le ouèbe résolument 7.0

Pop Hits, le hit parade chanté, c'est 10 ans, 54 albums vinyl (et quelques musicassettes), 634 reprises de chansons et quelques inédites, les pochettes les plus cheesecake de la galaxie, la qualité française aux éditions Musidisc International, une quintessence musicale orchestrée, dirigée et digérée par le Ray Coniff hexagonal, Monsieur Mario Cavallero en personne : c'est Pop Hits, le hit parade chanté.
Hmmm !!!

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écoutez, c'est le son Pop Hits

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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 20:00


C'est dur d'être aimé par des cons. En rupture définitive avec les rare red necks qui supportaient encore le countryman le moins bluegrass de tous les temps, l'homme à la voix d'or a revisité le rêve américain en une tetralogie dépouillée bien qu'ambitieuse, un peu pédante, beaucoup poseuse, sous la houlette du rusé Rick Rubin, l'homme au nez d'or pour débusquer les filons juteux et aux doigts de plomb pour mixer les albums.
Moins bravache que sa tournée des zonzons, sa tournée des bobos pour ce nouveau millénaire paye Cash de sa conversion aux bluettes de la pop musique et du rock indé des 4 dernières décennies. Échaudé par les récents coups de boutoir du nouveau rauque 'n' drogues man de la place, ci-devant dénommé Mark Lanegan, après la semonce difficilement surmontée que fut Tom Waits depuis la fin des années 70 et finalement mis à contribution en 1994, Gorge Profonde repris en main les rênes de l'attelage pour donner une bonne leçon de rock credibility à tout ce petit monde, nonobstant qu'il joue de la musique de merde pour bouseux du midwest. Mais bon, personne n'est parfait.

Du million dollar quartet, peu restèrent debout, mais seul lui eut le toupet de ramasser les oripeaux d'une civilisation en mal d'identité pour se bombarder l'Américain ultime. Johnny ne s'est, il est vrai, jamais embarassé de l'humilité comme conduite sociale et commerciale, grand bien lui en a toujours fait. Papy frippé aux cordes vocales toujours fraîches, le renégat de la country, qui avait pactisé avec le Faust du wakenwo depuis le mitan des années 1950 en partageant scènes et studios avec des joueurs de musique de nègres, ce vendu aux libéraux, communistes, pacifistes et autres râclures de fonds de pénitencier a semé les nonantes et les 2ks de son chapelet d'albums de reprises intimistes, construisant de son vivant son testament musical, anticipant le jouli coffret qui trônerait si bien sur les cheminées une fois sa binette 6 pieds sous terre.

Bien que sérieusement encensés, les deux premiers jets des American Recordings édités au milieu des années 1990 n'avaient pas créé le coup de tonnerre que furent les opus III et IV en 2000 et 2002, portés aux adorations planétaires par la conjonction d'une malheureusement hasardeuse bien vilaine maladie et d'une malheureusement prévisible bien vilaine programmation de reprises pompées à l'indie rock et à quelques stade rockers de la plus vile veine. Car ce sont les hits One puis Hurt et Personal Jesus qui réveillèrent les jeunes générations, toutes émoustillées par un vieil homme en noir qui posait deux-trois pickings aériens et son miel vocal sur des pop songs déjà fameuses mais jamais aussi putassièrement magnifiées.
 

American Idol

L'opportunisme est salué par les consultants sportifs comme une valeur suprême, signe, s'il en fallait encore de nouveau, que le sport est le ferment de la guerre économique et humaine. Marcher sur la tronche et les créations des autres est estimable aux yeux de certains si on le fait avec classe. De la sportive doctrine on observera de musicaux succédanés. C'est ici une agreste arrogance, traditionnelle à JR, qui fait passer à la moulinette sirupeuse discrète et réservée des hits pops et hargneux originellement (si ce n'est dans la forme en tout cas au fond).

Le coup proposé par Rubin fut de tirer un parti annexe de la pénible ballade One des subtils U2, succès planétaire et convenu mais dont l'apparente simplicité (relativement à l'habituel rococo du world combo) recèle un tiroir secret assez facilement accessible : derrière la chanson d'amour point la complainte amère et désabusée sur la nécessité d'un couple (ici un père et son fils séropositif) d'avoir à s'aimer et à s'unir pour survivre. On n'est pas ensemble pour s'aimer, on s'aime pour rester ensemble. Bigre, peste, holy gosh et toute cette sorte d'abattements devant la dureté de la vie. L'amour et la culture du manque de l'autre comme viatique à la solitude des hommes, voilà une bien triste vision de la société, réalité pour un groupe qui se rabibocha à l'époque autour de cette chanson par la force des choses, pour ne pas casser la poule aux œufs d'or. 
Aussi est-ce un peu facile de transformer le sens de cette chanson en l'union de l'homme et de son Dieu pour dépasser la maladie, ainsi que le fit Johnny et que son service de presse argumenta à longueur de communiqués et panégyriques, manière de recycler à son propre compte le sens d'une chanson certes ouverte mais plus cynique et bassement matérialiste qu'optimiste et niaisement mystique.
 

 


Encore insatisfait par le potentiel de ces compiles de reprises, Rubin monta les nouvelles sessions des American Recordings comme la parfaite machine à Cash, sélectionnant des titres dans l'indie rock, castant des musiciens prestigieux, et ce en dépit d'une orchestration toujours aussi austère et ne sacrifiant aux vulgaires duos qui s'imposent depuis peu dans le rock (même si Cash pousse la chansonnette avec quelques belles glottes). American IV : The man comes around casse la baraque parce qu'il se fait toujours accepté par les masses fidèles mais surtout parce qu'il réussit à conquérir avec ses sobres reprises indés de jeunes publics exigeants, terrassant toutes les presses, de la people à la roots, par-delà les styles musicaux et les chapelles.

Maquillé comme une bagnole volée, gai comme le Petit bonhomme en mousse et censuré de ses couronnes de merde en couronnes d'épines, le morceau caché le plus célèbre de Nine Inch Nails est devenu par la roucoulade de JR une racoleuse chanson à pécho les meufs, dont les images de la vidéo emphatiquement léchées par l'ex-photographe et nouveau cinéaste aux bottes de sept tonnes Mark Romanek (mon Dieu le sursignifiant Photo obsession !) permirent à Johnny de cachetonner dans toutes catégories imaginables des récompenses distribuées par les professionnels de la profession au travers le monde (oui, vous avec bien lu : au monde !).

  
Mais alors, si tout cela est beau et bien beau (car cela l'est, l'on lit bien mon propos), quel perfide procès est-il intenté à ces deux belles pièces musicales punaisées ici sur le tableau de la honte des supposés surestimés albums de la décennie 2000 ? Ne saurait-on laisser sur leur piédestal d'airain ces pépites d'or ici déposées avec amour, délicatesse et subtilité par le déclinant corps d'un encore rayonnant talent ? Ne pourrait-on faire cesser le sarcasme du jaloux qui s'arrache les ongles sur sa pauvre folk pour produire d'infâmes gargouillis et se venge en jouissant de tremper la plume de son clavier dans le fiel acide de la bouse de ses perverses pensées et de sa suffisance d'écrivaillon masqué derrière un pseudonyme arrogant ?

Hein ?

Franchement ? 

B'en nan. 
 

American Idiot

Et pour s'en démontrer encore une bonne tranche, si tant est que les deux précédents extraits ne suffisaient pour dévoiler l'esbrouffe du procédé casho-rubinesque, écoutons l'erreur suprême, la reprise de Personal Jesus, via un bricolage vidéo à la con monté pour faire passer ça sur les réseaux vidéos et s'égailler autant les pupilles que les esgourdes pendant 3 minutes et quèques.


Ayé ?

Bon, on y va. Formellement d'abord, la facilité de l'interprétation et de l'orchestration frise les exécutions semi-roots offertent de par le monde par les déclinaisons criardes d'un célèbre télécrochet. La posture essentialiste du chanteur de province qui veut faire accroire qu'il a percé le code fondamental de la chanson en la réinterprétant dénuée des
scories dont l'artiste original couvrit son chef d'œuvre pour des raisons incompréhensibles. "Mais bon, chuis là, écoutez-moi ça les cocos, c'est du trop pur grave de chez groove."
 


Mais le pompon dans cette version de Cash, c'est
la reprise d'une chanson ouvertement mécréante, naguère vilipendée par des extrémistes chrétiens de toutes sectes comme attentatoire à la christique clé de voûte du mysticisme papiste comme parpaillot. Le premier single du génial Violator à venir valut à Gahan et ses Depeche Mode une volée d'anathèmes pour son égotisme matérialiste et postmoderne, valorisant l'autosubsistance spirituelle de chacun et dévoilant l'individualisme comme vision cynique du genre humain. 
Ici, et Johnny ne s'en cacha pas, certains desperados ont su habilement détourner cette chanson en faisant accroire de l'intériorité de Jesus au sein de chacun, ce cher Jéjé qui transcendrait nos actes quotidiens comme notre vie entière, elle-même comme un hommage de tous les instants au célèbre rejeton de l'Autre resté tout là-haut pasqu'il faut tenir la caisse et qu'il n'a pas le temps de se fader le SAV individuel 7/7 24/24. Tout le contraire que ce que Gahan exprima à partir des paroles de Martin Gore, qui aime tant taquiner les religions comme pathétiques béquilles de l'âme humaine (Gore avait été impressionné par la fragile dépendance Priscilla Presley qui révérait et nommait son Elvis de mari de "Jesus personnel").
Et Cash transmuta tout ça en une ode à la foi. Whalaut' le vol à la tire !

Et c'est comme ça pour beaucoup des reprises que Johnny Cash fit dans ces sessions d'enregistrement de fin de vie. Évadé des flammes du cercle infernal de la drogue par la grâce de Dieu et de June Carter, Johnny n'eut de cesse lors de sa seconde carrière de racheter les fruits du Malin par ses angéliques revisitations, avalant le Saint-Esprit tout cru avec les plumes.

La troisième mi-temps de ce passage terrestre fut celle de l'épure. Par la grâce du malin Rick Rubin. Damned, Belzébuth vire également sa cuti en se mettant au service de l'archange Johnny.


American success

Les Ricains savent si bien reconstruire d'édifiantes histoires rédemptrices, où, des cendres pas encore consumées, le Phœnix déjà porte en majesté la saga des hommes même les plus ordinaires, avec quelques effets spéciaux d'ILM ou de CNNBC. Il fallait donc affiner le son, le moderniser et le réduire à l'expression la plus pure pour ce passage millénariste. Même si cela révèle l'abandon du courage dans l'orchestration country si brillante d'autrefois : il suffit d'écouter Tear stained letter (in American IV) et de la comparer aux quelques extraits rageurs mis en lien supra là au-dessus par en haut en dedans de ce billet pour se rendre compte de la médiocrité à peine passable dès que Johnny crache désormais son velours vocal accompagné par davantage qu'une guitare ou qu'un piano.
 
L'arnaque intellectuelle additionnée à ce dénuement forcené pour faire genre produisent des albums agréables et émotifs mais trompeurs et peu inventifs. Ils tirent la dévotion qu'ils génèrent de la mise en scène morbide de cet homme finissant dressant de son vivant son Panthéon personnel et s'y hissant au sommet comme un ange noir et magnifique terrassant pour quelques temps encore les dragons, celui intime de la maladie qui le ronge, et celui du clinquant showbizesque qui sclérose ses ex-collègues faibles et corrompus, incapables de peaufiner leur sortie et sombrant dans des débordements de crème chantilly en des shows vegasiens, de duos bonesques et de confidences sur canapés des grands networks hertziens à l'heure où Oprah arrache nos larmes à la petite cuillère. Cette brave posture empreint la perception qu'ont les auditeurs des American recordings d'une aura de courage et de force d'un vieillard qui a su, jusqu'aux confins de sa vie, cultiver la délicatesse d'une voix d'or et la simplicité de l'homme de la campagne, ramassant ses dernières affaires sur la prairie avant de bientôt s'y enfoncer à tout jamais, six pieds sous terre et la gloire aux cieux.

De biens beaux albums, touchants et lacrymaux, mais dont le briquage en statuettes géniales des productions phonographiques du nouveau millénaire est aussi ridicule que l'astiquage d'une boîte de confit de canard façon Grand-Mère, succulent et roboratif, mais loin de constituer un sommet de l'art.

Sauf pour les jeunes bourgeois dominants et les rockeurs boutonneux en quête d'authenticité à l'ancienne.


Mais ça, évidemment, personne n'ose le dire.



Pour savoir le pourquoi de cette chronique moins pophiette que flophiette, on suivra son inspiration ou cette redirection palimpseste.

 

 
 
Par Mario Cavallero Jr, artiste multimédia - Publié dans : Flop Hits
Si ça vous dit d'en causer, ne vous gênez pas - Ouh pinaise ! y a 7 commentaires
Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /Nov /2009 20:00

Qui aurait cru que l’un des albums les plus adulés par les happy fews de l’indie rock des 2ks serait une compile des succès du rock universitaire FM américain repris à la Black Sabbath par des diplômés du CalTech et d’UCLA en fin de thèse, le tout emballé et justifié en une faute de goût antique qu'est ce road album, hybridation grotesque des concept albums les plus péteux des 70’s et des road movies les plus dignes de la série Z prototarantinesque.
Le hard rock de
Songs for the deaf est tellement compliqué et incohérent entre chacune des chansons comme dans la structure souvent sans queue ni tête de chacune d'entre elles que c’en est une aubaine pour le peuple indé qui, vaguement décontenancé par ce mille-feuilles conceptuel, se rachète à bon compte une crédibilité musicologique perdue dans ses amours immodérées et honteuses pour des groupes plus triviaux comme Dream Theater, Metallica, Guns & Roses, Led Zeppelin ou Black Flag, selon les appétences de chacun.

On croit parfois que le tout est supérieur à la somme de chacun des éléments. Encore faut-il que l’assemblage ne soit pas prétexte à une pérégrination bringuebalante entre des univers bigarrés, parfois très intenses, mais qui, compactés en un très long album, étouffent lorsqu’ils ne donnent pas la nausée.

À se demander comment ont-ils pu en arriver à un tel brouet indigeste. 

Josh Homme, encore copilote des Queens of the stone age (il ne licenciera Nick Oliveri qu’en tournée promo de cet album alors que le succès et le magot à partager explosaient, arguant de l’impossibilité de travailler avec son codétenu par des explications vaguement prophylactiques qu’on entendra avec circonspection dès lors que cela faisait déjà des lustres que le bassiste se tartinait le blaze à la coco), ce grand gaillard en chef qu'est donc Josh argumenta à longueur de papiers et causettes marketing que ce collage patchwork est bien loin d’être une erreur, au contraire : l’album est conçu pour retracer la cavalcade au travers les steppes désertiques du sud californien que dut se farcir un soir miteux l’Homme des sables, traversée automobile depuis L.A. vers son ranch du Mojave, les esgourdes noyées dans l’enchevêtrement des aléatoires radios FM et hispanisantes dont les programmes bas de gamme le gonflaient au plus haut point par leur foutraquisme, leur irrespect pour chaque chanson charcutée par les infâmes jacteurs radiotoniques éructant à tout bout de champ leurs inepties bravaches et égotistes, sans compter l’émiettement en centaines de styles musicaux dont le seul point commun reste la médiocrité des extraits diffusés.

Pour sûr, la dérangeante retranscription de ce cauchemar lynchien est réussie, et l’effet offert à l’auditeur est pour le moins impeccable : Des tranches radiophoniques  pompées à Qui vous savez entrelardent les chansons comme autant de sons d’ambiance et d’exposition qu’on jurerait extraites d’un guilleret reportage des matins dominicaux des grandes ondes de la radiodiffusion française, servis en guise de ponctuations sonores à un dossier sur les milices anti-clandestins patrouillant le long du Rio Grande.
Chaque morceau offre un échantillon différent de cette glauque épopée du Jojo, du hard west coast au metal psyché, du FM au hard core, du fusion au fuzzy, du grunge au stoner pur jus, du teigneux au geignard, du trippant aux trippes dehors, panel assez peu digeste à la longue en dépit de très bonnes idées parfois. C’est comme ces repas de réveillon où chaque plat semble une super bonne idée mais dont l’enfilage au long cours des huîtres + foie gras + dinde aux marrons + choucroute melba + le kougloff aux escargots cuit dans la graisse d'urus (avec du miel !) requiert un tératube de Citrate de bétaïne pour bloquer la déferlante ébranlant déjà l’œsophage et barbotant les dents du fond d'un vomi tiédasse annoncé dès le milieu du gueuleton. Aux seules différences près que l’orgiaque
Songs for the deaf casse davantage le crâne que le bide.
Et qu’on peut zapper.

Ah ui, c’est utile de zapper cet album, de le remanier en petits ensembles plus harmonieux et supportables, pour en laisser de côté les morceaux de gras indigestes bien que prometteurs (argh, le retour à la batterie de Dave Grohl huit ans après la fin de Nirvana est plus pesant qu’un concours du plus gros mangeurs de chich kebab). On sautera aussi pertinemment les longueurs censées reproduire la torpeur du bush californien (
God is on the radio…). Et bien entendu, après un rapide remontage via Audacity, on supprimera la demi douzaine de breaks placés à outrance en plein milieu des chansons, silences abrupts de trop longues secondes qu’on imagine prévus pour relancer une machine souvent mollassone et qui en devient alors carrément ensablée dans les bas-côtés de cette Route 666 dont l’enfer est le ronron de ces systématiques et prévisibles changements d’ambiances aussi routiniers que les cerfs qu’on ne manque pas de renverser sur ces sombres voies rectilignes qui sillonnent de loin en loin les déserts infertiles comme les Landes du plat pays qui est le mien.
 

 


Ce qui ne colle pas dans la plupart des chansons de cet album, comparées au génial Rated R (précédent de 2 ans) ou l'encore plus magnifique Lullabies to paralyze (sorti en 2005), c’est bien souvent l’absence de caractère. Le groupe décline son ennui et ses voix tantôt traînantes, tantôt hurlantes (il est vrai que ce n’est finalement pas idiot d’avoir giclé Nick qui se prend parfois pour Mike Patton reprenant Child in time à la John Lydon pour remporter le concours du cri du cochon en rut au camping du Bol d'Or). Les cycles de la rythmique sont surempilés de bribes démultipliées de mini-solos (fallait bien faire un peu de place à Lanegan, officiellement 4e larron officiel sur ce disque où il est plus zombie que jamais). La batterie hache le tout en gros bouts qui se bloquent au milieu de la trachée. Quelques inspirations géniales offrent même de grands regrets, et on se dit que certaines pépites comme No one knows auraient gagné à être décalées en dehors de ce gloubiboulga prétentieux qu’est Songs for the deaf.

Quelques moments de honte peuvent même étreindre l’auditeur, quand du mauvais Tool (avec 10 ans de retard sur le son) mâtiné d’influences Abbey-roadiennes (avec 30 ans de retard sur le concept) fournissent un Song for the dead même pas digne d’une face B de Them Crooked Vultures.
Hangin' tree colle aux basques des grands frères Chili Peppers à la limite du plagiat, tout comme Do it again à Status Quo, période 12 gold bars.
On n'évitera pas la traditionnelle ballade du groupe, si souvent déchirante mais ici (Mosquito song) péniblement exécutée comme l’instant briquet d’un concert de Dyonisos, variation piano-violon en bonus pathétique à faire frémir les glaouis à Matthew Bellamy.


Comme toujours, les Queens of the stone age sont marquées par un imaginaire décalqué de
Stairway to heaven, mètre étalon et cellule souche éternelle du stoner, mais la recherche d’éclectisme tentée ici pour en rompre le formalisme habituel du gros hard glorieux désespère par son frénétique dispersement en une kyrielle de références codées. Le Signifiant de ces dizaines de clins d'œil sonores constitue au finale une grandiloquence kaléidoscopique où le Signifié se réduit à un dégueulis remanié par un artiste plasticien subventionné par le FRAC Limousin. De décennie en décennie, les Pink Floyd, Queen, Muse et autres QOTSA aiment à tartiner, conceptualiser, surcharger, balancer la sauce à tous vents comme un derviche-tourneur en pleine éjaculation.

Si Queen a mené le hard au comble du baroque grand-guignolesque, les Queens ont égaré le hard dans les limbes de l’intellectualisme migraineux. Tout est pensé dans cet album, réfléchi, mesuré, expérimenté. Plus QI que QOTSA, ce 3e album flatule des neurones comme une pléthorique leçon de philosophie dégorgée par un jeune thésard devant son premier auditoire de terminale, paniqué de n’en dire assez et obsédé par le dévidage de l’intégrale des références péchos en notes de bas de page du Hard Rock pour les nuls par Francis Zégut (préface de Brian May). La diversité et la richesse requièrent une sobriété et une cohérence dont Songs for the deaf est dénué sur l’ensemble, nonobstant des tas de bonnes trouvailles.

On se demande si cette branlette intellectuelle n’est pas une tentative pour réinsuffler une crédibilité arty et classieuse à une musique somme toute basique et qui n'en demandait tant, en décaissant des kilos de figures de style pour faire accroire de la richesse insoupçonnée de ce genre il est vrai souvent gaussé par l’intelligentsia musicologique. On cherche même à y rattraper la trivialité d’un propos par la vénusté d’une vidéo de toute beauté (se reporter à notre document audiovisuel infra) qui ne saurait en faire oublier le machisme si grossier et si commun aux graisseux, mode de vie qu’on apprécie généralement pour sa propension simple et directe à glorifier tout ce qui mousse, de la bière à la quiquette. Mais là c’est toc, on veut faire vaguement hardos en rejouant Highway to hell mais la liquette de trappeur sort de chez Ralph Lauren.



Et pourtant, l’apparente simplicité des autres albums des QOTSA souligne une intelligence bien plus fine que cette opulence synaptique qu’est Songs for the deaf. Elle est plus subtile dans ces autres albums construits comme des fractales où chaque détail reprend en plus complexes les formes faussement frustres balancées à longueur d’albums et de concerts de ce parfait stoner – puisque tel est intitulée la sous-marque du hard-rock dont les QOTSA ont été nommés têtes de file à leur corps défendant.


Paradoxalement, tout ce fatras fournit un album à part d’une discographie carrée, émotionnelle et globalement cohérente. Il est une parenthèse de fierté pour de nombreux auditeurs qui se sentent plus intelligents à la découverte de cet ambitieux kaléidoscope graisseux
Il se dévoile en option déculpabilisante pour des tas d’autres qui peuvent alors se lâcher à opiner de l’occiput avec plaisir en écoutant du rock, certes hard au fond, mais indie pour la forme.

Josh Homme n’est pas la moitié d’un con, preuve en sont ses castings prestigieux : Oliveri, Grohl ou Lanegan dans QOTSA ; Grohl encore et le Led-Zeppelin-en-solde John Paul Jones pour le rase-mottes premier album de Them Crooked Vultures ; Alain Johannes, ce crétin de républicain homophobe de Jesse Hugues ou Troy van Leeuwen dans Eagles of Death Metal, sas de décompression pour rentrer du cash sous son nom en ne jouant quasiment aucun concert ; sans égréner bien évidemment le Who’s who des collaborateurs épisodiques et réguliers des Desert Sessions, manière de rentabiliser les répétitions et les maquettes des albums officiels de QOTSA en vendant aux fans englués dans la toile protéiforme de l'Homme-araignée ces raw projects tout aussi lucratifs que la multiplication des maxis de Mylène Farmer et les coffrets collectors limited edition avec patch, médiator, porte-clés et poil pubien du chanteur. Il n’est donc pas étonnant, de la part d’un show-businessman aussi avisé que l’exemple pompier de Songs for the death ne fût jamais réitéré, ni même imité dans sa précieuse démarche lors des nombreux albums qui furent édités au gré des nombreuses franchises hommiennes.

 

Les vrais amateurs de QOTSA restent donc cois que tant de mélomanes de la meilleure bourre non seulement apprécient ce Songs for the deaf bavassant comme atteint du syndrome de la Tourette, mais pis : ils le révèrent comme un chef d’œuvre du nouveau millénaire.

Dingue. 

À désespérer d’éduquer les graisseux.

 

Mais ça, évidemment, personne n’ose le dire.



Pour savoir le pourquoi de cette chronique moins pophiette que flophiette, moins gratuitement hargneuse que foncièrement sincère (si si), on suivra son inspiration ou cette redirection palimpseste.


    

 


 

Par Mario Cavallero Jr, artiste multimédia - Publié dans : Flop Hits
Si ça vous dit d'en causer, ne vous gênez pas - Ouh pinaise ! y a 16 commentaires
Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /Oct /2009 10:30



Foin de Michel Laguens aujourd'hui, car il n'est pas le seul photographe français cheese cake d'exception. Véronique Bucossi méritera un de ces 8 (je vous préviens, et comme un homme averti etc.) étire régulièrement mes zygomatiques, déjà fortement mis à mal aujourd'hui par Arbubulle. Hier, baguenaudant à la manière d'un Pol Dodu dans les vide-greniers et autres dépôts vente de la grande banlieue auscitaine, je tombai nez-à-nez, si j'ose dire, sur cet album gracile et fleuri, à la pochette photographiée par la Bucossi. Véro qui illutra notamment quelques pochettes pophiettes, dont la première et la troisième livraisons saisonnières. Un jour peut-être une anthologie de qualité montrera au monde (oui, vous avez bien lu : au monde !) que les femmes savent manipuler la nudité féminine avec grâce et humour que bien des mecs pourraient pomper (la grâce, la grâce. Voyons.).
 
Afin de ne pas s'ennuyer dans la contemplation de cette reproduction floue et mal cadrée de l'œuvre d'Arturo Motta, voici un extrait sonore de haute qualité hi-fi stereo, délicieusement illustré par un gonze qui semble être Laguens (nous ne sommes malheureusement pas propriétaire de ce magnifique 33 de 1970 mais la patte du maître y est à n'en pas douter). Écoutons donc Armand Migiani, le fameux compositeur du générique de Janique Aimée (aah Janine Vila sur son vélosolex que petit et bavant sur la photo du 45 T de ma mère je contemplais avidement (le solex, pas Janique. Ni ma mère. Voyons.)) rippé (avec quelques petits sauts, désolé) par le collègue précieux et érudit éclectique Detour. Une sucette à celui qui reconnaîtra le morceau original. Deux pour celui qui aimera.



 
Par Mario Cavallero Jr, artiste multimédia - Publié dans : Cheese cake covers
Si ça vous dit d'en causer, ne vous gênez pas - Ouh pinaise ! y a 8 commentaires
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