kézakoi ?

Pop Hits, le hit parade chanté, c'est 10 ans, 54 albums vinyl (et quelques musicassettes), 634 reprises de chansons et quelques inédites, les pochettes les plus cheesecake de la galaxie, la qualité française aux éditions Musidisc International, une quintessence musicale orchestrée, dirigée et digérée par le Ray Conniff hexagonal, Monsieur Mario Cavallero en personne : c'est Pop Hits, le hit parade chanté.
Hmmm !!!
English version below
Mode d'emploi

les pochettes !

et pis y a ça :

mais c'est où ?

english spoken

This web site is dedicated to a french series of cover compilations of "hits" during the 70's : Pop Hits, le Hit parade chanté. Songs of the moment (the best and the worst ones) were badly covered by Mario Cavallero, his orchestra and his singers. The seasonal productions were magnificaly packed into cheesecake covers. In fact, the main (only ?) interest of this site. Check out in priority our Des pochettes section to watch and enjoy this artwork, climax of the french touch.

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Mardi 22 août 2006
Confidence pour confidence

Je me fous, fous de vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi, je voue, vous l'aimez.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Si vous voulez les caresses,
Restez pas, pas chez moi.
Moi j'aime sans sentiment.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Mais aimez-moi à genoux, j'en suis fou,
Mais, de vous à moi, je vous avoue
Que je peux vivre sans vous.
Aimez-moi à genoux, j'en suis fou
Et si ça vous fait peur,
Dites-vous que sans moi,

Vous n'êtes rien du tout.
Tout pour rien, rien pour vous.
Vous m'aimez, mais je joue,
J'oublie tout.
Confidence pour confidence
C'est toujours moi que j'aime à travers vous

Vous pleurez, révoltée, taisez-vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi je vous veux pour moi et pas pour vous.
Vous je m'en fous, tant pis pour vous.
Aimez-moi à genoux, j'en suis fou
Et n'oubliez jamais que je joue

Contre vous. Vous pour moi.
Sans vous, vous l'avez voulu, tant pis pour vous,
Aimez-moi.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Je me fous, fous de vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi, je voue, vous l'aimez.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Si vous voulez les caresses,
Restez pas, pas chez moi.
Moi j'aime sans sentiment.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Mais je me fous, fous de vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi, je voue, vous l'aimez...

Schultheis, musicien chez Drucker ou pour Le Forestier, pas un punk donc, a réussi, avec sa rengaine du début de l'ère mitterrandienne, à fâcher quelques poignées de féministes, et même des femmes. Plutôt que de jouer avec les sentiments, il privilégie plutôt l'absence de sentiment comme point cardinal unique des relations qu'il recherche. Plus encore, il désire sa compagne de plaisir comme un objet qui doit s'agenouiller pour lui ( "Aimez-moi à genoux, j'en suis fou / Et n'oubliez jamais que je joue"). Ou est-ce même devant lui ?

Cela n'a pas empêché le Pr Tournesol du clavier de faire chanter la France entière, inconsciente des paroles qu'elle entendait pourtant très distinctement, et qu'elle fredonnait même par dessus le marché. Sans hoqueter.

Ce fut un peu la même chose pour Toute première fois de Jeanne Mas, que filles et garçons hahannaient dans les cours d'écoles et les cafés, les boums et les campings, jusque dans les aumoneries catholiques de l'enseignement public. Heureusement qu'il y eut deci-delà (surtout delà) quelque pasteur averti à l'oreille aiguisée, pour alerter oncque boutonneux en un certain lycée du Nord du caractère tout bonnement scandaleux du texte de la diva anarco-syndicaliste, que tout un chacun reprenait sans se soucier à tire-larigot turlute tutu chapeau pointu, et vas-y comme je remets 1F dans le juke-box. Depuis cette terrible découverte, je suis resté chaste. Je n'écoute plus Jeanne Mas.

Revenons donc à notre coquin Schultheis : non content de sa première mysoginie chantante, il a aussi produit en 87 l'excellemment subtile Va te faire voir, dont la pochette rivalise de finesse avec les paroles :
"Malheur à toi
De m'aimer trop ou trop peu
T'es trop jolie
Pour n'être pas malhonnête"

On aurait eu tort de s'en priver.

Mieux, Frisette, comme l'appelait sa maman qui n'avait pas tout compris, a conçu entre temps (82) l'habillage sonore de la grande émission culturelle Coco Boy, et plus particulièrement la musique d'ambiance de la séquence de la playmate. En vérifiant dans les archives INA pour redécouvrir cet inexpiable brûlot dont je ne comprends pas pourquoi je l'avais oublié (j'avais peut-être la tête ailleurs, qui sait), il n'y a pas de quoi être fier de cette lessivasse funky aux râles féminins en boucle en fond. Même pas digne des nuits de RTL 9.

Les pauvres filles se déloquaient gauchement sur une chorégraphie pathétique, entourées de la bande à Collaro roulant des yeux de pervers pépères et clignant complicement vers le spectateur, pensant sûrement à leur pauvre mère qui aurait désormais bien du mal à ne pas les appeler Frisette, tout comme leur coiffeur d'ailleurs (les pauvres filles, pas le spectateur). Et tout ce petit monde swinguait mollement mais ostensiblement aux saccades guitaresques d'un faux Chic et aux "haaa" et "hooo" d'une pouffe qui se croyait chez Gainsbourg alors qu'elle n'était que chez Schultheis. Même une pub de Tampax était plus bandante. Déprimant.

Mario Cavallero ne pouvait donc être inculpé (disait-on à l'époque) d'outrage aux bonnes mœurs en reprenant Confidence pour confidence pour ce 53ème et apparemment dernier opus de la série Pop Hits, le hit parade chanté. La France télévisuelle et chantante avait absout les péchés de Schultheis en lui faisant un beau succès. L'honneur des compilations de qualité restait sauf chez Musidisc, on allait pouvoir fermer boutique la tête haute et les dessous propres.

D'ailleurs, pour fêter ça, on a même eu droit à l'une des pochettes des plus vulgaires. On ne s'en lasse pas, la revoilà :
Les 80's n'avaient plus rien à envier aux 70's. Déjà que le logo Pop Hits venait de changer depuis une saison, que le lettrage des titres et du fameux bandeau rouge était tout pourri, et les photos surex (ne blâmez pas le photographe du site Pop Hits, il a même du renforcer les couleurs d'origine sur Photoshop pour que vous puissiez mieux vous rincer l'œil sur ce camaïeu de toisons). Comme quoi, il était temps que ça s'arrête.

De toute façon, la relève était arrivée : on pouvait désormais écouter de la daube en regardant des pauvres filles érotonazes, mais désormais ça bougeait et c'était gratuit. On appela ça TF1.


Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.




par Mario Cavallero Jr publié dans : pophits
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Lundi 21 août 2006
Señor Météo

Et voilà l'averse qui tombe
Il n'y a plus de saison
Depuis qu'on a fait la bombe
Albert Simon

Aye señor Carlos
Ma grénouille est malade
Ayaye pauvre señor
Et elle n'a plus vingt ans
Aye quelle catastrophe
Le soleil est en rade
Elle avait annoncé du beau temps

(Refrain)
Señor Météo
Quando dit qu'il fait beau
Señor Météo
A glagla quel frigo !
Quando mi transistor esperansa calor
Il a tort !
Que dolor

L'été on s'enrhume facile
Et depuis les restrictions
On dort en costume de ville
Jean Breton

De Venise à Vesoul
Oublions le chauffage
Emporté par le fuel
Ne formons qu'un seul corps
Et de Toulouse à Toul
Aimons-nous davantage
L'amour est le seul vrai radiateur

(Au refrain)

Madame est là s.v.p ?
Oh non la madame est partie danser le chachacha
Señor Carlos
Le chachacha señor Carlos
En ville le chachacha

À la télévision
Tu annonces la neige
Il prend ses précautions
Je mets mon bermuda
Si dans tes prévisions
Tu promets le soleil
Je ressors mon parapluie à pois rouge

(Au refrain)

Est-ce pour le punir de quelque chose à venir que l'éminente Françoise baptisa son rejeton du double patronyme Yvan-Chrysostome ? Ou pour faire un mot compte triple ? En tout cas, ça devait grave chier des neurones chez les Dolto à la maternité en cet hiver 43, sûrement pour se venger d'une césarienne mal torchée. Il faut  avouer qu'on cotérise difficilement avec de l'alcool de topinambour. Ou alors ils n'arrivaient pas à réchauffer leur cortex vu qu'ils avaient brûlé tous leurs tickets de charbon (chez les intellos, on n'a pas toujours le sens pratique). Autant dire qu'on se les gelait.

Toujours est-il qu'on n'allait pas s'emmerder 107 ans sous prétexte d'une occupation mal organisée par le gouvernement de droite de l'époque, et qu'il était plus simple de s'appeler Carlos pour faire un disque d'or dans les années 1970, surtout sous un gouvernement de droite. Même Delerm aujourd'hui n'oserait pas s'appeler
Yvan-Chrysostome.

Comme le travail n'était pas fini, Joe, le fils du grand Jules, décida de composer avec son comparse Lemesle une petite comptine enlevée sur la pluie et le beau temps, histoire de rafraîchir les idées du barbu souriant.
Dassin nous gratifia d'un des plus beaux bouts de la chanson française, le mémorable "emporté par le fuel" dans le troisième couplet, consacré à la partouze comme il se doit. Il faut se souvenir que nous entrions alors dans les premières digestions du choc pétrolier, et que la fin 1974 était un peu tristounette. Il neigea le 11 novembre et Pompidou avait cassé sa pipe à charbon. Autant dire qu'on se les gelait.

Pas démonté pour autant, le grand Mario décida que le 17e volume de Pop Hits, le Hit parade chanté ne pouvait commencer 1975 sans reprendre le plus grand succès du moment. Ce fut fait, et plus tôt bien fait. Surtout pour ceusses qui s'escrimaient encore à acheter pour presque trois smig horaire la crème des ringardises du moment, version baloche 4 étoiles. Il faut reconnaître que Cavallero n'était pas le dernier venu pour émoustiller toute une salle polyvalente à la communion du petit dernier de la Janine de Château-Thierry. Il était encore meilleur pour les mariages, et mettait une ambiance du tonnerre de la jarretière à la soupe à l'oignon. Cela laissa pourtant songeuse la mariée du Pop Hits 17, qui n'avait apparemment pas froid aux os, elle (de là à suggérer le chemin de sa virginité en plein janvier, quand même, retenez-vous !), et qui semblait regretter de ne pas avoir opté pour l'orchestre de Tony Brams. Mais bon, c'est son beau-père qui payait, et elle hériterait un de ces jours de sa triperie rue Sadi Carnot. Patience, patience...

Mais ça, bien évidemment, personne n'ose le dire.



par Mario Cavallero Jr publié dans : pophits
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Vendredi 18 août 2006
Il a neigé sur Yesterday

Il a neigé sur Yesterday

Le soir où ils se sont quittés
Le brouillard sur la mer s'est endormi
Et Yellow Submarine fût englouti
Et Jude habite seule, un cottage à Chelsea
John et Paul je crois sont les seuls
A qui elle ait écrit
Le vieux sergent Pepper a perdu ses médailles
Au dernier refrain d'Hello Good Bye
Hello Good Bye

Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils nous ont quitté
Penny Lane aujourd'hui a deux enfants
Mais il pleut sur l'île de Wight au printemps.
Eleonor Rigby aux quatre musiciens
Viennent séparement vous voir
Quand ils passent à Dublin
Vous parler de Michèle
La belle des années tendres
De ces mots qui vont si bien ensemble
Si bien ensemble

Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils se sont quittés
 Penny Lane c'est déjà loin maintenant
Mais jamais elle n'aura de cheveux blancs.
Il a neigé sur Yesterday
Cette année là même en été
En cueillant ces fleurs
 Lady Madonna a tremblé
Mais ce n'était pas de froid


Sept ans après la séparation des Fab Four, la fille aux yeux d'argent pleurait de froides et douces larmes sur le
passé de Manchester et surtout de Liverpool. Signe qu'elle était plus nostalgique des 4 chevelus que de leur œuvre, avouons le éternelle (alors que les chevelus étaient coupés en 4 à l'époque et risquaient d'être rapidement moins éternels pour certains d'entre eux). Pas de quoi chialer donc, même des flocons.

Mais il faut dire qu'au mitan des 70's, Maïtena la périgourdine commençait à tourner le dos à son passé, sans pouvoir s'en détacher, le cœur gros du temps présent.

Cette alors encore fan des sixties pleurait peut-être son propre passé. Folk singer de luxe, Marie Laforêt dénotait franchement de Françoise Hardy, la seule à pouvoir rivaliser dans sa catégorie de shamallow glacé (option chanson française post-yéyé). Mais plus catho qu'intello, plus emballée que blasée, plus sociale que snob, plus accessible que sophistiquée, plus sexy intemporelle qu'éternelle jouvancelle, torride plus que mignone, Laforêt, elle, a la classe mais pas la grosse tête.
"Je suis la fille naturelle de Sheila et Barbara" dit-elle. Cela ne l'a pas empêchée de déconner à plein les manettes, pétant régulièrement les plombs publiquement mais si sympathiquement au grand plaisir des tenanciers de talks shows des 2000's.

Ses chansons étaient souvent des reprises up to date des folk songs de l'internationale pacifiste de l'époque, avec un fort tropisme américain (nord et sud), même si elle ne rechignait pas à la pousser de temps à autre dans la langue d'Aldo Maccione. Le son soigné enveloppait des paroles souvent trop mièvres qui vendengeaient l'amour sur des airs doux amers.

Le tout était superbement emballé dans des disques au packaging dit gatefold (qui s'ouvrait en deux parties comme un livre), pour les albums 30 cm comme pour les super 45T 4 titres jusque 1970 (18+1 merveilles avec des photos recto et verso d'anthologie). On les feuillette, on les épluche, on se tord le poignet pour saisir le disque qui s'ouvre vers la charnière intérieure pour laisser glisser une pochette cristal. Les albums des 70's sont pas mal non plus, mais les 45 commencent alors à craindre question visuel. Mais dans l'ensemble, un disque de Laforêt est quand même plus sexy qu'un Pop Hits, le hit parade chanté.


Alors quelle navrance (bon, disons quelle amertume) que fut le hit pop Il a neigé sur Yesterday, même si la rengaine de Jean-Claude Petit et consors est imparable (bien que niaise). Heureusement que l'air est plus mélancolique que les paroles de cette petite visite guidée au travers l'œuvre des Beatles. Paroles qui sont comme une petite compilation ultime, bien que les titres sélectionnés le sont moins.

Mario Cavallero ne se fatiguait pas trop, pour sa part, dans le choix des morceaux qu'il posait dans chaque livraison saisonnière de Pop Hits, le hit parade chanté. Il prend ce qui vient, vient : les succès du moment, pour la plupart francophones (moins à la fin où l'anglais pointait son nez de temps à autres, mais rarement plus que la moitié de la douzaine de morceaux réglementaires).

Pour ce numéro 35 (1977), magnifiquement illustré par Michael Sharman, encore hamiltonien mais préfigurant déjà les 80's au néon et à l'ultra-gloss, on découvre pour une fois une tentative intéressante de Mario C : se mesurer en un seul album à de nombreuses chansons difficiles à interprèter si on n'a aucun talent (cette fois là les falsattos pour I feeel love ou pour Où sont les femmes ?, le solo de guitare pour Hotel California...). Et comme d'habitude, ça ne coupe pas : ça craint à max.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.

par Mario Cavallero Jr publié dans : pophits
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