le ouèbe résolument 7.0

Pop Hits, le hit parade chanté, c'est 10 ans, 54 albums vinyl (et quelques musicassettes), 634 reprises de chansons et quelques inédites, les pochettes les plus cheesecake de la galaxie, la qualité française aux éditions Musidisc International, une quintessence musicale orchestrée, dirigée et digérée par le Ray Coniff hexagonal, Monsieur Mario Cavallero en personne : c'est Pop Hits, le hit parade chanté.
Hmmm !!!

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This web site is dedicated to a french series of cover compilations of "hits" during the 70's : Pop Hits, le Hit parade chanté. Songs of the moment (the best and the worst ones) were badly covered by Mario Cavallero, his orchestra and his singers. The seasonal productions were magnificaly packed into cheesecake covers. In fact, the main (only ?) interest of this site. Check out in priority our Des pochettes section to watch and enjoy this artwork, climax of the french touch.

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Pop Hits, le hit parade chanté

Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 18:22
J'ai encore rêvé d'elle

J'ai encore rêvé d'elle
C'est bête, elle n'a rien fait pour ça.
Elle n'est pas vraiment belle,
C'est mieux, elle est faite pour moi.
Toute en douceur,
Juste pour mon coeur.

Je l'ai rêvée si fort
Que les draps s'en souviennent.
Je dormais dans son corps,
Bercé par ses "Je t'aime".

Si je pouvais me réveiller à ses côtés
Si je savais où la trouver
Donnez-moi l'espoir
Prêtez-moi un soir
Une nuit, juste, pour elle et moi
Et demain matin, elle s'en ira

J'ai encore rêvé d'elle
Je rêve aussi
Je n'ai rien fait pour ça
J'ai mal dormi
Elle n'est pas vraiment belle
J'ai un peu froid
Elle est faite pour moi
Réveille-toi.

Toute en douceur
Juste pour mon coeur
Si je pouvais me réveiller à ses côtés
Ouvre tes yeux, tu ne dors pas
Si je savais où la trouver
Regarde-moi
Donnez-moi l'espoir
Je suis à toi
Prêtez-moi un soir
Je t'aime
Une nuit, juste pour elle et moi
Et demain

Enfin je vais me réveiller
Je t'attendais, regarde-moi
À ses côtés, c'est sûr je vais la retrouver
Ouvre tes bras
Donnez-moi un soir
Je suis à toi
Laissez-moi y croire

Une vie juste pour toi et moi
Et demain matin, tu seras là.


Haa, Joëlle... Si Sheila était la fille des Français, Joëlle Mogensen, suave beugleuse du groupe proto-pompidolien Il était une fois, en était la fiancée.

Lead singer charmeuse d'un des rares groupes pop à l'anglaise de la France des 70's, Joëlle ensorcelait les imaginaires de toutes les générations et de tous les sexes, ce qui n'est pas peu dire si on a l'esprit un tantinet agile.

Icône populaire, blonde filasse mignonne et imparfaite où il faut comme il faut pour être suffisamment accessible pour les jeunes femmes qui s'y croyaient et les hommes itou mais plus quand même, Joëlle aurait pu poser pour les pochettes de Pop Hits, le hit parade chanté, et certaines de ses tenues d'époque 100% bennyhilliennes sieyaient autant que ses poses à l'esprit de la grande collection. Pull au ras du moteur, bottes glitter, corsage bouffant translucide lavé avec Coral qui garde tous les textiles modernes plus frais plus propres, short tellement moulant qu'elle pouvait le garder chez le gynéco sans qu'il n'en rate une miette au cas où la Jojo aurait fait des choses croquignolettes avec son parisien-cornichon, j'arrête là sinon ça va syncoper dans le public. La panoplie complète quoi.

Michel Laguens a du être jaloux de ne pas l'avoir fait poser. On retrouve d'ailleurs chez un des mannequins fétiches du grand illustrateur de galettes cheese-cake une troublante ressemblance, sosie dont le nom nous échappe et ce n'est pas faute d'avoir fouiller tous les bacs poussiereux des Trocs de l'île et cartons de disques à 1 € de France et de Bavière et racheter les stocks de compilations à la tonne dans un but historiographique dont personne ne doute mais alors là personne dans le but unique de voir apparaître enfin acollé au crédit du photographe le nom de la blonde, au cas où.

Mais trève de glose sur la plastique mogensennique et de ses clones, c'est une autre histoire, nous y reviendrons incessamment. D'ici-là, il serait temps de s'attaquer au plat de resistance, à la musique et aux paroles de J'ai encore rêvé d'elle, parce que tout le monde attend impatiemment qu'on rende hommage à ce monument que Mario Cavallero a lui-même honoré dans son tome XXI (ça jette quand même plus qu'opus 21) de Pop Hits, le hit parade chanté par Mister Mario Cavallero himself, enfin pas que parce qu'il se trimballe toujours son orchestre et ses chanteurs, dont Lili Montès avec qui Mario l'a poussée. La chansonnette. Vous suivez ? Bon d'accord, on y va :

Ayayay la vie de ma mère ces paroles ! Torrides et pourtant cérébrales, le lacanisme en bandoulière et la lessive dans le sac à dos, elles portent la sexualité au paroxysme de la normalité, du banalissime, du quotidien puissance 7, comme une plongée dans l'hyperréalisme de la vie sentimentale au pays des pattes d'eph et des chemises en lycra. Cyniques ou sincères,
elles accrochent et dérangent parce qu'elles sont crédibles dans leur médiocrité et leur possibilité. Notre héros qui conte ses émois à la première personne a "encore rêvé d'elle / C'est bête, elle n'a rien fait pour ça". Bel aveu de la simplicité de l'amour naissant qui se passe d'éclairs tonitruants et de regards pénétrants au travers les foules de halls d'aérogares pour se concentrer sur l'imparable, le basique, les fondamentaux aurait dit Charles Bietry : l'étrange et pénétrant, quasi proustien, l'onirique moite et incontrôlable, le transgressif des barrières raisonnables par-delà le sommeil paradoxal et ses déroutements de la conscience maîtrisée vers les chemins tortueux de l'activité corticale délivrée des schèmes sociaux et enfin pilotée par une paire venue du fond des braies : bref, le fantasme refoulé.

Les coucougnettes ont pris le pouvoir, et on n'aurait pu croire qu'elle fut si désirable, presque comme si elle faisait même tout le contraire pour qu'il ne songe jamais à elle. Mais paf ! c'est rapé. En plus, la nature ne l'a pas gâtée,  "
Elle n'est pas vraiment belle" quoique ça arrange le mec puisque "C'est mieux, elle est faite pour [lui]". On semble nager en plein romantisme, elle est "Toute en douceur / Juste pour [son] coeur" mais on baigne dans le rousseauisme le plus pur, que même Lévi-Strauss il n'en a pas trouvé des comme ça chez ses Papous et autres Zoulous alors que c'était là, sous notre nez, Brel le savait bien lui. C'est puissant comme la force des sociétés paysannes où femelles et mâles s'acceptaient comme ils étaient, simplement, sans chichis. On se mariait puis on s'aimait. C'était simple, c'était comme ça. Et vas-y que je te repeuple la France.

Mais le giscardisme faisait à peine oublier le pompidolisme que la modernité de cette société des R 16 et des chaînes hi-fi bouleversait le mol ordonnancement du pré-coïtus. Sont-ce les trépidations du premier choc pétrolier ou bien l'effondrement des Lip, les dos nus de Mireille Darc ou les crânes
d'oeuf de notre duo de l'exécutif, toujours est-il que Serge Koolen, fugace musicien d'accompagnement de Polnareff avant de se faire lourder par le blondinet lunetté entré en dépression après une tournée délirante mais musicalement exécrable en 1970 puis de Dick Rivers après la fermeture de sa boîte à tubes, pathétique parolier et chanteur de J'ai encore rêvé d'elle, compagnon à la ville comme à la scène de Joëlle pendant 9 ans, et qui chaussait du 41 mais un peu large, Serge truc donc pose le semi-quatrain qui bouleversa une génération de post-pubères en cols pelle-à-tarte : " Je l'ai rêvée si fort / Que les draps s'en souviennent" vite suivi d'un "Je dormais dans son corps". Doux Jésus, Sainte Branlette, que se passe-t-il donc ? Le service en 140x220 offert par tantine Huguette, celui avec les rhododendrons oranges et violets, celui-là même qu'elle lui commanda aux Aubaines pour son emménagement à Limoges où il allait passer sa capacité de droit reclus dans un garni du quartier Saint-Guy-Lux, zouip splash ! en un coup de cuillère à pot, le voici de sa semence maculé par l'influence d'une réminiscence nocturne.

La France a peur. Elle se réveille engluée du bassin dans une toile imprimée 73% polyamide, 27% polyester. RTL crache l'horreur évadée des turpitudes noctambules. Quand le grand Rochefort rêvait de la fille en rouge à travers les translucides cloisons d'un open-space du 17e étage, Il était une fois la médiocrité faisait éjaculer en mi, sol et ré. Pourtant, nulle censure mais l'encensoir pour la bluette beuglée par la belette et ses blaireaux. Des ondes jaillirent le canon qui scisaille les tympans à coups de
"Siii-je-pou-vaiiis-me-ré-ve-illeeer" exécutés au falsetto mécanique masculin et autres répons "Ou-vre-tes-yeux, -tu-ne-dors-paaaa-ahahaas" exterminés à la chignole électrique féminine. L'air est inexpulsable une fois qu'il s'est frayé un passage au travers les pavillons auriculaires jusqu'au cerveau le plus reptilien qui la fait ensuite virevolter tel un Derviche collant par la force centrifuge aux parois de nos crânes d'homo sapiens sagrince.

Ce que cela a pu emballer sur cette ballade un million de fois vendue ! Combien furent humectés d'yeux, de lèvres et tutti frutti ! Les idoles glamour de la France de ce printemps 75 vont gonfler autant les esthètes germanopratins que les statistiques de la natalité de 76. Bien des années après,
cet antagonisme amoureux porté en chansonnette déchirante interroge les tréfonds de notre société. Les Frères Taloche ont tenté médiocrement d'expliquer la gestuelle cachée derrière. Aujourd'hui, après les reprises merveilleuses de Peter & Sloane, de la Star Ac' ou de Pierpoljak, des milliers de karaokés et playbacks font compisser la jeunesse française du XXIe siècle, preuve étant du caractère intemporel de la création musicale hexagonale du mitan des 70's, et des textes surtout, nondudjuu, des textes !, n'en déplaise à certains esprits chaffouins et autres modernistes à tout crin.

Du couple si commun mais si bandant, Joëlle donc tira la couverture à elle, quand elle ne la rejeta pas devant quelques lentilles nikoniennes.
Quelques années avant sa mort tragique par  un oedème pulmonaire dont on se gardera bien d'expliquer la cause par une quelconque over-dose d'héroïne nullement démontrée et sans fondement éthique, Joëlle fit dans une revue de droit médical un cours de violoncelle peu baweuresque mais peut-être plus efficace en fin de compte. Je ne sais pas, je préfère le triangle.

Difficile pourtant de ne pas douter des compétences musicales de la Jojo dont il fallut recalibrer la vitesse de défilement de l'enregistrement de sa voix sur J'ai encore rêvé d'elle pour qu'elle nous éreinte l'ouïe le plus justement possible à moins d'un demi-ton pour que ça ne s'entende pas trop. Alors de là à recevoir des leçons de corde par une fille sans string, laissez-moi m'étrangler, non en fait ne me laissez pas.

Décidément, difficile d'éviter toute souillure séminale du linge de maison en contant Il était une fois.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.




 .
Par Mario Cavallero Jr - Publié dans : Pop Hits, le hit parade chanté
Si ça vous dit d'en causer, ne vous gênez pas - Ouh pinaise ! y a 52 commentaires
Dimanche 26 novembre 2006 7 26 /11 /Nov /2006 22:23
Deluxe edition :
Billet original de 2006 édité dans son jus d'époque et massivement complété avec de la vraie musique en dedans (dont la version Pop Hits !), des nouvelles pochettes (dont plein de pastiches de Whipped cream) et toutes les images plus grandes et plus belles, le tout édité le 14 juillet 2010.

Bonus Extra :
Plein de versions de Love to love you baby dans l'épisode 04 de notre série de l'été 2010 Disco Machine guns


PopHits-HitParadeChante-24.jpgLove to love you baby

I love to love you baby...

When you're laying so close to me
there's no place I'd rather you be
than with me here

I love to love you baby...

Do it to me again and again
you put me in such an awful spin
in a spin

I love to love you baby...

Lay your head down real close to me
soothe my mind and set me free
set me free

I love to love you baby...

When you're laying so close to me
there's no place I'd rather you be
than with me here

I love to love you baby...

Do it to me again and again
you put me in such an awful spin
in a spin

I love to love you baby...

I love to love you baby...

I love to love you baby...

Love to love you baby baby...

I love to love you baby...

When you're laying so close to me
there's no place I'd rather you be
than with me here

I love to love you baby...

popHits14-lovetofrontDo it to me again and again
you put me in such an awful spin
in a spin

I love to love you baby

Lay your head down so close to
soothe my mind and set me free
set me free

I love to love you baby

When you're laying so close to me
there's no place I'd rather you be
than with me here

I love to love you baby
 
PopHits14-lovetoback
Bon, comme ça, à juste lire les paroles, même si la pochette affriole, c'est beaucoup moins chaud que la version gigotée par Donna Summer en 75 : 
 

 
Et encore ! Vous n'avez probablement pas entendu la version cavalleresque hahannée par Lili Montès, fidèle d'entre les fidèles du grand orchestre de Mario C. :

Rrrrrrrrrrrr !!!

PopHits14-donna summer plumage stdOn dit de ce morceau (l'original de Summer, pas la version pophiette, voyons) que c'est un classique des classiques. Or, si c'était un classique, on parlerait donc de...  de ??? de musique classique bon sang ! Comment conter alors l'histoire de ce tube disco dans un univers classique ? Ce serait ridicule. Bon, si on essaye quand même, ça donne à peu près ça (avec l'aimable autorisation de notre collaborateur DJ Cyberdog qui hébergea cette navrante  storiette naguère) :
 
Giorgio Moroder était KapelMeister dans les faubourgs de Munich, près d'un fort de mousquetaires venus du nouveau monde. L'une des donzelles d'un spadassin, venue le rejoindre dans les contrées germaines, le quitta pour un repriseur de hallebardes teuton (en fait autrichien mais il avait quand même un sale accent boche), du nom de Helmut Sommer, ça ne s'invente pas.
 
Herr KapelMeister remarqua la jeune épouse dans une vèpre un peu chaude consacrée à la capilarité  ébouriffante et très en vogue à l'époque où LaDonna (car tel était son nom de baptême) officiait dans la langue de l'inspecteur Derrick au sein d'un choeur des vierges supportant avec force démonstrations aérienne du sacrum un castrat pathétique qui louait die Caaaaliiiifoooorniiiiieeee. Giorgio, flanqué de son bedaud Pete Belotte (ça ne s'invente pas), proposa à la jeune pécheresse (elle venait de quitter Helmut, va savoir pourquoi) d'intégrer sa maîtrise personnelle, en tout bien tout honneur bien entendu (bien entendu).
Après lui avoir composé quelques partita, Giorgio lui écrivit un motet rien que pour elle, en hommage à la dévotion pour Dieu (Love to love you baby), et en fit une version réarrangée pour les longues messes d'hiver sous le nom de club-mix* pour une durée de 17 minutes, peu communes à l'époque et maintenant aussi.

Toutes les salons d'Europe s'arrachèrent cet ensemble musical.
* On ne confondra pas avec le club-pâté-mayo, inventé après et plutôt entre les Ardennes et Marquette-lez-Lille.

En fait, cette histoire racontée ainsi n'est pas ridicule, non non. Elle est franchement débile (pas l'histoire, authentique, elle, mais cette transposition moyen-âgeuse (nous avons fait ça uniquement parce que nous avons un co-financement du ministère de la Culture)).

Et puis mieux vaut se répandre ailleurs pour déguster ce morceau diversement.


PopHits-HitParadeChante-24.jpgDe toute façon, là n'est pas l'objet de la chronique de ce jour, consacrée certes à la lascivité, ce dont LaDonna était fort bien pourvue, mais
 aussi à la crème (le thème du billet, suivez noudoudjou !).
Or, de crème, il n'y a que pouic chez  Donna (les paroles et images le prouvent ci-dessus), et à peine un chouia de crème sur la pochette de ce n°24 de Pop Hits, le hit parade chanté. (pour vérifier, la revoici ci-contre, la pochette 24).
Et de lascivité, si Summer en abusa (ah ça !), que nenni pour notre affaire pophiette opus 24, tant dans l'interprétation de serveuse de fromage à la coupe au Mammouth de Vierzon-sud de Lili Montès, égérie de chez Damart avant d'être débauchée par Mario pour michèletorriser, que dans la photo d'illustration de cet épisode Pop Hits 24 commise par PAF International (non, il ne s'agit nullement d'une variation comico-graveleuse sur le nom du studio photographique PAF International, mais l'authentique référence de la prise de vue pour cette pochette du Pop Hits 24. Et d'une dizaine d'autres d'ailleurs. On croit rêver...).
Pis, aucune pochette de la série Pop Hits ne fut aussi non sexy que ce 24e volume. Limite scandaleux ! Pourtant, il y en eu des mimis des couvertures, voire des particulièrement chaudasses. Z'avez qu'à consulter notre rubrique les pochettes !!! là-haut à gauche, allez-y tout seul, j'ai peur de vous saouler par trop de balades hypertextuelles.

Mais là non. Habillée comme un automne de chez Pantashop, le mannequin qui s'appelait sûrement Jacqueline ou Marie-Sylviane suçotte vaguement un peu de crème fouettée derrière ses belles dents blanches croquinant à peine son speculoos prête à le recracher de peur qu'il ne fut parfumé au glaire de chameau.
C'est pas Michel Laguens qui se serait permis une telle assexurie picturale, lui qui nous propose plutôt par exemple ça, pour une compile de 74 :



Déchiros non ?
Rhalala, on en connait pourtant des manières de fouetter la crème sur des pochettes de disque sexys.
Bon OK, c'est un peu tiré par les cheveux, mais nous y voici ! (quel détour spécieux pour en arriver là, pathétique...), par la grâce d' Albert-derrière-qui-l'herbe-ne-repousse-pas et son soutif tyrannique (Herb Alpert and his Tijuana Brass en VO non sous-titrée), méga vendeur devant l'Éternel (pas plus fort que les Beatles quand même mais il a été le seul à coller 5 albums en même temps dans le top 20) et pourtant conchié par les snobs pour la facilité avec laquelle il bossanove et rumbise.
Certes, Herb Alpert a été davantage gaussé pour sa musique, que certains croient produite par Otis (pas Redding, les ascenseurs), que pour la très appréciée et léonardienne pochette de son album le plus vendu à travers le monde, Whipped cream & other delights, dont d'autres ont déjà causé suffisamment bien pour qu'on en rajoute pas.
La pochette ? Quelle pochette ? Eh b'en celle-ci :

PopHits14-whipped-cream.jpg


Aïe aïe aïe la vie de ma mère ! comme aurait dit futur bébé Erickson s'il avait pu parler à l'époque au travers la couche de crème qui le recouvrait, sans parler du placenta de sa mômon Dolorès qui posait pour Herb sous la pudique et blanchâtre lacture battue masquant son 3e mois de gestation.
 

PopHits14-dolores-erickson-natkingcoleQu.. Qu.. Quoi ?! Toute cette crème pour cacher une grossesse naissante ? Monnnnnnœil ! éructent en chœur 15 millions d'internautes (chiffre médiascopie de fréquantation de ce site à partir de cette image) découvrant la véritable raison de cet épandage de semence bovine sur derme humanoïde à tendance brunette à forte poitrine et charme fou.
Ca, du charme, Dolorès Erickson en possèdait plus qu'il n'en faut, faisant de ses formes son fond de commerce devant les objectifs de photographes pour disques de musique chaude et les Steadycam de réalisateurs de soap indigestes.
Cette copine de Marlon Brando et des Everly Brothers qu'elle cotoyait dans les cours de comédie qu'elle fréquentait pour essayer d'améliorer ses performances dans les séries télé de seconde zone où elle minaudait, était aussi une proche d'Ole Blue Eye (le grand Frank, rien que ça !) qui lui présenta l'un de ses cousins avec qui elle sortit et Nat King Cole, avec qui elle ne sortit pas ou alors on ne me l'a pas dit mais pour qui elle posa avec quelques unes de ses copines modèles de l'époque pour un portoflio dans l'album Wild is love, à ne pas confondre avec le 45 tours du même nom. Cole chanta d'ailleurs au mariage de Dolorès, la classe Mc Fly !

17 couvertures suivantes (dont Piano Witchcraft de Cy Coleman ou The touch of your lips de Nat king Cole là au dessus) ne laissèrent plus douter : Dolorès est l'homme de la situation (et quand je dis l'homme, j'embrasse aussi les femmes).

PopHits14-dolores-erickson-cycoleman-pianowitchcraft
PopHits14-TheSandpipers-Guantanamera
Jerry Moss, le cofondateur d'A&M, maison de disque d'Herb Alpert, et Herb Alpert, trompettiste de charme et de dynamite et cofondateur d'A&M, la maison de disques d'Herb Alpert, étaient aussi des potes de Dolorès depuis un enregistrement en 1962 dans le garage d'Herb (aucun jeu de mot). Dolorès qui décidément connaissait du beau monde, les mit en lien avec le photographe Jerry Whorf, déjà responsable du cliché du touché de lèvres natkingcolien ci-dessus.

PopHits14-Dolores-shot-couleurAlpert & Moss décidèrent de la faire poser en Joconde à la normande 45% MG pour la nouvelle galette d'Herb (aucun jeu de mot non plus) sous l'œil de Jerry donc, qui leur avait proposé l'idée depuis 3 ans mais qui avait eu du mal à les convaincre (surtout Dolorès, faut comprendre).
Pour $ 1,500 (en fait 1 500 dollars, mais ça s'écrit comme ça en américain), Dolorès quitta provisoirement les podiums et magazines de New York pour un studio losangelessois, où, après l'avoir délicatement couverte d'un drap, Jerry, qui était aussi connu pour avoir de la réserve, l'aspergea de 75 livres d'Elle & Vire épaisse légèrement battue (en fait, il utilisa de la mousse à raser, sauf pour la touche frontale). Il souhaitait donner une touche genre "Belle des champs sur guacamole" à la Manet tex-mex, fond vert moiré que le ouèbe a du mal à rendre autrement que glauque fluo, une sorte de crème de pistache atomique.
Les 90 jours de pré-maternité méritaient d'être masqués (quoique), mais pas la beauté de celle qu'on comparait alors à Audrey Hepburn (pour la candeur) ou Sophia Loren (pour... pour... enfin bon pour tout le reste).

L'effet fut dythirambique et difficilement imitable lors du 40e anniversaire de l'album pour lequel fut éditée une compile de remixes moyennenment convaincante, de la fade pochette aussi sexy qu'une glace au boudin (Bloody Sundae en anglais) si peu respectueuse de l'effet Whorfo-Ericksonnien de 1965 jusqu'aux musiques, pas mal mais sans plus. 


PopHits14-rewhipped-fulllarge

 
En bref : pas mauvais, mais pas le délire.

Rewhipped

Alors donc : la pochette !
Bon, d'abord, vu qu'elle emballait à mort (un disque en l'occurrence), cette pochette rapporta un tas de blé à Herb (toujours pas de jeu de mot), déjà que ça marchait bien pour lui, merci. Il se fait depuis lors les castagnettes en or avec cet album, pourtant pas le meilleur (mais pas mal quand même).
Dolorès, quant à elle, n'en profita pas outre mesure et ne se fit rien en or, bien que vivant très bien. Ses lustres suivants furent bien remplis par son mannequinnat à NYC au service de la mode sur pratiquables ou en quadrichromie. Au mitan des 70's, à peu près à la période où Pop Hits 24 sortait, Dolorès quitta le métier, se maria vaguement avec un connard et se mit à peindre des croûtes. Elle est quand même très sympa et répond gentiment et positivement aux sollicitations des journalistes et photographes, particulièrement depuis 2002.
Quant à Herb Alpert, il a continué de truster les premières places des hits parades dans les années 60 mais la suite fut davantage consacrée à des galas à Las Vegas et à la cogestion de son label A&M avec Jerry, dont on aurait tort de voir son homme de paille en Herb (là ça y est, vous pouvez rire).

PopHits14-whipped-cream-bikiniL'album Whipped cream... fut pourtant, à cause de sa pochette, un choc culturel que Warhol aurait pu théoriser dans sa théorie de la répétition comme transcendante d'une nouvelle beauté subjectivée par la multiplication presque identique.
...  
...
Brmpf....
Bon, d'accord, faisons simple, on est quand même sur le ouèbe : ce ne sont pas seulement les 6 millions de couvertures de l'album écoulées qui transfigurent et mythifient la pochette, mais les pastiches qui en furent faits.

Les artistes et les publicitaires les plus bidons purent se faire un peu de gras en réutilisant pertinemment le succès d'Alpert et de sa Mona Lisa crèmeuse, comme par exemple le discoïde Sweet Cream qui sortit en 1978 un album éponyme comme on écrit (parce que ça ne se dit pas, meuuuuh non) :
 

PopHits14-sweet_cream.jpg

 
Certes, le photographe a essayé de faire dans le sexy (le modèle est joli) et dans la provoc (le modèle est noir) mais la pose un tantinet scolaire est gâchée par l'aspect plâtreux de la crème. On dirait du Gaviscon® vomi par mon chien (par Bosco, Itou, le vieux qu'est mort) et assemblé frénétiquement à coups de fourchette par un Richard Dreyfus en quête de rencontre zarbi.

Dès 1966, les mamies de Frivolous Five avaient revisité avec beaucoup d'humour la mythique pochette de l'album latino jazz pour beugler des scies du patrimoine de la variété étatsunienne :


PopHits14-Frivolous5
La médiocrité des chansons est heureusement oubliée par l'audace du pastiche et la qualité artistique de la réalisation, couleurs, pose, lettrage, onctuosité de la crème, la totale.
D'autres artistes avaient moins de moyens pour s'acheter assez de crème ou louer les talents d'un graphiste, et se rattrappèrent sur l'humour gastronomique :


PopHits14-wildmansteve.jpg
Ha ha ha sacré Steve !

Bon, ne nous égarons pas, et revenons aux vrais pastiches de Whipped cream... Troublante est la proposition du groupe grunge FM Soul Asylum en 1988 qui venait de signer ça chez A&M :
 

PopHits14-SoulAsylum
Outre la composition graphique de grande qualité, l'effet décalé de la pose masculine est démultiplié par l'aspect peu ragoûtant de la sauce qui, comme le rappelle le titre, est une mayonnaise pour fruits de mer dont les odeurs firent flancher le cœur du bassiste de Soul Asylum Karl Mueller pendant la séance (flancher le cœur, c'est que nous utilisons dans notre jargon technique à la place de déborder l'estomac, gicler des intestins, geysérer des boyaux, dégobiller du bide, enfin bon vous voyez).
Pour la musique, l'effet est également peu ragoûtant.
Très bonne idée également pour ce pastiche qui emballe par ailleurs une très très bonne compile de tubes de seconde zone que l'équipe du site Pop Hits fait tourner régulièrement dans son iTunes. L'idée, nonobstant l'adaptation du lettrage et de la couleur un peu faiblarde, est magnifiée par un jeu de mots de première bourre. On en mastiquerait bien un bout :

PopHits14-righttochews.jpg

Dans le genre compile, des titres surf ou censés l'être (en fait du west coast assez inégal) ont été médiocrement repris et hideusement emballés en 99 dans une pochette puisée dans l'univers d'Herb Alpert, et pour cause : celui-ci étant repris deux fois dans cet assemblage très dispensable :

PopHits14-surfinsenorita.gif
Tant qu'à faire dans le mauvais goût, mieux vaut se tourner vers les collages post-modernes imbitables de Jabberwocky qui offrent leur musique gratos, c'est le moins qu'ils puissent faire :

PopHits14-Jabberwocky-EatShitAndDie.jpg
D'autres variations sur la pochettes furent davantage dans l'esprit graphique verdâtre au lettrage simili art-nouveau à la sauce space pop, comme ce que proposèrent Pete Nero en un hommage trompetté très vulgairement à Herb Alpert :

PopHits14-Pete-Nero-500.jpg

Ou pire encore (musicalement parlant) par une chiée de tubes populaires passés au sanibroyeur Hammond de Bob Ralston :

BobRalston-8track
On ne sait que penser de cette folledingo de Cherry Capri, dont une vidéo hilarante laisse à penser que le grand Richard Cheese a des émules.

PopHits14-Cherry-Capri-copie-1.jpg
Bel hommage également à l'esprit et au graphisme pour cet ensemble ricain qui ne manque pas d'humour, à défaut de talent assez moyen pour la molle bouillie qu'ils font du hit album concept nazi Carmina Burana, pépite que les fans d'EBM et de Numetal se repaissent pour l'intro de 98% de leurs concerts préférés:

PopHits14-BuranaBrass.jpg
Reprise du titre et du graphisme de l'album par le combo power pop des 90's très pertinemment oublié Cone of silence :

PopHits14-coneofsilence2
Moins bien maquetté mais encore plus explicite quant à l'hommage (pour le nom seulement), les suédeux shoegazeux pas dégueu de Whipped cream avait commis un album éponyme en 91 :

PopHits14-Whippedcream-theband
On s'éloigne graphiquement de cette seule pochette de Whipped cream pour le lettrage caractéristique d'Herb Alpert, repris dans la pochette pour la folk pop très passable de 2010 d'AM, le genre ni fait ni à faire :

PopHits14-AM.jpg
Dès les années 60, cela inspira d'autres ensembles d'easy listening, comme ces obscurs frères Ohman et leur album introuvable de 1967 :
PopHits14-Ohman-Bros
Mais finalement, c'est le pastiche de 1967 qui est plus trash, par le "rigolo" Pat Cooper. Son comique communautaire italo-américain politiquement très incorrect étant une sorte de mélange de qualité aléatoire mais jubilatoire entre Michaël Youn, Guy Bedos et Dieudonné, le terme rigolo est davantage une qualificatif professionnel objectif qu'un épithète zygomatyque qui ne souffrirait aucun conteste, bien que nonobstant notre difficulté à réellement tout comprendre, l'équipe de Pop Hits se fonde sur une étude exhaustive des 1 660 000 occurences googlesques sur l'asticot qui nous font compisser nos braies pour reprendre un vocabulaire batracien, notamment lorsqu'on l'entend beugler "I'M NOT YELLING ! I'M ITALIAN !" ou "I thought the Sopranos was an opera".
Cooper a dégainé dans les années 60 le subtilement dégueulasse et sublimement pissogène Spaghetti sauce & other delights :


PopHits14-PatCooper
Il y a fort à parier que Cooper fit doublement référence à l'album d'Alpert et au Who Sell out des Who (des qui ?) où (qui ?) Daltrey pateaugeait dans une baignoire de spaghetti Heinz.
Brefle, ce Whipped cream and other delights aura été un album dont la pochette fut des plus inspirantes, et nous n'avons ici qu'effleuré (rrrrrrrrrrrhhh) le sujet.

Whippedcream
PopHits14-atasteofpourcel.jpgLe fantasme du sexe culinaire a donc été bizarrement oublié du registre des pochettes de Pop Hits, le hit parade chanté, et ce bien que largement admis sur les pochettes d'autres disques depuis les années 1960 et pour longtemps encore (les lecteurs noteront qu'on ne parle ici que de pochettes et non de musique crèmeuse, ce qui rallongerait encore cette page un peu lourde et qui fait bondir les services techniques d'over-blog qui ne vont pas tarder à nous coller un blog-rank négatif à force de tirer sur la bande passante sans payer et sans dépasser les 7 visiteurs par mois, y compris mon chien (pas le vieux, l'autre)).

Le directeur artistique de chez Musidisc (l'éditeur des Pop Hits) s'est donc privé d'un filon érotogène, pour rester dans un registre assez chaste, bien que vulgaire de temps à autres ainsi que nous nous plaisons à le décrier à longueur de  pages de ce site finalement pas si pudibond que ça au vu du nombre de nénés que nous aimons à suggérer sous des motifs faussement historico-culturels.


Quand on pense que ma mère ne me sait pas webmestre de Pop-Hits.net mais me croit cuistot à la cafet' du musée du 33 tours de La Chapelle d'Armentières...

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.


PopHits14-dolores-erickson-nb
Par Mario Cavallero Jr - Publié dans : Pop Hits, le hit parade chanté
Si ça vous dit d'en causer, ne vous gênez pas - Ouh pinaise ! y a 28 commentaires
Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /Oct /2006 21:18
Femme, Femme, Femme

Eh l'ami mets ton habit de fête
Ton coeur de paillettes
Et ton regard heureux
Ce soir je t'emmène
On va faire la fête
Tous les deux
La fête charnelle
Avec les plus belles
J'ai gagné le gros lot
Ce soir c'est la vie de château

Femme, femme, femme, fais-nous voir le ciel
Femme, femme, femme, fais-nous du soleil
Femme, femme, femme, rends-nous les ballons
Les ballons rouges et ronds de notre enfance
Femme, femme, femme, fais-nous voir l'amour
Femme, femme, femme, sous son meilleur jour
Femme, femme, femme, fais-nous in the room
Du Prosper youpla, youpla, boum

Eh l'ami ce soir c'est la bourrasque
Je t'achète un masque
Et une chemise en soie
Ce soir je t'emmène
Sors tes grands je t'aime
De galas
Paris s'illumine
Comme une vitrine
De Trenet, de Chevalier
Ce soir on est les héritiers

Femme, femme, femme, n'aie pas peur de nous
Femme, femme, femme, on n'est pas voyous
Femme, femme, femme, choisis ton endroit
Nous, on s'y connaît pas, on t'fait confiance
Femme, femme, femme, on n'est qu'deux amis
Femme, femme, femme, qui s'payent un sam'di
Femme, femme, femme, fais-nous in the room
Du Prosper youpla, youpla, boum

Femme, femme, femme, fais-nous robe du soir
Femme, femme, femme, champagne et caviar
Femme, femme, femme, ce soir c'est férié
On n'va pas regarder à la dépense
Femme, femme, femme, fais-nous confetti
Alcazar et tutti quanti
Femme, femme, femme, fais-nous in the room
Du Prosper youpla, youpla, boum

Femme, femme, femme, fais-nous Marengo
Luna-parc et Monte-Carlo
Femme, femme, femme, fais-nous genre Zizi
Au casino de Paris quand elle danse
Femme, femme, femme, fais-nous langoureux
Du spécial et du larmes aux yeux
Femme, femme, femme, fais-nous in the room
Du Prosper youpla, youpla, youpla, youpla, youpla, youpla, boum

Ah, Serge... coécrit avec Alice Dona, inamovible secrétaire de la Sacem, Femme Femme Femme est le climax de l'hommage masculin au sexe capiteux sous VGE. Toute une finesse que même Bigard ne retrouvera jamais, car il n'a pas le côté d'après-guerre qui nimbe la sexualité fantasmatique de l'autre nabot Corse.

Mais trève de prétexte phallacieux pour éviter d'introduire notre émoi du jour, émoi agoni à la face du ouèbe à défaut d'emmerder Jean-Claude le patron du Khédive, avenue Sadi Carnot face aux Dames de France et Régine Coiffure (c'est du bol qu'elle s'appelle Coiffure la Régine vu que c'est ce qu'elle fait : coiffeuse. Pas le meuble, le métier).
Jean-Claude (c'est du bol qu'il s'appelle Jean-Claude, finalement) me disait pas plus tard que la dernière fois que, quand même, Koh Lantah c'est pas mal mais l'Ile de la tentation a des plages plus sympas, "si vous voyez c'que j'veux dire".

Tu parles que je sais c'que tu veux dire gros naze :
tu aimes les filles sur les plages, toute cette écume sur la peau, que tu reluques sous la visière de ta casquette Buffalo Grill en faisant semblant de faire des Sudoku alors que tu ne comprends même pas le japonnais, et compter en nipon, n'en parlons pas. Mais compter les nichons, ça, tu aimes*. Heureusement que ta Huguette n'a pas voulu divorcer et qu'elle te traîne toujours te fourrer du sable dans le short à la Grande Motte, ça te fait un alibi culturel moins cher que les cabines à 5 euros bld de Clichy. En plus, tu peux tater discretos la marchandise au rayon des fruits et légumes du Leclerc route de Béziers, scusez moi mademoiselle, je voulais attrapper les poires.

Tu parles d'une poire. Alors, comme mon psy m'a dit de ne pas discuter politique avec ma mère et cul avec mon limonadier (ou le contraire, je ne sais plus), j'expose à la cantonade mes interrogations insondables sur les turpitudes du français moyen qui doit bien trouver quelque avantage à claquer 42 balles de l'époque pour acquérir des compiles pourraves de reprises de demi-tubes du moment, comme ce n°40 de Pop Hits, le hit parade chanté, dont Mario Cavallero, maître des musiques, trouva l'immense voix de François Miet pour remplacer au pied bot levé Lama qui toujours faire ainsi quand il est fâché.

Vous rendez-vous compte ? 4 heures de SMIC pour des gallettes plastoque emballées piteusement qui ont fait les beaux jours des éditeurs des diverses collections de compilations aussi humides que Pop Hits le hit parade chanté, dont pas moins de 9 pochettes sur les 53 de cette série alignèrent des jeunes femmes assez dévétues, le tee-shirt ou la tunique généralement détrempé pour laisser poindre des tétons turgestifs, des échancrures des hanches qui montent aux aisselles, des regards semi-coquins qui semblent dire "toi mon pépère je t'ai repéré, ça te dirait qu'on aille s'écouter toi et moi Mario Cavallero, son orchestre et ses chanteurs sur ton combiné ITT platine avec chargeur 15 disques - tuner PO GO FM stéréo - magnétocassette options Ferromagnétique et Chrome dans ta chambre au premier étage de chez ta mère où tu habites toujours alors que tu as 37 ans et que tu est commercial à la concession Renault du centre-ville ?". Qu'elle semble dire. La dame. Légèrement vétue. Et mouillée.

Mais si ce n'était que ça ? Le décorum joue aussi avec les accessoires majeurs de la naïade de pochette d'album de supermarché : le sable, le ciel bleu et l'eau. L'eau qui gicle, l'eau qui coule, l'eau qui écume.

"Vas-y Fiona, laisse toi aller dans les embruns" lui conseillait généralement le Michel Laguens du moment. Alors qu'elle ne s'appelle nullement Fiona mais Isabelle, ce qui est quand même moins vulgos, et qu'elle croit que les embruns c'est une station de ski. Alors que c'est même pas ça, mais c'est pas grave parce que le photographe ne sait pas non plus et confond la houle et les embruns, sans contrepéterie. Ce qui ne l'empêche généralement pas de bien cadrer ce
qui fera languir en 30 cm quadri cartonné le chaland à Euromarché, une nouvelle race de magasins.

Des fois, cet effet aqueux et jaculant est joyeux, presque festif et dénué
d'arrières pensées sexuelles. Comme ce Succès d'été de 1972 chez MFP. Mais souvent, c'est plus glauque, pathétique même, comme cette production angoumoise (parce que angoulêmoise ça faisait trop lourdingue à dire et que vous n'avez qu'à relire votre petit baleinié avant de poser des questions déplacées sur un blogue culturel que même Louis Bozon aurait souhaité en être alors hein bon) du label Aline, qui a commis en 1982 Hit Radio TV vol. 5, excusez du peu pour le titre, offrant une salivante brochette de reprises des grands succès du moment par les infâmes The Biggest, groupe sûrement tout aussi picto-charentais que le label vu la qualité de sa prestation musicale. Self control, Toute première fois et Break dance party ne s'en sont toujours pas remis. Dommage.

Alors pourquoi donc tant de mauvais goût maritime récurrent dans ces photographies ? Interrogeons un chanteur dinch' Nord qui commit en 81 ce petit bijou qui a donné le titre à l'article du jour, et sûrement de la semaine car les responsables de ce blog ne sont pas que VJ, DJ et artistes multimédia mais ils ont aussi une vie de famille à côté et un métier fort honorable avec un ordinateur
et des tickets restau.

J'aime
J'aime regarder
les filles qui marchent sur la plage
Sur leur peau le soleil caresse bien trop sage
Le vent qui les décoiffe
Un goût de sel sur mes lèvres
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Les hanches qui balancent et les sourires fugaces
Je regarde les vagues qui jouent avec leurs corps
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Leurs poitrines gonflées par le désir de vivre
Leurs yeux qui se détournent quand tu les regardes

J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Le soleil sur leur peau qui joue à cache-cache
Et des ambres solaires le parfum volage
J'aime
Regarder les filles

J'aime regarder les filles
Regarder les filles
Regarder les filles
 
J'aime regarder les filles
Les filles
J'aime regarder les filles
Le soleil sur leur peau
Leurs hanches qui balancent
Leurs poitrines gonflées

J'aime regarder les filles
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Quand elles se déshabillent et font semblant d'être sage
Leurs yeux qui se demandent mais quel est ce garçon
J'aime
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Leurs ventres qui se collent sur le sable chaud
Le vent qui les décoiffe et les sourires fugaces
J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
J'aime
Regarder les filles
Regarder les filles
Regarder les filles

Merci Patrick, on t'adore, on t'écoute, on te mixe, on te lit. Patrick Coutin. Avec un nom comme ça, il aurait pu écrire des textes de pervers, genre
Fais-moi jouir, Sexy Suzy ou Stone de ton corps. Et encore, vous n'avez pas vu sa gueule, sauf si vous vous souvenez de la pochette du 45. Il est tellement salace qu'on ne saurait gâcher l'étalage de cette page par son oeil torve et sa pilosité maxilaire. Brrr, on en tremble rien qu'à y penser. De toutes façons, ce qui nous intéresse, c'est la prose de notre homme, et la signification de ce que nous livre une bluette apparemment très innocente, mais méfions nous de l'eau qui bout et du loup à terre car tel un ogre il mange parfois le petit Chaperon rouge le soir au fond des bois. Le salaud.

Finalement, le genre sablonneux, qui avait connu sa première heure de gloire avec Vadim et Bardot au mitan des 50's du attendre 1982 pour que le mythe revienne prendre corps en pochettes et film publicitaire. D'abord le craignossissime et succulent 28° à l'ombre de Jean-François Maurice (en fait c'était Jean Albertini, producteur de C Jérôme et Michele Torr. La première version de 28 degrés était sortie en 1978 mais avait moins bien marché, faute de pochette affriolante), avec son "Monaco, 28° à l'ombre. Il fait chaud" susurré de la suave voix d'Émile Louis (enfin on dirait).

Le second revival musico-plagesque reste dans les mémoires de la France post-giscardienne sous les traits d'un cadre moyen enfoncé dans son canapé et rêvassant devant le rendu
exceptionnel de l'image et du son de son poste de télévision couleur Telefunken tellement pile poil qu'il s'y croirait en train de gambader par les flots vers une coquette aux cheveux courts et mouillés tout comme sa nuisette Petit bateau et sa culotte mini coupeur. Telle Vénus sortant des eaux, ou plutôt Ursula Andress, la madame chatain et fort peu blonde pour une fois faisait vibrer 20 millions de scrotums à travers la France télévisuelle ébahie, mais regrettant quand même de ne pas avoir un Telefunken couleur grand écran pour profiter de toute la fraîcheur du message. Le second épisode de la saga publicitaire (qui n'en compta que deux) est moins rigolo. La musique langoureuse et les paroles d'Eden is a magic world susurrées par un "mâle" un peu douteux (le lien renvoit vers notre confrère Arbobo qui a aussi parlé de cette pochette, aucun lien avec ce qui précède, bien entendu) sont étonnament réussies et fidèles au reste du concept pubesque (?? mais ne dit-on pas pubien ?), par la grâce des deux compositeurs de Richard Clayderman et fondateurs du label Delphine, Olivier Toussaint et Paul de Senneville, sous le délicat étandard de Pop Concerto Orchestra. Mario Cavallero n'a plus qu'à aller se planquer, ce qu'il avait d'ailleurs fait l'année précédente.


Heureusement que le chercheur Jean-Claude Kaufman nous a expliqué très doctement dans sa Sociologie des seins nus que tout ça est bien naturel et pas beaucoup plus salace que de sucer des Kim Cônes.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.

* Quoi ? Vous cherchez quelque chose ?


Par Mario Cavallero Jr - Publié dans : Pop Hits, le hit parade chanté
Si ça vous dit d'en causer, ne vous gênez pas - Ouh pinaise ! y a 36 commentaires
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