kézakoi ?

Pop Hits, le hit parade chanté, c'est 10 ans, 54 albums vinyl (et quelques musicassettes), 634 reprises de chansons et quelques inédites, les pochettes les plus cheesecake de la galaxie, la qualité française aux éditions Musidisc International, une quintessence musicale orchestrée, dirigée et digérée par le Enoch Light hexagonal, Monsieur Mario Cavallero en personne : c'est Pop Hits, le hit parade chanté.
Hmmm !!!

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oh que c'est joli

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et ça papote...

et pis y a ça :

mais c'est où ?

english spoken

This web site is dedicated to a french series of cover compilations of "hits" during the 70's : Pop Hits, le Hit parade chanté. Songs of the moment (the best and the worst ones) were badly covered by Mario Cavallero, his orchestra and his singers. The seasonal productions were magnificaly packed into cheesecake covers. In fact, the main (only ?) interest of this site. Check out in priority our Des pochettes section to watch and enjoy this artwork, climax of the french touch.

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Samedi 7 octobre 2006 6 07 /10 /2006 23:51
Le chanteur malheureux (Et je me demande)
Et je me demande si tu existes encore
Et je me demande si ton coeur est au nord
Si tu fais l'amour le soir quand tu t'endors
Et toutes ces choses !
Mais pour moi rien n'a changé, je t'ai gardée

Et je me demande qui touche tes cheveux
Et je me demande si tu es près d'un feu
Si tu lui as dis les mots que tu m'as dis
Et toutes ces choses !
Mais pendant que j'y pense, toi tu m'oublies

{Refrain:}
Comme un chanteur malheureux
Que l'on écoute plus
Comme un chanteur malheureux
Que les gens n'aiment plus
Même si tu n'es plus là
Je chante encore pour toi

Et je me demande si tu m'entendras

Et je me demande si l'on se reverra
Et je me demande si tu te souviendras
Si nous deviendrons simplement des amis
Et toutes ces choses !
Mais tu as dû oublier qu'on s'est aimés

(Refrain x2)

La déprime totale... Avant ce monument d'optimisme en 75, Cloclo nous avait déjà gratifié du Mal aimé ("Maaaaal aimé, je suis un mal aimé...") dont nous avons traité précédemment, puis du Téléphone pleure ("Le té-lé-phooooooonepleure Quand elleu neeeuuuu vient pas...") que j'espère nous n'aurons pas à traiter. Primesautier devant l'Éternel qu'il retrouva bien vite au détour d'un tragique accident electro-domestique alors que la France quittait lassivement ce bon vieux 110 pour un moderne mais inquiétant 220, Claude François reste une icône de fraicheur masculine. On le préferera d'ailleurs idole des femmes (sur une magnifique et célèbre photo de Jean-Loup Sieff),
assez bien pastichée par l'affiche du nullissime Podium de Moix, plutôt que coulé dans un bronze douteux sur son mausolée de pacotille.
Mais revenons à notre bombe sexuelle : Claude, bien vivant, au milieu de ses Clodettes
tout droit sorties de pochettes de Pop Hits, icônes de la sexualité pompidolienne aux bottillons d'acier et au string itou telles des Barbarella surgies des pages les plus coquines de la Blanche Porte, Claude se trémoussant à s'en faire péter la prothèse de hanche dans un 3 pièces velours piqué à un mac libanais (un comble pour un Egyptien), chanteur libidineux gigotant ses minettes en public, tout ce décorum proto-discoïde de bon aloi bien que d'assez mauvais goût devait nous faire festivement oublier la douloureuse passe que furent les premières années 1970 par des artifices titillogènes au niveau de là (non, un peu plus bas, là, oui c'est ça).

Au fait de sa gloire, à l'acmé de sa carrière, après avoir fondé en 1967 sa propre maison de disques Flèche, repris le magazine Podium (Waow quel journal !), affaires qu'il dirigeait à coups de trique et force notes de service, après avoir écrasé l'univers sous son Comme d'habitude qui doit plus à l'adaptation de Paul Anka et l'interprétation d'Ole Blue Eyes (celle de Sid allait être pas mal non plus) qu'aux reprises de Michel Sardou, de la Star Ac et de Mario Cavallero parmi d'autres, alors que ses tournées formaient des chapelets de galas orgiaques où des pucelles braillantes et des secrétaires-comptables en corsage synthétique se déchiraient l'hymen à force de bramer le nom du blond et suant étalon déchirant sa chemise moirée parce que ça colle à mort et c'est aiguisé comme des schnarpels au niveau des coutures alors on va pas se griller les dessous de bras avec ces nylonades à jabot pour les beaux yeux d'un troupeau vaginal qui de toute façon le préfère à poil qu'emballé façon cadeau de Noël pour marraine Huguette, de cette frénésie donc Claude fut las et décida de se retirer définitivement de la scène. C'était en février 1974 et en Belgique, comme quoi on a rien sans rien.

En juin de la même année, il reprenait ses galipettes publiques pour faire rentrer quelques roupies : il faut dire que le manoir de Dannemois, futur musée des zombies cloclophiles, pathétique Graceland de grande banlieue, avait à moitié cramé l'année précédente, et un bon contrôle fiscal pointait le bout de son nez, qu'un futur duo avec VGE n'atténuerait que d'un cheveu (faut avouer que Giscard, jaloux de la crinière claudienne, ne lui fit pas de cadeau). Et puis, de syncope sur scène marseillaise en agression par un fan, de tentative de meurtre avec course poursuite automobile en nervousse bréquedone à gérer l'empire fléché, d'accident de bagnole en cocktail molotov de l'IRA qui failli le griller alors qu'il passait par là (non pas par là, plutôt vers Londres) mais qu'il s'en fallut d'un poil grâce à une nénette qui fit écran de son petit corps bientôt carbonisé, Blondin jouait une partition bien persillée. Et puis il s'est fait plaqué par la mère de son gosse, titillée qu'elle était par les cornes de 15 m de long qui lui poussaient chaque soir de gala et chaque journée de travail du Claude.

Bref, c'était pas la joie cette vie trépidante.


Pas étonnant qu'il n'ait eu de cesse de geindre sur vinyl
et dans RTL ses turpitudes sentimentales malaxées par des paroliers de menus de cafétérias pour qu'on le plaigne un peu dans les cuisines des mémères de province et sous les draps trempés de prépubères confites et abonnées à sa revue fort prolixe en conseils pour soigner l'acné et expliquer qu'on ne tombe pas enceinte au premier palot venu dans une auto tamponneuse parce que non la salive ne contient pas ces fameux spermatozoïdes. Enfin pas au début.

Remarquez, pour se retaper la cerise, notre pépère poussa le vice à emballer des pin ups
autrement que dans du papier alu qui brille si bien quand on se tortille chez Maritie et Gilbert Carpentier. Il les coucha dans un petit magazine éroto-mâle bien dans l'air du temps qu'il venait de racheter, copiant vaguement sur Lui pour la photo et le général Massu pour le texte. Ca s'appelait Absolu, et c'était relativement aussi torride qu'une partouze chez Collargol. Il eu toutefois quelques petits ennuis avec la censure, mais le style général mollasson tirait entre David Hamilton et Emmanuelle (pas la soeur, le film). C'est sous le pseudonyme de Claude Dumoulin qu'il mit la main à la patte (cf. fig. 3 ci-contre), comme s'il croyait nous blouser et qu'on ne le prendrait pas la main dans le sac (cf. aucune fig., ce n'est quand même pas un blog porno ici).

Le coquin n'en était d'ailleurs pas à sa première tentative libidineuse, car outre les Clodettes inventées en 1966, il avait aussi racheté une agence de mannequins (des qui bougent). Et nous ne parlerons même pas du fichier des jeunes abonnées de Podium (non, nous n'en parlerons pas), ni des fins de nuits de récital à l'Hôtel du Commerce de Lannemezan, suite préfectorale, au premier étage.

Alors quoi, Pop Hits le Hit parade chanté, chantre des pochettes du bon goût franchouillard pouvait-il ne pas rendre encore hommage à notre Cloclo national par une bien belle reprise cavalleresque et une bien belle photo de couverture où une blondasse en bikini-colliers swinguait Si j'avais un marteau telle une Clodette cuvée 77 pour ce 20e volume ? Hm ?

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.


Par Mario Cavallero Jr - Publié dans : pophits
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Vendredi 1 septembre 2006 5 01 /09 /2006 11:56
I was made for lovin you

Do, do, do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do


Tonight I wanna give it all to you

In the darkness
There's so much I wanna do
And tonight I wanna lay it at your feet
'Cause boy, I was made for you
And boy, you were made for me

I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can't get enough of you baby
Can you get enough of me

Tonight I wanna see it in your eyes
Feel the magic
There's something that drives me wild
And tonight we're gonna make it all come true
'Cause boy, you were made for me
And boy I was made for you

I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can't get enough of you baby
Can you get enough of me

I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can give it all to you baby
Can you give it all to me

Oh, can't get enough, oh, oh
I can't get enough, oh, oh
I can't get enough
Yeah, ha

Do, do, do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do, do, do
Do, do, do, do, do, do, do

I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can't get enough of you baby
Can you get enough of me

Oh, I was made, you were made
I can't get enough
No, I can't get enough

I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can't get enough of you baby
Can you get enough of me

I was made for lovin' you baby
You were made for lovin' me
And I can give it all to you baby

Disco rock. Dis-co-rock ! La pochette française de la méga-daube de Kiss était on ne peut plus explicte. 594 000 galettes fourguées rien qu'en France. A titre de comparaison, c'est 5 000 de plus que Señor Météo, soit environ une demi-douzaine de terrains de foot. Un design chatoyant, avec des projos de discothèque et 4 rockers surgissant des vapeurs de l'enfer. Mais surtout l'accroche fatale, le teasing marketing absolu, ce fameux concept deleuzien qu'était le disco rock. Du disco + du rock : l'équation totale.
C'était bien vu : en 79, où l'hédonisme se disputait à la rage intérieure, tant la pochette que la musique de ce 45 tours maléfique répondaient aux aspirations d'une époque tourmentée par l'invasion du Cambodge et la mort de Tante Yvonne. Les punks étaient des bêtes, les Bee-Gees des lopettes. Alors pour s'encanailler tout en mouillant ses dessous de bras, sautiller comme une pucelle en hochant compulsivement la caboche, branlouiller dans le vide des Flying V imaginaires tout en giclant sa sueur sur le corsage Pimkie de sa belle-sœur au mariage de Brigitte et Roger (photographe à Château-Thierry), les démons-tarlouzes de Kiss en faisaient voir de toutes les couleurs.

Du noir, du blanc, de l'argenté surtout. Les 4 nouillorquais poilus étaient maquillés comme des 106 tunées, brillants comme des boules à facettes, bandants comme des bucherons drags queen, troublants comme les X-Men, moulés du bas comme des andouillettes sous vide. Glitters à la Rocky horror picture show, rockeurs tendance Guns and roses, Kiss jouait vaguement vite et fort en crachant du feu, ça aide un peu. La langue bien pendue, Gene Simmons se ruinait en plateform boots pour ne pas marcher dessus. Heureusement qu'il économisait sur les kleenex.

De toutes leurs croutes, la sauvagement maniérée I was made for lovin' you fut un choc que Pop hits, le Hit parade chanté n°46 ne pouvait pas laisser passer, comme beaucoup de grands artistes après d'ailleurs.

La version teutone par Queen of Japan (2000), popularisée par les 2 many DJ's, est sûrement la plus sexy. De l'electro-disco comme trop peu savent en mouliner, chic et trouble, bien qu'un peu molle et cliché revival 80's, plus moite en tout cas que l'infâme latino pop Paulina Rubio reine 2004 sur toutes les radio des Celio et Franprix de France et de Nanarre. La pochette de la lolita latina était des plus pop-hitsiennes, vulgos à souhait, options simili gros cul (merci photoshop) et "t'as vu mes os ? j'en ai plus qu'un" (merci les deux doigts coupe-faim), le top du moment pour vendre du slip sur MCM (avec un c, au temps pour moi). Avec ce squelette semi-charnu en porte-étendard, on s'étonnera peu que Patrick Juvet et Trust n'y trouvassent pas leur compte : le swing est corsetté dans un r'n'b prépubère que Jeane Manson elle-même ne souhaiterait pas au moment de se dire adieu. Nonobstant ces fautes de goûts, la Rubio version Kiss vaut plus que la soupasse des koalas (parce qu'il n'y a pas que des kangourous en Australie) de Killing Heidi, au nom autant rigolo que sa bouillasse post-grunge FM est nazebroque. Tout aussi pire, les rasants rappeux Dax Riders se sont cru malins d'abandonner leur hip-hop pourrave habituel pour une reprise hommage clonée, histoire de se prendre pour des graisseux. N'est pas Rick Rubin qui veut.

Reconnaissons un petit faible pour la version eurobeat de Dave Rodgers (c'est un pseudo, Dave est italien, comme Mario Cavallero est de Melun), idéal pour un super booster de 106 tunée. Autre schleu, autre style, Scooter propose sûrement la plus nullissime des covers. De la belle eurodance que même Hit machine volume cent trente-douze ne voudrait pas. Charly et Lulu en ont une poussée d'acné génital rien qu'à y penser.


Plus exotoc, et très charmant, une version Bollywoodienne sur Tamise à la chorégraphie limite abdulesque et aux variations très libres pour les paroles.

On en rit encore à Westminster.



Non, pour vraiment transcender l'hymne disco rock, la chanteuse shibuya-kei Maki Nomiya, ancienne moitié de Pizzicato Five, s'est alliée fin 2005 à Dimitri from Paris pour the cover. Suave et précieuse, kitch et moderne, ante-disco et post-rock, on fera difficilement mieux. Il semblerait quand même que les japonnais vouent un amour profond et débridé (hu hu) à ce morceau, à en croire les Satanicpornocultshop tout au moins.

I was made for lovin you était donc suffisamment gravos pour que Wikipédia en offre une page de commentaires, avec ébauche de quelques reprises, plus complètes d'ailleurs que ce que propose l'excellent Covers project, pour une fois. Les fanatiques se retrouveront en Suisse pour découvrir l'ampleur du désastre : 93 versions !


Et encore, celle de Mario Cavallero n'a pas été comptabilisée. Et c'est bien dommage, car c'est loin d'être la plus pathétique.

Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.


Par Mario Cavallero Jr - Publié dans : pophits
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Mardi 22 août 2006 2 22 /08 /2006 21:16
Confidence pour confidence

Je me fous, fous de vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi, je voue, vous l'aimez.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Si vous voulez les caresses,
Restez pas, pas chez moi.
Moi j'aime sans sentiment.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Mais aimez-moi à genoux, j'en suis fou,
Mais, de vous à moi, je vous avoue
Que je peux vivre sans vous.
Aimez-moi à genoux, j'en suis fou
Et si ça vous fait peur,
Dites-vous que sans moi,

Vous n'êtes rien du tout.
Tout pour rien, rien pour vous.
Vous m'aimez, mais je joue,
J'oublie tout.
Confidence pour confidence
C'est toujours moi que j'aime à travers vous

Vous pleurez, révoltée, taisez-vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi je vous veux pour moi et pas pour vous.
Vous je m'en fous, tant pis pour vous.
Aimez-moi à genoux, j'en suis fou
Et n'oubliez jamais que je joue

Contre vous. Vous pour moi.
Sans vous, vous l'avez voulu, tant pis pour vous,
Aimez-moi.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Je me fous, fous de vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi, je voue, vous l'aimez.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Si vous voulez les caresses,
Restez pas, pas chez moi.
Moi j'aime sans sentiment.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.

Mais je me fous, fous de vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi, je voue, vous l'aimez...

Schultheis, musicien chez Drucker ou pour Le Forestier, pas un punk donc, a réussi, avec sa rengaine du début de l'ère mitterrandienne, à fâcher quelques poignées de féministes, et même des femmes. Plutôt que de jouer avec les sentiments, il privilégie plutôt l'absence de sentiment comme point cardinal unique des relations qu'il recherche. Plus encore, il désire sa compagne de plaisir comme un objet qui doit s'agenouiller pour lui ( "Aimez-moi à genoux, j'en suis fou / Et n'oubliez jamais que je joue"). Ou est-ce même devant lui ?

Cela n'a pas empêché le Pr Tournesol du clavier de faire chanter la France entière, inconsciente des paroles qu'elle entendait pourtant très distinctement, et qu'elle fredonnait même par dessus le marché. Sans hoqueter.

Ce fut un peu la même chose pour Toute première fois de Jeanne Mas, que filles et garçons hahannaient dans les cours d'écoles et les cafés, les boums et les campings, jusque dans les aumoneries catholiques de l'enseignement public. Heureusement qu'il y eut deci-delà (surtout delà) quelque pasteur averti à l'oreille aiguisée, pour alerter oncque boutonneux en un certain lycée du Nord du caractère tout bonnement scandaleux du texte de la diva anarco-syndicaliste, que tout un chacun reprenait sans se soucier à tire-larigot turlute tutu chapeau pointu, et vas-y comme je remets 1F dans le juke-box. Depuis cette terrible découverte, je suis resté chaste. Je n'écoute plus Jeanne Mas.

Revenons donc à notre coquin Schultheis : non content de sa première mysoginie chantante, il a aussi produit en 87 l'excellemment subtile Va te faire voir, dont la pochette rivalise de finesse avec les paroles :
"Malheur à toi
De m'aimer trop ou trop peu
T'es trop jolie
Pour n'être pas malhonnête"

On aurait eu tort de s'en priver.

Mieux, Frisette, comme l'appelait sa maman qui n'avait pas tout compris, a conçu entre temps (82) l'habillage sonore de la grande émission culturelle Coco Boy, et plus particulièrement la musique d'ambiance de la séquence de la playmate. En vérifiant dans les archives INA pour redécouvrir cet inexpiable brûlot dont je ne comprends pas pourquoi je l'avais oublié (j'avais peut-être la tête ailleurs, qui sait), il n'y a pas de quoi être fier de cette lessivasse funky aux râles féminins en boucle en fond. Même pas digne des nuits de RTL 9.

Les pauvres filles se déloquaient gauchement sur une chorégraphie pathétique, entourées de la bande à Collaro roulant des yeux de pervers pépères et clignant complicement vers le spectateur, pensant sûrement à leur pauvre mère qui aurait désormais bien du mal à ne pas les appeler Frisette, tout comme leur coiffeur d'ailleurs (les pauvres filles, pas le spectateur). Et tout ce petit monde swinguait mollement mais ostensiblement aux saccades guitaresques d'un faux Chic et aux "haaa" et "hooo" d'une pouffe qui se croyait chez Gainsbourg alors qu'elle n'était que chez Schultheis. Même une pub de Tampax était plus bandante. Déprimant.

Mario Cavallero ne pouvait donc être inculpé (disait-on à l'époque) d'outrage aux bonnes mœurs en reprenant Confidence pour confidence pour ce 53ème et apparemment dernier opus de la série Pop Hits, le hit parade chanté. La France télévisuelle et chantante avait absout les péchés de Schultheis en lui faisant un beau succès. L'honneur des compilations de qualité restait sauf chez Musidisc, on allait pouvoir fermer boutique la tête haute et les dessous propres.

D'ailleurs, pour fêter ça, on a même eu droit à l'une des pochettes des plus vulgaires. On ne s'en lasse pas, la revoilà :
Les 80's n'avaient plus rien à envier aux 70's. Déjà que le logo Pop Hits venait de changer depuis une saison, que le lettrage des titres et du fameux bandeau rouge était tout pourri, et les photos surex (ne blâmez pas le photographe du site Pop Hits, il a même du renforcer les couleurs d'origine sur Photoshop pour que vous puissiez mieux vous rincer l'œil sur ce camaïeu de toisons). Comme quoi, il était temps que ça s'arrête.

De toute façon, la relève était arrivée : on pouvait désormais écouter de la daube en regardant des pauvres filles érotonazes, mais désormais ça bougeait et c'était gratuit. On appela ça TF1.


Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.




Par Mario Cavallero Jr - Publié dans : pophits
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