kézakoi ?

Pop Hits, le hit parade chanté, c'est 10 ans, 54 albums vinyl (et quelques musicassettes), 634 reprises de chansons et quelques inédites, les pochettes les plus cheesecake de la galaxie, la qualité française aux éditions Musidisc International, une quintessence musicale orchestrée, dirigée et digérée par le Ray Conniff hexagonal, Monsieur Mario Cavallero en personne : c'est Pop Hits, le hit parade chanté.
Hmmm !!!
English version below
Mode d'emploi

les pochettes !

et pis y a ça :

mais c'est où ?

english spoken

This web site is dedicated to a french series of cover compilations of "hits" during the 70's : Pop Hits, le Hit parade chanté. Songs of the moment (the best and the worst ones) were badly covered by Mario Cavallero, his orchestra and his singers. The seasonal productions were magnificaly packed into cheesecake covers. In fact, the main (only ?) interest of this site. Check out in priority our Des pochettes section to watch and enjoy this artwork, climax of the french touch.

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Vendredi 20 avril 2007

Que Marianne était jolie

Elle est née dans le Paris
D
e 1790
Comme une rose épanouie
Au jardin des fleurs de lys.


Marianne a cinq enfants
Qu'elle élève de son mieux
Marianne a maintenant
Quelques rides au coin des yeux.


Dieu ! Mais que Marianne était jolie
Quand elle marchait dans les rues de Paris
En chantant à pleine voix
Ça ira ! ça ira !toute la vie.


Dieu ! Mais que Marianne était jolie
Quand elle embrasait le cœur de Paris
En criant dessus les toits :
Ça ira ! ça ira ! toute la vie.

Il n'y a pas si longtemps
Que l'on se battait pour elle
Et j'ai connu des printemps
Qui brillaient sous son soleil.


Marianne à cinq enfants,
Quatre fils qu'elle a perdus
Le cinquième à présent
Qu'elle ne reconnaît plus.


Dieu ! Mais que Marianne était jolie
Quand elle marchait dans les rues de Paris
En chantant à pleine voix
Ça ira ! ça ira !toute la vie.


Dieu ! Mais que Marianne était jolie
Quand elle embrasait le cœur de Paris
En criant dessus les toits :
Ça ira ! ça ira ! toute la vie.


Avril se découvre de tous ses fils, bien avant l'heure par des gaz puants causé, l'été solaire pointe ses dards sur la fille aînée de l'Église ballottée dans une malmooréenne campagne de merde. L'unité nationale se fissure sous les cris à l'unité de prétendants à la commandanture suprême, mais peut-être est-ainsi que la patrie de Voltaire, Rousseau et Michel Jobert a construit au fil des siècles sa cohérence, sa consistance, sa véritude.


Sept lustres s'écoulèrent depuis que de sa voix de pêche, l'amer Michel, en un élan appolinairien, nous conta pour la première fois son admiration fanée pour la belle République que le joli mois de mai venait de faire valser mais qui s'enkystait dans le beauf pompidolisme des VRP en complet-veston crème et de leurs choucrouteuses mégères aux corsages de tergal imprimés de flatulences végétales orange et mauves, bovins phtisiques arranguant pêle-mêle les rouges et les gris, le péril jaune et les pénibles jeunes, se désolant de la France qui foulcant et de l'essence qui s'enflamme, se pâmant et se roulant des pelles vineuses devant une érotopouffe osseuse vautrée sur du rotin pendant que Venise se gondole. On sait ce qu'on dit, on vote ce qu'on pense. L'ORTF n'est pas encore crevée, et comme on comprend trop ce que dit Mesmer et pas assez ce que cause Chaban, on aime se faire bien éduquer par des godelureaux qui moquent en des pot-pourris musicaux une classe politique qu'est quand même bien pourrite ma bonne dame. La communion du petit de Brigitte et Roger permet de faire le point en famille sur le dernier uiquène d'élections, où Jean Royer a bien rivé son clou à la vermine socialo-communiste lors du débat sur la 2, qu'en couleur ça donne quand même plus propre les chemises d'Alain Duhamel, déjà, et de Michel Droit, encore.


Atterré par les votes moutonniers et puants de ceux que Cabu va bientôt baptiser au mitan des années 70, attristé par la vacuité et les luttes intestinales de la gauche gigotante au son du flageolet des armées socialistes contres les colonnes communistes, Michel Delpech, figure tutélaire de cet espace de nostalgie turlutaine, alpha et oméga de la jolie chanson française, verse sa petite larme sur une démocratie qu'il souhaiterait plus glorieuse et aimante, sur une France mère courage qui a bien du souci à se faire avec sa progéniture. Et quand, au cœur de ce 7e hiver trimillénaire, Michou soigne sa sortie d'une longue mélancolie avec une brochette d'acolytes aux petits oignons, il émerge dans une période qu'il découvre à nouveau agitée par une médiocrité d'impétrants pour sa jolie Marianne. Pas de bol pour le déprimé éternel, le printemps 2007 ne va pas lui regonfler le moral, lui qui regarde avec amour la vie avec ses lunettes moroses, en dépit du nouvel enamourage que lui célèbre la hype la plus nerd* (*c'est ce que nous autres informaticiens appelons un commentaire entre parenthèses).


Pourtant, on eut pu croire que la situation se désencroûtat en 14 ans de mitterrando-cohabitationnite, nonobstant quelques lustres de chiraco-giscardime du meilleur soporifisme. En visitant les candidats d'aujourd'hui, on pourrait même croire que la France est à nouveau désirée richement, diversement, avec des 'tits gars et des nénettes qui n'en veulent et vont revivifier le 5e rejeton de Marianne à la veille de son cinquantenaire. Bah, cela ne semble toutefois qu'illusion : les airs sont connus, les paroles des chansons sont les mêmes et les pochettes ont à peine été reliftées, Photoshop remisant Offset et Lettraset mais gardant les poses convenues et les slogans oulipiens.


Quatre décennies où les mêmes acteurs brandissent leurs étendards en poussant des rengaines qu'on souhaiterait plus sexys, en dépit de ludiques efforts pour remixer la campagne (attention : cliquer sur ce lien peut provoquer une saine mise en situation du présent billet), que même nous on va essayer de relever le gland. Non, le gant. Désolé. Quatre décennies donc où les mêmes sautent sur leur chaise tels des Cabrel en criant : le rock ! le rock ! le rock ! alors que la variétoche d'iceux-là est moche, et les rocks d'iceux-ci sont secs. Certes, quelques témoignages musicaux pertinents, d'autres passionnants, encore d'autres plus subjuguants ou bien ceux-ci plus... rock quoi, nous intiment l'ordre de la révolte joyeuse et de l'engouement musico-politique. Mais laissez-moi douter.


Tiens, par exemple : qu'est-ce qui a-t-il changé chez nos amis du grand soir en 35 ans depuis l'ode à Marianne, si ce n'est une certaine décrépitude des enfants de Staline au profit des petits-fils du pioletté de Mexico, assez en forme actuellement, merci ? Rien. Pire même : l'extrême gauche est schizophrène et ne sait choisir son candidat, hésitant entre le marteau et la faucille, un coup-ci, un coup-là, couic-couic les OGM, bong-bong les grands patrons voyous.


Ca se démultiplie en autant de side-projects que même Rémi Brica ne saurait suivre la cadence. A défaut d'originalité (on dira alors : avoir de la constance), on glorifie les valeurs sûres, on convoque Vladimir, on invoque Ernesto et la Commune, on barriole sa rage de rouge, on se drape d'étoles étoilées, on ne cède à aucune compromission.


Certains désespérés ont même crié leur anarcho-syndicalisme et en ont maculé nos tristes murailles briquettées dans un mouvement transgressif quelque peu terrorisé toutefois d'être épinglé en flagrant désir de vouloir réveiller les Mas.


 

Mais que reste-t-il des mythes ouvriers ? Sur quoi construire la révolte quand le pavé se vide des pas rageurs du prolétariat hurlant, ne laissant guère que les larmes de l'échec de la lutte finie sur de blettes revendications aux odeurs de merguez refroidies ? Car les usines se sont envolées, les repères ont explosé, les valeurs sont renversées, le petit peuple s'est lepénisé.

 

Ah b'en vi, désormais, dans la honte isolée de noires bâches des préaux d'écoles réquisitionnés, la vile multitude nourrit les urnes du gros casse-burnes. On croit que c'est reparti comme en 33, l'effroi du show nous glace le dos. Cela dura longtemps qu'on le peigne comme la résurgence de la bête immonde, prête à écraser l'Europe avec ses affidés et frères de sang brun sous leurs bottes de chasseurs de bougnoules et autres gibiers de Provence. A la limite, ça fout les jetons.

 

Pouloulou ! Mais que nenni ! En sus de quelques fins de race latino-liturgisantes et de tous les supporteurs de football, la France beauf et celle qui est déprimée par le chômage et les petites humiliations relèvent dominicalement le front aux printemps venus pour des motifs plus vils que la régénérescence de la race franque et le renouveau du haricot de mouton. Rigolarde, cette France est mollement mais indécrottablement raciste comme toujours, craignant l'Autre dont elle jubile pourtant de se gausser. Toute sa carrière, Michel Delpech a d'ailleurs subi le partage des loges des plateaux télévisés et des chiottes des salles des fêtes niçoises avec le parangon de la xénophobie sympa, du racisme rigolo et de la haine rieuse. Michel Leeb cache l'oeil du borgne derrière ses grimaces de chimpanzé des beaux quartiers, parce que derrière ses lunettes, y peut pas (b'en oui, c'est ses narines).

Mais il en existe d'autres concurrents que le putride et purulent putois breton pour renouveler vaguement les vieux numéros de notre comique post-colonial national, gendre rêvé des Régécolors et inspiration suprême des fins de banquet et débuts d'apéro. Surjouant son accent et ses effets tel un Jacques Ballutin sous amphés, le vicomte laboure la même fange, clignant grossièrement de l'oeil vers son public goguenard comme aux riches heures du Théâtre ce soir. Dans un registre plus tragique, d'autres savent plus sobrement et martialement demander, les yeux dans la France, si vous trouvez normal, non mais franchement trouvez-vous ça normal, que des grands frères génétiquement conditionnés violent des petits moutons dans des baignoires. En plus, si on rajoute le bruit et l'odeur, alors où va-t-on ?


Bon, on dramatise, on dramatise, mais tout ne va pas si mal dans ce monde qui pue. On peut tranquillou se laisser tirer la sonnette d'alarme les périodes d'élections venues, couper l'eau quand on se brosse les dents et autres courageux gestes, puis s'en retourner peinardou en 4x4 patienter le prochain moment propice pour s'émouvoir un quart d'heure de la fin de la fin et du début des emmerdes. Entre deux, on se prélasse, aveugle au triste tableau que quelques agités peignent en hurlant à coups de fauchages, abordages et autres enchaînements. On verra bien.

Alors, c'est foutu ? Aucun espoir ? Meuuh non ! Nourris aux débats publics participatifs sur des thèmes variés mais pas trop, nous allons être sauvés par la vierge vengeresse, la Sainte Blandine de la social-démocratie, la Saint Geneviève des régions de France, nouvelle Jeanne à l'étendard carmin matiné blanc-bleu.

Remarquez, fidèles à leur bougeotte de saint-guy qui les brandouille depuis qu'incertains pré-ados ils hésitaient devant les portants entre les revues coquines et les mags d'informatique, il y a aussi les centristes, tous de droite venus, qui à force de vouloir aller vers la gauche (cf. illustration),


vont s'en revenir plumés les cocos, une main devant, l'autre derrière, avec leur bite en fleur mais sans leur coutelas de Rahan qu'ils avaient chopé discretos dans le crypto communiste Pif gadget (cf autre illustration, on est en plein web 2.0 je mouille !) :

C'est quand même bien triste ces pochettes de disque, dont la politique ne ressort grandie. Mario Cavallero ne s'y est pas trompé naguères : il fit habiller sa reprise de l'amère complainte delpechienne en une allegorie aux robes en popeline que bien peu d'exégètes perçurent comme le véritable manifeste graphique d'une France retrouvée. Bien cachée était donc l'agitation politicarde derrière la joie d'une fraiche vision kaléidoscopique de cette jeune fille qu'on imagine en fleur dans son franche cancan printanier, un morceau de chiffon rose accroché à la taille, un autre vermillon battant les airs de sa pubère carmagnole. On l'entend chanter Ca ira, on la voit belle comme le soleil un lundi, on se remémore quand on était si jeune, jouer à si on chantait, à faire comme l'oiseau pour s'envoler au dessus des forêts et des prairies où s'ébattent les chevaux fous, par dessus l'Himalaya et par-delà le Lac Majeur. Toute gaite comme ça, elle doit s'appeler Marianne, si jolie, si jolie.

 

Mais ce n'est qu'une chansonnette.

A la fin de la beuglette pophiette poussée avé l'assent de Borme-les-Mimosas sur ce 6e volume du Hit parade chanté, la cruauté du quotidien se rappelle à nous, l'heure qui pointe, le prix des allumettes qui flambe, le surgé qui braille, le bordel quoi. La France a vraiment foutu le camp, un autre Michel, au nom moins violent mais au courage plus viril le sait et le clamera toutes les 70's durant et après encore : c'est torché, on est eus ! jusqu'au trognon !!! Pillés, lessivés, blêmes et dépouillés de nos plus beaux emblèmes nationaux. Mais ce chantre mou de la vraie France, celle qui ne ment pas, ce héraut de la nation qui ne se laisse pas marcher sur les couilles par les crouilles et autres raclures génétiquement tarées l'a glapi, les machoires serrées, le mandibule prognate et la chemise sportswear repassée négligeamment ouverte sur un mâle poitrail : ils ont le pétrole, mais c'est tout !

Mais ça, malheureusement, de plus de en plus de cons osent le dire.

 

Note aux benêts : dans les cases interactives de cet espace informatique distant participatif, ça râle, ça pinaille, ça trépigne et ça fait son caca nerveux, en un mot, ça formule ce que nous nous autres dans l'informatique appelons des réclamations, parce que Mario Jr traîne à éditer son billet. En plus, quand celui-ci vient, c'est amer et bâclé, expurgé de tas d'images et de tonnes de saillies, billevesées et autres tirades qui s'étaient accumulées en brouillon grossissant au fil des semaines, tout parce que l'hébergeur râle quand c'est trop lourd. En plus, le tout est bâclement résumé au dernier moment pour cause d'actualité deadlinesque (comme dirait Brian Ferry).

Résultat : une livraison mi-chèvre mi chou que l'équipe trouve, après trop rapide relecture, mal agencée, vite montée et au finale peu inspirée. Mais bon, il fallait en terminer de cet article qui n'en finissait plus de gonfler sans jamais sortir, sur un thème qui, finalement, ne nous a pas trop motivé. Et tout ça à cause d'une bête réponse à un billet sympa, (déjà cité dans cet article, mais c'est ce que nous appelons nous autres informaticiens le double check) il y a deux mois déjà de cela. Rhalala, tout fout l'camp ma pov' dame ! Mais ça, évidemment, la racaille qui commente ne va pas se gêner pour nous rappeler légitimement notre incurie. Qu'elle en soit remerciée, mais qu'elle ne se la pête pas trop non plus ! ;o)

PPS : et l'équipe ne s'engage nullement sur un édit après le premier tour, bien entendu !

 

par Mario Cavallero Jr publié dans : pophits
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