Kung Fu Fighting
Wowowowoooo HUH !
Wowowowoooo HA !
Everybody was Kung Fu Fighting
Those kids were fast as lightning
In fact it was a little bit fright'ning
But they fought with expert timing.
There were funky China-men
From funky China-Town
They were chopping them up
they were chopping them down
It's an ancient Chinese art
And everybody knew their part
From a faining to a slip and a kicking from the hip.
Everybody was Kung Fu Fighting
HUH !
Those kids were fast as lightning
HA !
In fact it was a little bit fright'ning
HUH !
But they fought with expert timing.
HA !
There was funky Billy Chin
And little
Sammy John
He said: Here comes the big boss (Uh-Huh)
let's get it on
We took the bow and made a stand
started swayin' with the hand
A sudden motion made me skip
now we're into a brand-new trip
Everybody was Kung Fu Figthing
HUH !
Those kids were fast as lightning
HA !
In fact it was a little bit fright'ning
HUH !
But they fought with expert timing.
HA !
Wowowowoooo HUH !
Wowowowoooo HA !
Everybody was Kung Fu Figthing
HUH !
Those kids were fast as lightning
HA !
In fact it was a little bit fright'ning
HUH !
But they fought with expert timing.
HA !
Parce qu'il croyait que ça ne casserait pas des briques, le producteur indo-machin Biddu
se désintéressa de la sortie du single qu'il avait pondu, I want to give you my everything étant, par la magnanimité d'un directeur-artistique despotique bien qu'inspiré, relégué en face
B au profit de la face B originelle, torchée durant les 10 dernières minutes de la location du studio. Biddu, qu'a raté une bonne occasion de la fermer, du faire ceinture pour qu'on lui reconfie
un jour une autre prod', alors qu'il avait fait finalement le carton plein sur cette compo de Larry Weis, l'inénarrable, l'immarcescible, l'imputrescible, l'incontournuble Kung Fu
fighting, ahané par le plus hong-konguais des rastamen, Carl Douglas, jamaïcain de la première bouffée et hamburger de la dernière fournée après son échouage hanséatique
post-traumatique.
One hit wonder parmi les one hit wonders, KFF
décrassa les pistes de danse de leurs derniers twists et reliquats de jerks en y propulsant les Huh! et les Ha! d'un proto-disco carnassier et
putatif hymne aux moumouttes exubérant de mâles poitrails aux tétons
vaguement masqués par les cols pelle-à-tarte de chemises lycra moirées de cachemiresques motifs or et stupre.
Si au fil des turpitudes de l'Histoire avec un grand hasch certaines libérations du joug totalitaire ne se firent glorieusement sans de traditionnelles et courageuses tontes à ras, les années
septante s'évadèrent des carcans de l'ordre infrasexuel en allégoriant les capillarités poitrinaires les plus affriolantes, des sternums les plus moites jusqu'aux plexus les plus coits, des
dessous-de-bras féminins frisottants aux dessus-de-couilles masculins buissonnants. Alors, les pectoraux jaillirent dans le débat sociétal, ornés de pilosités testoriques ou de mamellures non
silliconnées, selon affinités. Ah le joli mois de mai (novembre était pas mal aussi mais alors plutôt indoor, rapport au différentiel encore mal réglé par l'évolution darwinienne quant aux
capacités de résistance thermostatique des torses d'homo sapiens aux frimats exposés : pif paf, le rhume de poitrine, j'vous jure d'une tuile).
Dans le vain espoir se donner une contenance sur parquets de discothèques, on brâma ses velléités copulatoires avec forces éructations des fameux chœurs martiaux qui rythmaient l'hymne blaxploito-bruceleeien de ce demi-fausset
de Carl Douglas. Sous les crépitements lumineux de boules à facettes jiclantes de virevoltants jaunes et rouges et verts et jaunes encore, on mima en des poses grotesques qui les exploits d'un
fils de dragon, qui les facéties d'un petit scarabée, reproductions corporelles en pied et en sueur d'une entomologie cinématographico-télévisuelle où les héros ne
tiraient plus à coups de leur canon mais usaient de leurs mimines en de sado-masochistes ballets avec des triades de bandits patibulaires qui battaient sûrement leurs gosses après
ça, faut reconnaître que c'est douloureux.

Pour accompagner ces expressions de masculinité, un chouia ébrèchée par des plateform boots de tafioles et des coupes de cheveux de gitanes, reliquats d'une androgynie glitter du plus mauvais aloi pour trouver un boulot de
comptable-adjoint ou pour plaire à belle-maman au détour du gigot-flageolets dominical, les chanteurs firent oublier leur voix de castrat en plastronnant de tous leurs poils mammaires expulsés
depuis les baillements d'acryliques douteuses qu'ils usèrent comme liquettes de jour, franchement, z'avaient pas honte à l'époque. Assurément, nonobstant toute étude scientifique digne de ce nom,
il y a fort à parier que ça devait faire juter à donf les petit-bateau vu que les plus beaux étalons s'adonèrent encore de nombreuses années durant à concourir au jabot kératiné le plus velouté
du quartier.
En bords de pistes sur les poufs de violets velours, babillèrent et caquetèrent tant de minettes ébahies par les combats aériens que les virils gallinacés jouaient dans leurs parades déhanchées,
de shuribakis accompagnés et de Ha! et de Woh ! syncopées. Devant telles démonstrations d'une fertilité assurée, elles finiraient bien par basculer à l'arrière de R17 aux banquettes de fourrures
itou tapissées mais là de synthétiques poilades, seule concession à la nature pileuse. Fin de l'histoire : le poilu poitrail appelle les papilles de pucelles dont le pilouplilou s'empale pile
poil sur de tocards paletoquets au terme de samedis soirs aux fièvres blénoragiques consécutives. Minable.

Proprement, d'autres représentants du
sexe fort firent montre de leur séduction sous des atours plus chastes et moins poitrineux, sans toutefois sacrifier à un fort pouvoir d'attraction. C'est ce que nous autres conducteurs Offset
appelons des "minets", et ça fit fureur au mitan des 70's. Le minet n'est pas plus anglo-saxon que le marlou disco n'est latin, mais reconnaissons un tantinet que les latitudes élevées firent se
remballer sévèrement les carpettes pectorales sous de pimpants sous-pulls
violets non moins suggestifs dans leur surgissement d'un débardeur jaquart ou d'une veste de laine
crème d'un biais moka réhaussée. Pis, les assauts de pastels et de camaïeux firent des blonds minets (un minet est toujours blond, même s'il est brun, cherchez pas à comprendre, moi-même je m'y
paume) les archétypes des gendres idéaux, dont des armées de fillettes post-pubères maculèrent de leurs lacrymales déjections des abonnements entiers de OK magazine, à en déforester
l'équivalent de 200 terrains de football de forêt amazonnienne pour chaque livraison mercredomadaire. Et encore, je ne parle même pas des numéros spéciaux Jairo.
Sur les bancs face aux lycées d'État des plus insignes préfectures françaises, elles jaquetèrent à l'envi sur ce bel Alan en page 3 ou le si mignon Barry en page centrale, dont le souvenir
nocturne de rêves éroto-sentimentaux faisait oublier les mélopées de leur variétoche mièvre de produits de l'industrie musicale qu'ils étaient pour la plupart, comme naguère le furent Hervé ou
Paul et comme le seraient un jour Andrew ou George, au hasard. Certes, certains étaient musiciens et pouvaient receler au cœur de leur répertoire personnel ou pour d'autres de subtiles pépites,
dont l'hélvétique Juvet nous abreuva avec un talent qui humilia tant de connards phalos et désepéra tant de pétasses frigos.

Les Rubettes, c'était un peu de tout ça : propres sur eux, montés comme des Bambi avant le bal de fin d'année, accoutrés comme des garçons de bain à Gstaad, aussi reluisants que des Fuego,
la demi-douzaine de minets étaient des musiciens de studio en chevronnance annoncée, débauchés pour un lustre de succès par un binôme de producteurs dont nous tairons les noms par respect des
convenances et en hommage à Nicoletta.
Enfui de la formation peu de temps après le premier et plus grand succès, le chanteur falsetto Paul da Vinci (de son vrai nom Habib Ben Mollar, il trouva que ça faisait un peu trop "Méditerranée"
et traça septentrion pour trouver un pseudonyme nordique : raté. [NDLR : cette anecdote est outrageusement fausse, mais aucun SMS ne nous fera changer d'avis : ça va booster notre blog-rank à
mort]) rendit inoubliable les stridences de Sugar baby love, secondé avec force contre-uts par sa tribu également assez bien dotée en matière d'ululements, merci bien. La légende fait
accroire que, parce que les castrats provoquèrent des émois sexuels dans la gent féminine baroquasse quelques siècles auparavant, les minets chanteurs à minettes poussèrent leur perversion de
petits coqs à vriller les tympans des gonzesses pour mieux leur vriller autre chose par la suite. Whalala les jaloux qui disent rien que des méchancetés ! Enfin bon, reconnaissons qu'il n'y a pas
de fumée sans feu...
Le trouble était tel que certains chanteurs à minettes mélèrent en de virtuoses Janus minets Jeckyl et latin lovers Hyde. Rogues comme des hidalgos
de bal-à-vioques en Baie des Anges, coquins comme des gigolos de femmes de directeurs de succursale de la Banque Populaire, ces pervers polymorphes n'en
étaient pas moins de fades chanteurs de mélasse, tout juste bons à faire orgasmer d'un
simple sourire les grappes de dactylos et autres apprenties mères au foyer (pff... facile), qui
les poursuivaient jusques aux ruelles miteuses au cul des théâtres municipaux provinciaux qui offraient fastueusement des Entrées-des-artistes promises aux plus belles véroles. Elle devenaient
interminables ces tournées de galas noyées au gin-amphéts vers 4h du mat' des suites préfectorales du Grand Hotel place Charles Gaulle (anciennement Esplanade du marché aux volailles).Héraut du genre, anti C. Jérôme pour l'allure et contre-exemple de Joe Cocker pour le style musical en dépit d'une simillaire capacité à barrir assez surprenante pour des blancs becs, bellâtre parmi les plus gludures, Mike bien que vedette n'en était pas moins Brant. Bien mal lui en prit de cultiver son plastron très généreusement pileux, toutouffe géante qu'une voiture passant dans la rue accrocha malencontreusement alors que le jeune fât s'en grillait une au balcon du 4e étage. Et là, c'est le drame.
Reste qu'à part quelques monstres cumulants les deux pôles de la séduction masculine mid-seventies chez les chanteurs à minettes, le combat fit rage. Enquillant contre-alti sur contre-alti, les minets bataillaient les cœurs et les culs à des cohortes de machos poilus, tout de râles discoïdes brandissant. On se serait cru en plein Neuilly un hiver 2008, Martinons non ! non ! contre Sarkozys zi ! zi !, brushings à la Lauzier vs. moquettes à la Travolta. Les émois des pétasses balançaient entre ces hordes stylisées aux rythmes de discos de plus ou moins bonne facture. Faut avouer que musicalement, il y avait du déchet à la tonne. Car combien de Rubettes pour un Bee Gees ? Combien de Patrick Hernandez pour un seul Cerrone ?
Ce corps-à-corps musical de l'amour vache contre l'amour chaste incarna cette année-là la dialectique éternelle de la variétoche, oscillant entre l'apparente rugosité d'une street credibility de pacotille et la fausse virginité de braves types qui auraient tout autant pu être coiffeurs ou agents de change en zone aéroportuaire internationale. Écoutons là leurs vagissements et leurs vagues échos, par la grâce de la technologie portés en une maigrelette radio mal orangée jurant avec le style classieux de ce site maquillé par Saint-Maclou, saison printemps-été 1976 :
Le printemps 1974 finissait de consummer les derniers restes de Pompidou et Mario Cavallero, tout pris dans
l'exigence de fournir avec la plus
grande pertinence sa saisonnière moisson de
succès chantés du hit parade dans son 16e volume de Pop Hits, ici à nouveau goûlument emballé (voir illustration ci-contre) par le brillant Michel Laguens qui aimait tailler des bikinis
dans l'Albal pour papillotter ses blondes poulettes avant de les passer à la casserole (il s'agit d'une licence poétique, ne prenez pas tout ça au pied de la lettre, ça va relancer votre herpès
colorectal), notre chef Mario donc dut se résoudre à trancher dans le gras : les kung fu fighters auraient l'honneur d'une reprise en début de face B, les amoureux saccharinés seraient
voluptueusement desservis sur la même plage par-delà un pont à la Schönberg (Claude-Michel, vous emballez pas trop quand même) pas si dégueu que ça (Le premier pas, du beau, du bon, du
beau niais).
Ici sauvagement abrégé par Mario au terme des trois minutes réglementaires, le brûlot kung funk popularisé par Douglas se vengea dans les années suivantes comme suprême référence
cinématographique et télévisuelle, de Wayne's world aux Scrubs, de Shaolin
suckers au moindre reportage sur les mafias siniques :
Piteux de l'avoir ainsi coupée trop court à Mike Clifford, son chanteur qui se la jouait David Carradine des boîtes de
nuit, Mario lui offrit un rattrapage comme lead singer sur la scie des suce-nommés minets Rubettes :
D'accord : son Sugar baby love ne vaut pas l'original, mais reconnaissons aussi que l'original lui-même ne le vaut pas non plus.
Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.

et ça papote...