qu'était le disco rock. Du disco + du rock : l'équation totale. C'était bien vu : en 79, où l'hédonisme se disputait à la rage intérieure, tant la pochette que la musique de ce 45 tours maléfique répondaient aux aspirations d'une époque tourmentée par l'invasion du Cambodge et la mort de Tante Yvonne. Les punks étaient des bêtes, les Bee-Gees des lopettes. Alors pour s'encanailler tout en mouillant ses dessous de bras, sautiller comme une pucelle en hochant compulsivement la caboche, branlouiller dans le vide des Flying V imaginaires tout en giclant sa sueur sur le corsage Pimkie de sa belle-sœur au mariage de Brigitte et Roger (photographe à Château-Thierry), les démons-tarlouzes de Kiss en faisaient voir de toutes les couleurs.
Du noir, du blanc, de l'argenté surtout. Les 4 nouillorquais poilus étaient maquillés comme des 106 tunées, brillants comme des boules à facettes, bandants comme des bucherons drags queen, troublants comme les X-Men, moulés du bas comme des andouillettes sous vide. Glitters à la Rocky horror picture show, rockeurs tendance Guns and roses, Kiss jouait vaguement vite et fort en crachant du feu, ça aide un peu. La langue bien pendue, Gene Simmons se ruinait en plateform boots pour ne pas marcher dessus. Heureusement qu'il économisait sur les kleenex.De toutes leurs croutes, la sauvagement maniérée I was made for lovin' you fut un choc que Pop hits, le Hit parade chanté n°46 ne pouvait pas laisser passer, comme beaucoup de grands artistes après d'ailleurs.
La version teutone par Queen of Japan (2000), popularisée par les 2 many DJ's, est sûrement la plus sexy.
De l'electro-disco comme trop peu savent en mouliner, chic et trouble, bien qu'un peu molle et cliché revival 80's, plus moite en tout cas que l'infâme latino pop Paulina Rubio reine 2004 sur toutes les radio des Celio et Franprix de France et de Nanarre. La pochette de la lolita latina était des plus pop-hitsiennes, vulgos à souhait, options simili gros cul (merci photoshop) et "t'as vu mes os ? j'en ai plus qu'un" (merci les deux doigts coupe-faim), le top du moment pour vendre du slip sur MCM (avec un c, au temps pour moi). Avec ce squelette semi-charnu en porte-étendard, on s'étonnera peu que Patrick Juvet et Trust n'y trouvassent pas leur compte : le swing est corsetté dans un r'n'b prépubère que Jeane Manson elle-même ne souhaiterait pas au moment de se dire adieu. Nonobstant ces fautes de goûts, la Rubio version Kiss vaut plus que la soupasse des koalas (parce qu'il n'y a pas que des kangourous en Australie) de Killing Heidi, au nom autant rigolo que sa bouillasse post-grunge FM est nazebroque. Tout aussi pire, les rasants rappeux Dax Riders se sont cru malins d'abandonner leur hip-hop pourrave habituel pour une reprise hommage clonée, histoire de se prendre pour des graisseux. N'est pas Rick Rubin qui veut.
Reconnaissons un petit faible pour la version eurobeat de Dave Rodgers (c'est un pseudo, Dave est italien, comme Mario Cavallero est de Melun), idéal pour un super booster de 106 tunée. Autre schleu, autre style, Scooter propose sûrement la plus nullissime des covers. De la belle eurodance que même Hit machine volume cent trente-douze ne voudrait pas. Charly et Lulu en ont une poussée d'acné génital rien qu'à y penser.
Plus exotoc, et très charmant, une version Bollywoodienne sur Tamise à la chorégraphie limite abdulesque et aux variations très libres pour les paroles. 
On en rit encore à Westminster.

Non, pour vraiment transcender l'hymne disco rock, la chanteuse shibuya-kei Maki Nomiya, ancienne moitié de Pizzicato Five, s'est alliée fin 2005 à Dimitri from Paris pour the cover. Suave et précieuse, kitch et moderne, ante-disco et post-rock, on fera difficilement mieux. Il semblerait quand même que les japonnais vouent un amour profond et débridé (hu hu) à ce morceau, à en croire les Satanicpornocultshop tout au moins.
I was made for lovin you était donc suffisamment gravos pour que Wikipédia en offre une page de commentaires, avec ébauche de quelques reprises, plus complètes d'ailleurs que ce que propose l'excellent Covers project, pour une fois. Les fanatiques se retrouveront en Suisse pour découvrir l'ampleur du désastre : 93 versions !
Et encore, celle de Mario Cavallero n'a pas été comptabilisée. Et c'est bien dommage, car c'est loin d'être la plus pathétique.
Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.


et ça papote...