kézakoi ?

Pop Hits, le hit parade chanté, c'est 10 ans, 54 albums vinyl (et quelques musicassettes), 634 reprises de chansons et quelques inédites, les pochettes les plus cheesecake de la galaxie, la qualité française aux éditions Musidisc International, une quintessence musicale orchestrée, dirigée et digérée par le Ray Conniff hexagonal, Monsieur Mario Cavallero en personne : c'est Pop Hits, le hit parade chanté.
Hmmm !!!
English version below
Mode d'emploi

les pochettes !

et pis y a ça :

mais c'est où ?

english spoken

This web site is dedicated to a french series of cover compilations of "hits" during the 70's : Pop Hits, le Hit parade chanté. Songs of the moment (the best and the worst ones) were badly covered by Mario Cavallero, his orchestra and his singers. The seasonal productions were magnificaly packed into cheesecake covers. In fact, the main (only ?) interest of this site. Check out in priority our Des pochettes section to watch and enjoy this artwork, climax of the french touch.

pour fluxer vite

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Samedi 21 juin 2008
Le Jean Roucas du wakenwo hexagonal a décroché le Vermot d'or il y a bientôt deux lustres en jouant faussement au fantaisiste de garnisons. Fantaisie militaire donc, dont la presse a unanimé ses dithyrambes à l'agonie jusqu'à faire taire les rares gens de goût qu'on ne saurait tromper avec ce ramassis gélatineux d'ambiances mortifères emballant un baratinnage qu'icelui croit poétique alors qu'il est seulement le dégueulis d'un générateur automatique de traductions serbo-coréennes. Car enfin : on nous tartine du génie sensible où il n'y a qu'approximations du message, de la prose extatique là où les paroliers ont joué à qui mieux-mieux à un Pictionary verbal dont furent nuitamment glanées les fulgurances de réponses d'une vraisemblable troupe d'agrégés vaguement avinée au gigondas. Si ce n'est ça, c'est tout comme. 

Parce que franchement, quoi de jouissif de soigner les hommes à poigne, de soulager des patissières, èrent, èrent ? non mais je vous jure : plus pédant tu meurs. Certains morceaux sont de virtuoses et scolaires pérégrinations en de ribambellesques allitérations et autres exercices phonétiques de deuxième année de Lettres classiques. "Dresseur de loulous, dynamiteur d'aqueducs". M'ouais... "Beuh-a Bah Beuh-i Bih Beuh-o Boh" ânonne aussi fièrement le neveu de ma concierge découvrant la gaieté de la langue française dans son palais rebondissant. 

Pas une de la douzaine de chansons ne nous épargne de ces gavants calembours, téléphonés parfois, inattendus pour la plupart, ce qui ne les rend pas pour autant impérissables. "Ses congénères l'ont refroidie, ses congénères crient au génie" Les Villepin qui se croient Ponge ou Rimabud s'ébaubissent sur ce "crient au génie" qu'on apparentera vaguement pour faire un bon mot à "cryogénient" (pour cryogénisent), le jeu de mot étant tellement laborieux que seule une faute de français lui donne un peu de sens. Je sais, dit comme ça, c'est réducteur mais tout est à l'encan, et c'en est parfois un peu trop, n'est pas Bobby Lapointe qui veut
Allez, juste un autre pour la route : "La nuit je mens, je m'en lave les mains." De profundis...

Absence de sens caractérisée, mais quand même pas absence d'histoires. Enfin pas toujours. Saluons quelques efforts de créer une narration cohérente sur davantage qu'une phrase. Une belle se réveillera-t-elle avant 2043 ? Une feignasse patentée saura-t-elle se bouger le derche pour nourrir avec autres denrées que des haricots en boîte + chips sa femme (la future princesse endormie ? on ne le sait, tellement les arcanes obscures de Bashung mènent à toutes interprétations). 
Quelques autres strophes deci-delà cet album ampoulé donnent à suivre dans la médiocrité l'esprit de l'alsacien binaire qui va jusque douter de sa propre mâle sexualité : sont-il (oui, sont-il parce qu'Alain se noussoie en des "sommes-nous" interrogatifs lancés à la cantonade pour quérir réponse à ses désespérances quinquagénaires) sont-il donc une gonzesse ? Je le confirme : c'est non. Il ne faudrait pas faire accroire que la seule raison de ses difficultés identitaires serait un sursaut progestegénique. Typique des machos du rock ça. Pathétique. 

Autre étonnement que nous ne saurions cacher devant le concert de louanges autour de cet album quand même bien calculé : l'avalanche de mélopées synthétiques et de violonnades torrentielles qui écrasent le rock à la base souvent bien torché par Bashung. 
On ne saurait blâmer l'alors chanteur bientôt finissant d'avoir su lire l'extraordinaire potentiel financier (et partant une occasion de relancer sa petite entreprise) de ce type de productions calibrées pour les dépressives foules post-adolescentes au pouvoir d'achat hypertrophié dès lors qu'il s'agit de leur fournir leur dose d'anti-prozac que sont ces musiques à l'émotion exacerbée en vue de générer un malaise permanent, soupes oppressantes entraînant dans un colimaçon irrésistible vers les outretombes où la jeunesse bobo se la joue Chateaubriant et Crowley réunis, oubliant ainsi la frivolité de leur camifienne vie de cadres moyens.
Pourquoi lui jeter la pierre ? Il a des impôts à payer, et Radiohead avait bien réussi son coup peu de temps avant avec son filou
OK Computer, désormais maître étalon de la déficience de dopamine et du suicide musicalement assisté, sur base de mélodies subtilement construites pour emprisonner l'auditeur dans une camisole de mélancolie, et lui priver tout sens du jugement qui lui permettrait de constater la banalité de ces chansonnettes, finalement. 

Avec graves renforts du bassiste de Portishead ou du chichiteux gratteux nouillorquais Marc Ribot, spécialiste des accompagnements des stars les plus péteuses de la planète,
Fantaisie militaire offre ainsi la version béret-baguette de l'album international de musique sérieuse et poétique (ffff et multi-têtes de gondoles Fnuck comme de bien entendu). Ce que nous autres dans notre jargon de p'tits gars normaux appelons "de la musique chiante" (oui, je sais, c'est un peu technique. Les fans de Bashung se reporteront à leur dictionnaire favori). 

Paroles débiles, musique déprimante : c'est à se demander comment tant de journalistes ont réussi à vendre et faire avaler à des centaines de milliers une telle diarrhée aux sonorités pénitencières
 
Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire. 



La note :  Bof...
 

La raison de cette chronique moins Pop Hits que Top of the flops ? Z'avez qu'à suivre le lien.


L'épilogue ? Espérons que non ! Je souhaite qu'il sache avec autant de savantes contorsions que la suivante photo terrasser la saleté de crabe qui lui grignote le dedans d'où est sorti le plus grand album de tous les temps : Fantaisie militaire  
 





par Mario Cavallero Jr, artiste multimédia publié dans : Flop Hits
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Dimanche 1 juin 2008

Abuglubu, abugluba

Abuglubu, abugluba, 
il lui a dit Abuglubu, abugluba, 
il savait c'qu'il voulait. 
Abuglubu, abugluba, 
elle répondit ce sera comme tu voudras. 
Elle était arrangeante. 

Tous les cubains vous raccont'ront cette légende, 
abuglubu, c'est un vieux mot au sens caché, 
abugluba c'est la réponse à c'qu'il demande, 
imaginez c'qu'un amoureux peut demander. 
Pour nous renseigner, 
il faudrait trouver, 
une jeune cubaine qui voudrait nous l'expliquer. 
Car tous les cubains, 
connaissent très bien, 
ce merveilleux refrain 
du bon fiancé moyen. 

Abuglubu, abugluba, 
cela veut dire je t'aimerai, tu m'aimeras. 
ah bon ! 
Abuglubu, abugluba, 
Cette nuit aussi, je t'attendrai, tu m'attendras. 
Ça dit tout ça ? 
Ça dit encore si tu le veux tu s'ras ma femme 
car ces deux mots nous chantent un amour éternel. 
Abuglubu c'est l'Roméo de la Havane, 
Abugluba c'est sa Juliette au cœur de miel. 
Et tous les cubains 
quand ils s'aiment bien,
adorent se donner 
ces deux noms prédestinés. 
C'est pour ça qu'le soir, 
quand ils vont danser, 
sur toutes les musiques 
on les entend s'appeler. 

Abuglubu, abugluba, 
je t'aimerai, je t'aimerai tu m'aimeras. 
Abuglubu, abugluba, 
je t'aimerai, je cèderai, on s'aimera, 
ils ont d'la conversation 
Abuglubu, abugluba, 
je t'aimerai, t'adorerai, on s'mari'ra. 
(où est-ce qu'ils vont chercher tout ça ?) 
et rien jamais ne sépar'ra, 
ne sépar'ra Abuglubu, d'Abugluba. 
Dis tu l'as vu ? quoi ? mon abuglubu, 
mais j'croyais qu'c'était un abugluba. 
C'est la même chose ! Ah bon ! 
Alors au revoir ! 
Non pas au revoir, Abuglubu ! 
Ah oui, c'est ça abugluba !


Abuglubu ? Abugluba ? Quel hurluberlu a inventé cela ? L'air est un peu cul-cul ? Bah : c'est un cha-cha-cha. Les paroles sont un peu neuneu ? Nan nan, elles sont la poésie lorsqu'elles sont chantonnées par un Dédé qui jouait au corniaud pour nous ravir de son charme et de ses mots. Sa pépite de 1960 en duo avec Pierrette Bruno (accompagné par l'orchestre de Jerry Mango) se fait rare sur les autoroutes numériques, où on ne saurait que trop éviter de rouler bourré :



Abuglubu, Abugluba, succès d'une époque lors de la version du doux normand (1960), qui alors déjà s'enfilait avec d'autres perles par les prédecesseurs de Mario Cavallero, dont Norman Paine et son orchestre, responsable ici de la reprise balancée d'Abuglubu, abugluba en cha-cha (que nous autres psychologues scolaires nommons aussi dans notre jargon le "cha-cha-cha") de Paine n'est pas mauvais (mais pas gégène non plus), et Annie Cordy en fit aussi sa version dès 59 un peu foldingo. Tom Novembre dans son bel album hommage à Bourvil (André) en fit une version un peu jazz.

La compile
Surprise partie Abuglubu à la pochette charmante bien qu'un tantinet proto-uhémepienne, enfilait d'autres perles du moment par une floppée de prédecesseurs de Mario Cavallero, dont Norman Paine et son orchestre (artiste Fontana), Pierre Marchal, également avec son orchestre, Aladin, fourbi, pour sa part, non de "et son orchestre" mais de "et ses Joyeux lampistes", l'Ensemble de Peter Moore (la touche jazzy de cette compilation pour une chanson de Mackie qu'on peut danser en fox, c'est à dire en faisant n'importe quoi), le Modern tango sextet et... Mario Fontana et son orchestre. Nos plus fins limiers sont sur la piste sans avoir la confirmation à l'heure d'aujourd'hui, mais, 3 lustres avant que Musidisc n'édite la première compilation Pop Hits, le Hit parade chanté sous la baguette de Mario Cavallero à la tête de son orchestre et de ses chanteurs, la maison Fontana avait débauché une formation, peut-être maison, dirigée par un Mario au nom de famille également Fontana.
 
Bizarre. Bizarre, bizarre.


Au mitan des trente glorieuses, tirant parti de l'explosion des surprises-parties (a.k.a. les "sur-pats") et autres surboums et de la nécessité de s'équiper du contenu comme du contenant, Fontana s'était engagée sur une voix que Sony 20 ans plus tard puis Apple aujourd'hui développeront : offrir la musique et l'outil pour s'en délecter. Le verso de la pochette de compilation pour danser est ainsi une jolie réclame pour les électrophones Fontana, moins performants et adulés que ceux de la lyonnaise firme Teppaz, mais qui se trouvent encore pas trop chers et en état honnête dans les vide-greniers dominicaux.




N'empêche, c'est bien étrange tout cela. Un blaze exotique, un électrophone, des microsillons aux pochettes extatiques : mais qui cela peut-il bien me rappeler ?



Seraient-ce mes sens qui m'ont joué quelque mauvais tour ? De fait, il semblerait que j'aie abusé plus qu'il n'en faut d'eau ferrugineuse.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.




par Mario Cavallero Jr, artiste multimédia publié dans : Cheese cake covers
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