le ouèbe résolument 7.0

Pop Hits, le hit parade chanté, c'est 10 ans, 54 albums vinyl (et quelques musicassettes), 634 reprises de chansons et quelques inédites, les pochettes les plus cheesecake de la galaxie, la qualité française aux éditions Musidisc International, une quintessence musicale orchestrée, dirigée et digérée par le Ray Coniff hexagonal, Monsieur Mario Cavallero en personne : c'est Pop Hits, le hit parade chanté.
Hmmm !!!

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This web site is dedicated to a french series of cover compilations of "hits" during the 70's : Pop Hits, le Hit parade chanté. Songs of the moment (the best and the worst ones) were badly covered by Mario Cavallero, his orchestra and his singers. The seasonal productions were magnificaly packed into cheesecake covers. In fact, the main (only ?) interest of this site. Check out in priority our Des pochettes section to watch and enjoy this artwork, climax of the french touch.

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Pop Hits, le hit parade chanté

Lundi 15 janvier 2007 1 15 /01 /Jan /2007 20:54
Nouvelle version rééditée le 20 janvier : Pop Hits 2.0 est dans la place !
Attention : contient enfin des vrais morceaux de musique de Mario Cavallero en édition numérique inédite.

Faisons l'amour avant de nous dire adieu

Faisons l'amour avant de nous dire adieu
Avant de nous dire adieu
Faisons l'amour puisque c'est fini nous deux
Puisque c'est fini nous deux
Faisons l'amour comme si c'était la première fois
Encore une fois toi et moi puisque l'amour s'en va

Faisons l'amour avant de nous dire adieu
Avant de nous dire adieu
Faisons l'amour puisque c'est fini nous deux
Puisque c'est fini nous deux
Faisons l'amour comme si c'était la première fois
Encore une fois toi et moi puisque l'amour s'en va

 Je peux tout te pardonner
Et faire semblant d'oublier
Je veux bien fermer les yeux
Et faire tout ce que tu veux
Je veux bien te partager
Et ne veux te supplier
Mais reste encore
Je me ferai si petite
Que tu ne me verras pas
Et je me ferai si tendre
Que demain tu m'aimeras
Je serai toute d'amour
Et je serai toute à toi
Mais reste encore

Faisons l'amour avant de nous dire adieu
Faisons l'amour puisque c'est fini nous deux
Faisons l'amour comme si c'était la première fois
Encore une fois toi et moi puisque l'amour s'en va

Faisons l'amour avant de nous dire adieu
Avant de nous dire adieu
Faisons l'amour puisque c'est fini nous deux
Puisque c'est fini nous deux
Faisons l'amour comme si c'était la première fois
Encore une fois toi et moi puisque l'amour s'en va

Adieu

FééééééééééZon l'aaaMour! a'vant de 'nous dire Hadieu ! hurlait l'américaine Jeannette en implorant, soutenue par de primesautiers choeurs est-allemands, ce salaud qui la plaquait pour une pouffiasse sûrement radicale-valoisienne afin qu'ils s'ébattent une fois encore en souvenir de l'ancien temps, celui où ils n'avaient pas encore commis et qui semble avoir été magique comme ces dessins animés de Noël qu'on regardait couchés sur le ventre sur le tapis du salon la tête entre les mains et les mirettes écarquillées vers cette boîte qui offrait dans un camaïeu de gris bavants la crème des aventures extraterrestres d'un héros tchécoslovaque et de son chien atomique. Jeane devait d'ailleurs davantage se remémorer un Hannah Barbera en couleur car native du Nouveau monde ses émois primaires furent immanquablement et télévisuellement moins craignosses qu'en France, ce vieux pays de ce vieux continent qui est le mien.

L'héroïne du chef d'oeuvre de 1976 est prête à partager, à oublier, à pardonner, à nier son cocufiage pour revivre ultimement l'extase avec l'autre qui l'a déjà quittée et qui tromperait en l'espèce sa nouvelle conquète avec son ancienne compagne, ce qui n'est pas adultérin pour certains mais si tu touches à ma femme j't'éclate ta Ford Taunus connard. Force est de constater qu'au mitan des 70's, la nouvelle génération s'avilie plus que l'ancienne, déjà que celle-ci était prête à devenir l'ombre de ta main, l'ombre de ton chien, et pourquoi pas de ses déjections, mais s'il te plait, reviens-moi je t'en supplie, je t'en supplie, je te donnerai des perles de pluie, tu verras c'est super bath. Manson, dans une spirale de désespoir que même Baudelaire et Bruel ils n'y arrivaient pas, s'autodésintègre tout nanogramme d'humilité pour se coller au plus près de son ex jusqu'à le suivre cachée sous le lit ou dans son slip tirebouchonné alors qu'ils pamoisent de conserve avec l'autre pouffiasse, vraisemblablement vagino-giscardienne.

Mais qu'on ne s'y méprenne point, Jeane Manson bien que fraîchement débarquée de l'outre Atlantique n'était pas de la dernière pluie.
N'est-ce que la grave et cuivrée voix d'une potiche cocue qui fit le succès de cette fiancée de Tarzan (car c'est Jâne qu'il faut prononcer son prénom francisé depuis Jean Ann, et non Djinn comme la toile Denim, n'en déplaise aux esprits malins) ? Pas du tout du tout ! Jeane fut bien plus qu'une chanteuse, car elle se servit d'abord de son corps à ses débuts. Plus précisément de son corps en mouvement sur les planches où elle débuta grâce aux conseils du grand Staasberg, pas le piano mais celui de l'Actors Studio, vu que le piano c'est un Steinway mais bon, on va pas chipoter. Jeane tourna même trois films avec Roger Corman, excusez du pneu, dont le troublant The young nurses où elle passe plus son temps en costume d'Eve sur une plage qu'à déblatérer du Keats ou du Shakespeare, alors même qu'elle eut naguère quelque chose de Tenessee mais ça ne dura pas parce que le laitier ne s'arrêtait plus là. De ce charisme pictural la donzelle céda aux sollicitations heffneriennes invitant à la Playboy Mansion la playmate Manson, consacrée sur papier glacé comme il se doit pour que ça y colle moins, aux doigts. Ce fut fait de part et d'autre de la grande mare d'abord dans un shoot étatsunien édité en triptyque central en août 74 et réédité 3 ans après dans l'édition française, tirant parti du succès de ce beau parti après son succès naissant d'un tragique appel à se faire re-prendre par un goujat.



Rha b'en la la ! diront immanquablement certains de nos fidèles lecteurs amourachés par les revues culturelles des années 70 et piaffant qu'on ne leur offre ici que la couverture alors que le contenu semble croustillant. Car il l'est, oui, croustillant, ce numéro de mai 1977. Le sommaire enchaîne
dans un diptyque aux titres terrifiants "le dossier Carlos" puis "La fin des gros", défroque la pensée du zélote de l'insurrection chrétienne le père Cardonnel dans une publication lubrique aux petites femmes effeuillées que l'Église ne saurait que mettre à l'index (la publication, pas les petites femmes effeuillées), et s'attaque au grand fléau de notre temps que même l'Express et le Point peuvent aller se rhabiller avec leurs minables comparatifs salariaux dans un courageux papier d'investigation sur "les cadres et la communication", on en salive d'avance dessus (dessus les petites femmes effeuillées, pas les cadres).

Il ne s'agit toutefois nullement d'une simple resucée de photos d'une jeunesse insouciante où une jeune fille se serait laissée aller pour
quelques dollars à lécher et la gloire promise devant les lentilles d'une saucisse de photographe pervers qui son rapt pictural commis recaserait les ektachromes à de licencieuses feuilles de chou où celles de vigne n'ont rien à faire.

De ces erreurs juvéniles on a toujours autant de mal à s'en dépaître qu'Haddock et son sparadrap infernal ou d'une vieille contribution rigolardo-coquine sur un forum d'usagers de Linux que les moteurs s'ingénient à placer en haut de pages premières immanquables à la vue de tout chef du recrutement et autres belles-mères en chasse des tares cachées des futurs convolants de leur innocente progéniture. Mais Jeane est volontaire et assume fièrement jeter à l'air et à la cantonade ses roploplos et autre piloupilou en recommençant plusieurs fois la démonstration au fil des pages de divers géants de la presse en couleur, dont Lui le magazine de l'homme moderne et de la femme objet ou le coquinou magazine Absolu (cf. figure 3) fondé comme nous le dîmes déjà par un Cloclo plus cul que cucul finalement. Au fait de sa gloire, Jeane persista dans la valorisation de la forme plus que du fond dont ne s'embarassait que peu le Justicier dans la nuit qu'était son compagnon d'écran Charles Bronson en 1983. Il faut enfin reconnaître que Jeane dénuée de toute farouchitude posa parfois dans des contextes esthético-fantasmatiques qui n'auraient pas juré sur des pochettes de collections telles Pop Hits (voir Fig. 69, les commentaires scientifiques sont des auteurs) dont nous glausames sous d'autres cieux :



On croirait s'égarer dans des anecdotes qui bien que croustillantes seraient accessoires mais c'est un fait : Jeane Manson est polymorphe et multispire, jonglant des toiles aux planches, de la quadrichromie coquine à la quadriphonie coquette, de la polésie qu'elle écrit aux soaps de TF1 qu'elle ronronna.

Internationnale plus que mercenaire, Jeane se sent chez elle dans le monde entier, prêtant sa voix au Luxembourg qui gagna ses premiers points à l'Eurovision par une nouvelle sensiblerie de midinette percluse d'amour pour un connard sûrement moustachu dont elle a
déjà vu ça dans ses yeux.
De sa jeunesse passée au Mexique elle garda un goût de l'authentique dont elle fit un album guantanameresque avec les incroyables Mariachi Mezcal dont on se pourlèche déjà les babines rien qu'au nom.
De son américanité surtout, outre son union télévisuelle avec l'autre expatrié que fut Joe Dassin sous le regard pastel de Maritie & Gilbert Carpentier, elle garda toujours ce charmant petit accent et le goût immodéré pour la seule musique qui réunit autant JR que Sue Ellen : la country music.

Courageuse enfin, elle n'a pas hésité à mêler pour une cause humanitaire ses vibrations glottulaires à un ensemble féminin polyphonique de toute beauté pour qui raffole des choucroutes 80's et des tailleurs à épaulettes de goëlands.

Alors qu'a-t-il pris à Mario Cavallero de jeter la pauvre Lili Montès dans les pas de la grande Jeane pour ce 25e tome de Pop Hits, le Hit parade chanté ? Écoutons studieusement pour juger sur pièces :



Comme toujours, l'orchestration est très ressemblante à l'original, le choix des instruments pourrait créer l'illusion, les choeurs dépressifs viennent pertinemment lancer le fado de la jeune éconduite. Pis ! Lili comme toujours pousse le professionnalisme à doubler à l'égal ou quasi la voix de son inspiratrice, jusqu'à prononcer à la chewing gum ses paroles avec force "pouisqueux" et autres "Aaaavant dé nu dire adieu", bien qu'on pourrait entendre autant son accent pied noir qui fait son charme lorsqu'elle reprend Rika Zaraï.

Saurait-elle relever le défi pour l'ensemble du répertoire de Jeane, de la country au gospel, du classique au sacré, de la mexicanerie à la russitude ? On pourrait le croire à l'écoute des covers des plus grandes stars de la variété internationale, de Dalida (Monday Tuesday, le strabisme en moins) à Jeanette (Porque te vas, les ovaires en plus), de Sylvie Vartan (Nicolas, slave et balancé) à France Gall, dont sa reprise par Lili du Besoin d'amour dans le Pop Hits 43 est extraordinairement troublant de ressemblance.

Alors Mario, nous savons céans pourquoi tu t'es usé aux portes des années 1980 et que tu as du fermer boutique : progressivement tu t'es privé d'une voix caméléon irremplaçable, et les vulgaires Aline Dubois surjouant ses braillardes inspirations et autres fadasses Karine Bouvier à qui tu fis partager les plages de tes disques avec Lili, réduisant d'autant les voix féminines montessiennesn n'y purent mais.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.



Par Mario Cavallero Jr, artiste multimédia - Publié dans : Pop Hits, le hit parade chanté
Si ça vous dit d'en causer, ne vous gênez pas - Ouh pinaise ! y a 35 commentaires
Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /Jan /2007 16:45
Faisons l'amour avant de quitter over-blog

Encore un bug de l'hébergeur qui a envoyé en ligne un brouillon d'article ! Le voici provisoirement détruit par nos soins.

Patientez quelques jours chers ami-e-s, ça vient.

Désolé... et merci pour votre vivacité.

Pour vous faire patienter, voici une jolie pochette de Michel Laguens :



Et comme ça récrimine dans les commentaires, en voici une seconde :






Par Mario Cavallero Jr - Publié dans : Pop Hits, le hit parade chanté
Si ça vous dit d'en causer, ne vous gênez pas - Ouh pinaise ! y a 25 commentaires
Lundi 25 décembre 2006 1 25 /12 /Déc /2006 19:13
Equinoxe 5

Tutoututoutou Touutouuu
Tuutuutou toutoutou
Toutututututu

Toutututututu 
Toutututututu

Toututoututoututoutu Toutu
Toututoututoututoutu Toutu

Tou tutututututu
Toutututututu
Toutututututu 
Toutututututu

Toututoututoututoutu Toutu

Toututoututoututoutu Toutu


Tou tutututututu
Toutututututu
Toutututututu 
Toutututututu

Toututoututoututoutu Toutu
Toututoututoututoutu Toutu


Tou tutututututu
Toutututututu
Toutututututu 
Toutututututu

Toututoututoututoutu Toutu

Toututoututoututoutu Toutu

Tou tutututututu
Toutututututu
Toutututututu 

Toutututututu


Toututoututoututoutu Toutu

Toututoututoututoutu Toutu


Tou tutututututu
Toutututututu

Toutututututu 
Toutututututu

Toututoututoututoutu Toutu

Toututoututoututoutu Toutu

Les plus grandes chaînes HiFi de France des cadres commerciaux d'IBM et de CII Honeywell Bull ont tourné à fond de ballon dans le living de leurs pavillons des zones résidentielles des Yvelines et autres Alpes-Maritimes pour tester leurs toutes nouvelles enceintes Cabasse dont le rendu des tweeters tintait comme du Baccara sur les bass-reflex vrombissant derrière le Ligne-Roset en cuir de chameau pleine peau sur cette musique des années 2000 produite par le jeune prodige de l'avant-garde musicale française, rejeton du grand compositeur des musiques de Samouraï et autres Oiseaux se cachent pour mourir où cabotinait le sémillant Richard Chamberlain en vieux premier, Maurice Jarre, père de  l'énervogène Jean-Michel.

La grande époque du Sicob, salon de l'informatique sis au moderne CNIT de la futuriste Défense (ou le contraire, je ne sais déjà plus, la tête me tourne devant ce grand bond dans l'excellence tri-millénarienne), privilégiait l'électronique comme forme suprême de l'avenir artistique, qu'il soit graphique, cinématographique, télévisuel et bien entendu musical. L'archange Jean-Michel Jarre fut  le messie de ce genre  qui, via  les systèmes 4 voies Blaukpunkt equaliseur graphique radio 4 bandes musicassette, remplit l'espace intérieur des break Volvo v70 et autres R30 V6 injection bordeaux.

La magie instrumentale passait par
ces drôles d'orchestres sur circuits imprimés dont on ne pouvait douter de la fiabilité eu égard les millions de potards qui en couvraient les consoles de commande, comme cet ARP-2600 dont usèrent et abusèrent Jarre, Tangerine dream et autres Vangelis, à la fois le Philharmonique de Berlin et HAL réunis dans 26 kilos de carbonite, métallure et moleskine pour faire top-moumoutte dans le studio du château d'Hermenonville, inséré dans un très pratique flight-case malheureusement livré sans les 8 roadies moustachus nécessaires pour le placer à côté de ses 27 congénères transistorisés sur scène.

La scène en effet car c'est là que l'horripilant JMJ a conquis les foules qu'ils n'a eu de cesse de convoquer toujours plus nombreuses aux frais de tous les contribuables de la planète dans des shows aussi mégalomanes que ses clips à coups d'harpe-laser, projections laser, couscous laser et autres tulututu beuglés par des sonos à faire passer Hiroshima un 6 août pour un caisson acoustique zen. Juché sur scène, invisible par les millions de spectateurs en dépit des projections de sa tronche de benêt réjoui sur les gratte-ciel de Houston ou les pyramides de Gizeh, le golden boy de la symphonie électronique pour VRP de chez Manufrance a construit son mythique portrait en pied en triturant trois mi et un sol sur sa guitare synthé avec laquelle il s'affranchissait de la pesanteur des instruments diplodociens dont il programmait l'enveloppe adsr et le vcs sur les mystérieuses courbes de l'analogie électronique.


Aussi agaçants mais non moins passionnants furent les autres figures du futur, fumures métaphysiques sous la forme d'une troublante paire mal gémellisée au patronyme aussi russophone que cosmique qu'étaient Igor et Grichka Bogdanof. Bien avant leurs controversées et fumeuses thèses des années 1999 (Fluctuations quantiques de la signature de la métrique à l'échelle de Planck pour Grichka) et 2002 (État topologique de l'espace-remps à l'échelle 0 pour Igor) décomplexifiées dans l'approximatif et super bouquin Avant le big bang, alors qu'ils arrivaient encore à maîtriser leurs excroissances maxilaires aujourd'hui hypertrophiées avant l'expulsion imminente de je ne sais quelque Alien monozygote, le binôme présentait l'émission Temps X, alpha et oméga de la vulgarisation de pacotille de la science et de la fiction. Devant le télévisuel spectacle sabbatique, pré-pubères et post-pubères de cariotype XY achevèrent de bâtir leur imaginaire d'un monde plus neuf et plus vrai, un pied dans le futur et l'autre jambe dans des babygros argentées post-Battlestar Galactica que même l'URSS ne voulait pas comme pyjamas pour ses cosmonautes dans leurs froides nuits miresques. François de Closets était le prophète du modernisme, les Bogdanov en furent les messies sur une bande-son de Jean-Michel Jarre.

Mais foin de combinaisons et brushings stellaires, la réduction de Jarre à l'électronique serait un juste procès s'il n'était nonobstant la partie émergée d'un iceberg riche de qualités musicales dont nous ne saurions développer les différentes branches tant de plus compétents que nous se sont décarcassés tels les Pères Ducros du Bontempi. Oh, pas que nous ayions la flemme de nourrir nos insatiables lecteurs de charmantes storiettes sur ces gonzes qui se sont crus malins depuis 80 ans à faire croire qu'une boîte maronnasse qui bilibilip valait bien une viole en aulne qui trille.
D'ailleurs, sérieusement, pouvons-nous répudier en toute sincérité ces pionniers sans qui on ne pourrait aujourd'hui télécharger des sonneries Crazy frog à 1,54 euro hors tarif SMS ? Comment ferions-nous pour patienter aux standards des plus grands services téléphoniques du monde (je dis bien : du monde !) sans la subtile reprise numérique du printemps vivaldien au Casio PT-20 ? Serions-nous aussi fiers de notre société occidentale sans le ballet de ces petits singes roses à roulettes vrillant les couloirs de correspondance des métros européens de l'air de la lambada en clignottant et virevoltant en des 8 chaotiques aux pieds d'un vendeur de gadgets en provenance du sous-continent indien (le vendeur, pas les gadgets qui sont eux singawaïnais du sud) ?

Alors Jarre vaut bien un hommage du grand Mario dans ce volume 44 de Pop Hits, le Hit parade chanté. Aucun des chanteurs du-dit Mario ne s'est pourtant risqué au jeu du grand ridicule sur la reprise de ce morceau sans paroles dont nous avons toutefois humblement tenté de rendre par l'écrit littéral l'effet cosmique de l'Oeuvre jarrienne. De facto, l'interprétation mariole, bien que courageuse et aux sonorités bien trouvées, est largement plus lamentable que la moyenne des différentiels original-reprise pophitisenne, eu égard sûrement moins à la carence en matos de pointe de pépé Cavallero qu'à sa technique au clavier, plus doué aux arpèges sur Hammond qu'à la prog sur Oberheim, les nerds comprendront et les autres feront semblant.

Était-ce alors inéluctable que Mario ne susse honorer Jean-Michel autrement que par ces pathétiques bup-tututubup qu'on croirait exécutés au cornet à piston électrique ? Eh ben non ! Ca vous en bouche un coin, hein ? Car oui, Jarre n'est pas seulement un immense compositeur doublé d'un interprète hors-pair : il est aussi un parolier de génie. Certains liront quelque sarcasme dans la précédente sentence alors qu'il n'en est point dans son second membre traitant de la qualité de librettiste indéniable chez JMJ, tout au moins une fois dans sa vie, au service du grand
Christophe et de la musique que le moustachu jetta sous ses Mots bleus. Que Dieu me bio-ionise les neurones si je m'en serais douté que Jean-Michel écrivit aussi bellement ! Jugez-en sur pièce plutôt que de glousser comme des pucelles demandant un autographe à Patrick Juvet :

Il est six heures au clocher
de l'église
Dans le square les fleurs poétisent
Une fille va sortir de la mairie
Comme chaque soir je l'attends
Elle me sourit
Il faudrait que je lui parle
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Parler me semble ridicule
Je m'élance et puis je recule
Devant une phrase inutile
Qui briserait l'instant fragile
D'une rencontre
D'une rencontre

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je l'appellerai sans la nommer
Je suis peut-être démodé
Le vent d'hiver souffle en avril
J'aime le silence immobile
D'une rencontre
D'une rencontre

Il n'y a plus d'horloge, plus de clocher
Dans le square les arbres sont couchés
Je reviens par le train de nuit
Sur le quai je la vois
Qui me sourit
Il faudra bien qu'elle comprenne
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus

Les mots qu'on dit avec les yeux
Toutes les excuses que l'on donne
Sont comme les baisers que l'on vole
Il reste une rancoeur subtile
Qui gâcherait l'instant fragile
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Une histoire d'amour sans paroles
N'a pas besoin du protocole
Et tous les longs discours futiles
Terniraient quelque peu le style
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je lui dirai tous les mots bleus
Tous ceux qui rendent les gens heureux
Tous les mots bleus

Tragique musicalement (il s'agit d'ambiance, pas de l'effet, ne me faites pas dire ce que je ne saurais penser), cette chanson l'est aussi par la subtilité des mots, pas si roses que le succès populaire pourraient faire croire, et dont on saurait difficilement saisir au premier abord les paradoxes cachés comme autant de palimpsestes du mitan d'une décennie ambiguë. Certes, l'interprétation  teintée d'amertume
de Christophe joue pour une part de morfal dans la beauté de la chanson, transcendée dans sa désespérance par l'appropriation qu'en fit 4 lustres après Bashung pour une face B qu'on retrouva avec bonheur dans une compilation de qualité, comme quoi on n'est pas obligé de pondre du Pop Hits à la chaîne pour savoir reprendre les airs des autres.

Alors quoi : Jarre Jr ne serait-il doué qu'exceptionnellement ? On ne peut en douter à l'écoute des nombreuses autres chansons où il a
collaboré, souvent à la plume mais pas que, notamment pour le vibrant Patrick Juvet avec qui notre vibrionnant claviériste a coécrit un bon paquet de daubes et quelques bijoux dont il ne serait pas exclu qu'on en traite donc quelque réinterprétation pophiette un de ces quatre ou le lendemain.

C'est quand même pour sa musique électronique, inaccessible pour Mario Cavallero, que Jarre fit sa réputation et la gloire du synthétiseur dans le monde entier, on croit rêver. La muséologie la plus chic comme la plus geek
garde d'ailleurs des traces des contributions de ces synthétiseurs analogiques sur lesquels Jarre picota ses trululu de ses longs doigts de fifils à Maurice parmi une collection dithyrambique à faire palir d'envie le dernier des nerds et votre serviteur de conserve, ah le sagoin de gosse de rupin.

Car non content de se ravir de musique électronique du meilleur comme du pire accabit, le maître breugueur de céans qui vous cause ici dans le poste tomba sous le charme des bidouilleries sonores très tôt au point de se la pêter tout gamin en acquérant avec les économies de 3 ans d'anniversaires, Noëls et autres petites souris le premier synthétiseur analogique compact du monde (oui, vous avez bien lu : du monde !), une proto-merde monophonique de 14 kilos connue sous le doux nom de SH 1000 dans la prestigieuse famille électroniponne Roland et dont mon exemplaire ne dépassa que rarement des harmoniques plus évoluées que la ligne de dialogue musical de Rencontre du troisième type, au grand dam de mon entourage plus horripilé par le zinzin qu'attristé par mon incapacité à m'élever au rang d'artiste comme mon maître Jean-Michel Jarre, au risque que, du haut de ma petite taille et frustré de cet échec créatif, je ne devienne une crapule politique complètement excitée, facho et qui veux à tout prix prendre le pouvoir, comme... b'en comme Hitler tiens.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.


Par Mario Cavallero Jr - Publié dans : Pop Hits, le hit parade chanté
Si ça vous dit d'en causer, ne vous gênez pas - Ouh pinaise ! y a 73 commentaires
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